MATERIALISME ET SPIRITUALISME. XVII
être clair et précis. Nous n'emploierons jamais ces termes que dans la signification tonte terrestre que nous leur avons donnée. On a voulu faire une antinomie des deux termes esprit, matière: Esprit, dans cette antinomie, est conçu au sens de substance pensante. C'est une fausse antinomie. Même pris pour la substance, l'esprit ne saurait être opposé à un mot qui n'exprime rien, qu'une relation purement phénoménale. D'ailleurs, il n'y a point de substance contingente sans forme, par la raison toute simple qu'il n'y a point d'être sans détermination, et que la force d'expansion de l'étre«e peut être illimitée, puisque nous sommes dans le relatif. Nous devons donc encore débarrasser le langage philosophique de là. notion fausse d'esprit pur. La substance a beau, dans ses développements, se dégager par degrés de la forme condensée, -elle a beau en conquérir de nouvelles plus éthérées, plus subtiles à chaque pas dans le progrès ; quoique cette forme soit de plus en plus expansive, étendue, rayonnante sur des milliards de milliards de mondes et d'êtres, elle n'en sera pas moins forme, avec une limite de plus en plus faible et fondue peu à peu, mais jamais complètement effacée. Quant à ceux qui voudraient réserver ce mot à! esprit pur pour l'absolu, parce que sa détermination est absolue et se réalise sans la forme, nous leur dirions qu'ils sont très peu métaphysiciens. C'est un mot à rayer, et "nous le rayons dès à présent. Nous ne l'emploierons que dans le sens de puissance intelligentielle de la substance, nous dirons donc Y esprit humain. »
En voilà déjà assez pour établir clairement que les matérialistes et les spiritualistes n'ont plus aucune raison de se pourfendre réciproquement, la jnatière et l'esprit n'existant pas comme substances séparées, mais seulement comme dénomination, exprimant l'état de chaque monde et les rapports entre leurs* habitants.
Je m'explique :
La matière est ce qui tombe sous les sens des divers habitants de l'univers.