CONDITIONS BU PROGRES
Le progrès implique trois conditions :
L'existence du parfait ; Celle de l'imparfait;
La tendance de l'imparfait vers le parfait.
En effet, il faut que le parfait existe pour que l'imparfait existe lui-même, et que l'un et l'autre existent ensuite simultanément, pour qu'il puisse y avoir tendance vers le parfait, c'est-à-dire progrès.
Le parfait ne peut pas progresser, car il n'y a rien audelà de lui-même vers quoi il puisse tendre ; il n'y a donc pas de progrès pour le parfait.
L'imparfait ne peut se perfectionner sans avoir la puissance du perfectionnement; or, comment avoir cette puissance sans la tenir de l'être qui seul est parfait, de la perfection absolue? Le progrès prouve donc l'existence de Dieu. Le procès illimité de l'univers ne se Comprend qu!autant qu'il ait à sa base, au point de départ comme derrière lui, une virtualité vivante et effective; une puissance, un acte capable éternellement de lui communiquer toutes les énergies destinées à se manifester par le développement et l'accroissement des êtres. — En un mot, la perfectibilité indéfinie suppose derrière elle le parfait absolu.
Dans les autres hypothèses, c'est l'imparfait qui, sans raison et sans cause suffisante, devient de plus en plus ; il se donne lui-même ce qu'il n'a pas ; il fait de rien quelque chose, comme si ce qui devient n'avait pas besoin pour devenir d'une raison, d'un fondement, d'une cause initiale qui, elle-même, ne devienne point, et qui cependant fasse devenir tout, et tout meilleur indéfiniment. On comprend dès-lors ce que vaut cet axiome, je veux dire cette hypothèse de l'athéisme ancien et moderne :
« Il n'y a ni principe ni fin ; il n'y a dans l'univers « de cause première ni dernière : il n'y a qu'un seul et * même courant d'existence. »