PRINCIPES BU PROGRÈS
Ces virtualités sont égales pour tous les êtres , mais les manifestations de ces virtualités ne sont pas contemporaines; leur éclosion , dans chacune et dans tous, est subordonnée aux exigences de Tordre universel. D'où les inégalités, la subordination ou la hiérarchie des manifestations parmi toutes les créatures à chaque moment de la durée et de retendue.
Aucun être ne peut exister dans l'isolement absolu. Le concours de toutes les autres essences est plus ou moins nécessaire à la manifestation de l'essence ou des attributs de chacun d'eux, de telle sorte que, à ce point de vue , l'univers ne forme réellement qu'un tout , et que tous les êtres forment une association , une mutualité intime et fatale.
Pas un seul être, sauf Dieu, ne saurait se suffire à la rigueur. Nous l'expérimentons : pour se produire à la vie , il faut à l'être simple . comme organe , condition ou moyen de sa vie, l'union, l'association, le groupement plus ou moins étendu avec ses similaires ou avec ceux qui lai sont en affinité naturelle. L'univers est lui-même le groupe, l'union la plus compréhensive. Mais pour subir ainsi cette nécessité , un être simple n'en est pas moins proprement soi.
Comme, malgré l'impossibilité de s'isoler, tous les êtres individuels sont destinés à la progression à l'infini, et que chacun cependant est tout-à-tour condition', moyen ou organe du progrès ou de la vie des autres , l'association primitive ne saurait se perpétuer absolument sans rendre impossible le développement successif de tous les êtres, et sans nécessiter une autre vie impliquant d'autres éléments et d'autres combinaisons. C'est ainsi que la mort successive est la condition de la vie successive. C'est ainsi que le progrès de chaque essence, de chaque collection ou société, se trouve solidaire du progrès de toutes les autres.