US PARFAIT
Pour lions, Dieu ne devient pas : il est ; mais par son éternelle création il fait devenir, et devenir à l'infini, tous les êtres possibles, dans la durée et l'étendue.
Cependant les uns font partir le mouvement et le progrés de zéro, du néant absolu, pour s'élever, on ne sait comment, à l'être, à la vie, de plus en plus, à l'indéfini.
D'autres partent sans' doute de l'infiniment petit de l'être et de l'existence, pour graviter vers l'infiniment grand.
Nous partons de l'être parfait, de l'être infini et absolu; et par lui nous faisons marcher dans l'étendue et la durée sans bornes, des infinités d'infinités relatives d'êtres finis, destinés à s'élever de plus en plus vers les infinies perfections du parfait.
L'homme, et tout être intelligent, est et se voit autre, et il est le même en même temps ; je suis et je deviens, je pense et je change. Il y a donc, en toute vie. être et changement, indivisiblement , simultanément.
Le progrès n'est pas le changement ou le moment de l'idée, mais de l'être qui a les idées.
Nous ne prenons pas, avec Heraclite et Hegel , le mouvement pour la chose qui se meut ; nous ne substituons pas le cours du fleuve à l'eau qui coule dans ce fleuve. — A nos yeux, le réel c'est l'être, l'être devenu et devenant; ce n'est pas le devenir. — Ce n'est pas le mouvement qui est quelque chose, qui est l'être, c'est ce qui se meut. Nous croyons irrésistiblement, avec tout le genre humain, sur la foi de nos intuitions rationnelles, naturelles, ou de notre conscience, que les êtres qui se meuvent ou qui sont mus, sont quelque chose, des réalités invariables essentiellement, non des chimères, non des idées comme les hégéliens voudraient nous le faire accroire , non des phénomènes ou composition de phénomènes , non des représentations , des identités ou sujets logiques , formes, liens ou lois de la pensée, c'est-à-dire encore des