DEFINITIONS DU PROGRES
tendance providentielle vers les grandeurs de la vie divine. Le progrès, c'est encore la forme de l'attraction universelle qui rapproche incessamment les vies finies du foyer de la vie infinie ; c'est cette ascension même dans ses diverses étapes ; — c'est enfin le mouvement universel dans le bien absolu par le mieux et le meilleur successifs.
Que dire, en effet, du progrès, quant à sa nature, si ce n'est qu'arrivés dans leur marche vers l'infini à une station nouvelle , les êtres intelligents et sensibles , en la comparant à celle qui précède, la préfèrent, la trouvent meilleure ou plus satisfaisante , et jugent qu'ils ne pourraient rétrograder vers le sort ancien sans douleurs de tous genres?
Que la station actuelle soit meilleure en soi absolument, ou qu'elle ne leur apparaisse telle que par rapport à leur nouvelle manière de comprendre , de sentir et de juger, toujours est-il que par cela seul pour eux il y a progrès ou mieux, c'est-à-dire vrai, bien et beau relativement supérieur, perfection et bonheur plus grand.
Or, l'humanité est ainsi faite, qu'une augmentation du nombre des attributs de l'être ou de la vie , que l'accroissement d'intensité, qu'un plus grand essor des attributs , déjà possédés et manifestés , ne peut pas lui apparaître sans lui inspirer l'idée du progrès ou du meilleur.
Affirmons-le donc avec confiance : le progrès, dans la plus haute et la plus large compréhension du mot, est celui qui procède de la nature de Dieu, de l'infinité d'attributs infinis de l'être universel , c'est-à-dire de sa perfection et de sa volonté providentielle.
Ce progrès, de source divine, est en quelque sorte identique à la création , tant il lui est inhérent ; c'est l'intention , c'est la raison et la cause, c'est l'acte même de la création.