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Dieu possède des attributs infinis, à l'infinité

Nous sommes ici d'accord avec l'incomparable philosophe Pecqueur, que nous avons cité. Ce n'est pas le trinaire qu'il faut dire avec les chrétiens , le nonaire avec les kabbalistes , et le quaternaire ou la décade pour le nombre de l'unité manifestée, du Dieu suprême, appelé Keter (la couronne) par les derniers. Non, tous ces nombres appliqués à Dieu, même à l'univers créé, sont imaginaires et n'expriment pas la réalité effective de l'être; ce sont des qualifications relatives, et ne répondant qu'à notre degré d'initiation par lequel nous ne concevons qu'une trinité d'attributs en Dieu et en l'homme terrestre. Mais lorsque nous se-

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rons élevés plus haut, nous comprendrons intuitivement d'abord, positivement ensuite, l'existence d'une infinité absolue d'attributs infinis en Dieu , et celle d'une infinité relative d'attributs infinis en nous.

UKIVERS.

1. Le signe mathématique de l'univers sorti de Dieu, est l'infini relatif, c'est-à-dire un nombre sans nombres.

. 2. Son nom est univers , c'est-à-dire un , pour représenter l'unité de race de tous les êtres qui le composent, et qui tous sont, comme le dit Pecqueur, de la race de Dieu, et divers, c'est-à-dire avec une infinité d'infinités d'êtres, une infinité d'infinités de mondes incessamment projetés du sein de Dieu.

3. Chaque être, monade ou monde, possède en germe , sinon en actualité , une infinité d'attributs infinis , progressivement 4éveloppables ; car si Dieu est ce qui a été, ce qui est et ce qui sera toujours, les créatures ont pour loi tendantielle la perfectibilité sans fin et sans terme, qui les rapprochera sans cesse du divin architype.

Nous adoptons sur ce sujet les sublimes théories de Pecqueur, et nous renvoyons nos lecteurs à notre second chapitre, pour tous les développements de la loi de perfectibilité et de progrès.

On a vu que le point de départ du progrès était le point initial qui caractérise la monade sortie des mains de Dieu, et tendant par sa nature et ses germes vers l'infini qui l'attire.

1 . La monade initiale passe par une série infinie de transformations , de mutations , à travers ce que les druides appelaient Annwfn, l'abîme, à travers les divers règnes qui composent les mondes d'abred, le minéral, le végétal, F animal; c'est le domaine des ténèbres et de la fatalité.

2. Arrivée au summum de l'animalité, elle subit une sorte de transcréation et devient homme matériel; elle conquiert la liberté et la raison , et ne peut plus , malgré ses défaillances ou ses fautes , rétrograder jusqu'à l'animal, et perdre la nature humaine à laquelle elle a été élevée.

3. Ayant acquis la liberté, elle peut donc, soit s'acheminer en ligne droite et en franchissant même plusieurs degrés à la fois de l'échelle vers sa destination qui est son bien, ou se laisser arrêter et même s'éloigner du but, ce qui est son mal, et souffrir ainsi des retards, des stationnements ou des redressements. Lorsqu'elle a franchi le cercle d'abred et qu'elle est parvenue au summum de l'hominalité matérielle, elle a droit à une autre transcréation , et devient Esprit , homme spirituel. Le libre arbitre cesse pour faire place à une volonté toujours lumineuse.

4. Il y a autant de différences entre l'homme spirituel et l'homme matériel , qu'entre l'homme matériel et l'animal, et de même l'Esprit ne peut rétrograder et perdre jamais la nature qu'il a conquise.

Lorsque l'Esprit vrai v et pur s'est élevé de de-

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grés en degrés, et a atteint le summum de i'hominalité spirituelle, par une transcréation analogue aux précédentes, il devient atven (l), il ne peut rétrograder non plus , et à la place du libre arbitre de l'homme matériel, de la volonté lumineuse de l'homme spirituel , l'awen ou homme awénique conquiert le développement particulier de la perfection , qui est le type de son génie primitif ; et par la plénitude de cette perfection , comme aussi par l'acquisition de plusieurs autres, il peut mériter de passer au rang d'homme divin, ainsi que nous l'expliquerons par la suite.

5. L'awen a le souvenir clair, précis, dans l'ensemble et dans les détails de toutes ses existences comme homme matériel et comme Esprit. A l'état d'Esprit pur, il l'avait déjà, mais moins spéciale et moins vive. Mais à l'état d'homme matériel, il ne la possédait qu'obscure et confuse , même dans l'intervalle des incarnations. Quand il était incarné dans un monde inférieur d'abred, il perdait complètement la mémoire du passé qui l'aurait gêné dans ses épreuves.

6. La monade, quel que soit son degré, emporte toujours , après une de ses vies , la forme quintessenciée qu'elle vient d'animer, à laquelle s'unit, pour lui faciliter la transition , la forme plus ou moins dessinée vers laquelle elle tend; ainsi la monade animale , lorsqu'elle est près de la transcréation ho-

(1) Nous avons déjà dit ce qu'entendaient les druides par cette expression; c'est le génie primitif, le type et l'individualité particulière de l'homme. Moïse l'appelle Rouah, Zoroastre Férouer.

minale , prend une forme de plus en plus déterminée vers le type humain (1).

Il en est de même de la monade humaine , après chacune de ses vies matérielles ; elle emporte avec elle un corps quintessencié qui prend, à mesure qu'elle s'élève, et dans une proportion de plus en plus épurée, la forme de son type tendantiel, à savoir de l'Esprit. La même chose a lieu d'Esprit à awen.

7. La morale n'a de nom que dans les mondes d'abred, car elle implique la lutte et le choix du libre arbitre : elle est changée, pour l'Esprit pur, en sécurité et affermissement dans le bien; pour l'awen , dans la plénitude de perfection en ce qui touche le type du génie primitif.

Rappelons d'abord la synthèse des druides.

L'univers , selon les druides, se divisait en trois cercles. Le premier cercle cycl y Ceugant, cercle de l'immensité, n'appartenait qu'à Dieu, c'était l'absolu,

(1) Ce n'est qu'alors qu'elle peut se manifester; ainsi tout ce qu'on raconte d'animaux qui se sont rendus perceptibles après leur mort, se rapporte à ceux qui étaient sur la limite de leur transformation, et à qui la domesticité avait imprégné en quelque sorte l'éducation et la vie humaines. Le barde Taliesin qui, étant un homme venu de Gwynfyd, pouvait se rappeler ses transmigrations dans 4nnte/n, l'a révélé très positivement à nos pères; il a dit qu'avant de passer de l'animalité à l'homme, il avait été comme chien et mouton dans une étroite domesticité. C'est ainsi que partout dans l'univers le supérieur, même à son insu, a charge d'élever son inférieur et de lui faciliter l'ascension. Avant d'arriver à cet état de

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