XVIII MATERIALISME ET SPIRITUALISME
L'esprit, ce qui y échappe.
Cette définition peut s'appliquer à tous les inondes de F univers. Supposons un instant que nous fussions transportés dans Jupiter, par exemple, avec nos sens et nos organes terrestres, nous n'y verrions peut-être absolument rien, les végétaux, les animaux, les hommes, les minéraux eux-mêmes étant composés d'éléments beaucoup plus sutils et moins condensés. Jupiter, en effet, a une intensité de pesanteur qui atteint 2,55, la terre étant prise pour unité, de façon que dans cette colossale planète nous serions vraiment écrasés par notre poids et pourrions à peine nous y mouvoir comme des tortues, d'où Ton peut raisonnablement conclure que les êtres qui les habitent ont des corps qui sont presque immatériels à notre regard. Dans le soleil où la pesanteur atteint le chiffre énorme de 29,37, il faut que ses habitants soient d'une nature électrique (*).
En nous transportant par la pensée dans d'autres tourbillons et dans d'autres mondes, ce qui est matière pour les habitants, et cela à l'indéfini, même ténue et amoindrissable à l'excès, serait esprit pour nos organes grossiers qui n'y verraient peut-être que de la lumière de plus en plus éclatante par l'aggrégation et la solidarité de tous ces centres
stellaires, composés de monades ardentes et a mou-
(i) Voira ce sujet notre traité : Nature et destination des 'astres, Paris, Didier, 1864, gr. in-8, p. 34 et suiv.; surtout le chapitre le Soleil paradis de notre tourbillon, p. 40. Des idées analogues se trouvent dans le nouvel ouvrage, de L. Figuier, le Lendemain de la mort, Paris, Hachette, 1 v. in-18, 1871.