ANTHROPOLOGIE ET TRANSFORMISME. XLI
Notons en passant un fait qui n'est pas sans intérêt dans la question de transformation des* êtres. Ce fait-loi, c'est l'adaptation et F accommodation des organes aux milieux, aux habitudes et aux nécessités de la vie.
Ainsi les premiers poissons n'ont d'abord que des nageoires très courtes et. une queue étérocerque qui rendent leurs mouvements très lents ; à cette première période, ils n'ont pas besoin d'avoir davantage, puisqu'ils sont à peu près les seuls habitants de la terre et n'ont point d'ennemis à redouter.
Plus tard et à la période jurassique, comme il y a des reptiles volants et d'autres animaux aquatiques qui leur font la chasse et les détruiraient tous si leurs mouvements n'étaient plus dégagés et leur fuite mieux assurée, les mêmes poissons voient croître leurs nageoires, et leur queue devient homocerque, afin qu'ils acquièrent plus d'agili1£. Ce dernier fait, remarqué à peu près par tous les géologues qui en avaient été frappés, a été ensuite merveilleusement expliqué par Edgard Quinet (La Création, 2 vol. in-8), qui s'en est servi pour établir, connue nous, l'influence singulière des milieux sur la condition et la transformation des êtres.
Il est très probable que l'espèce intermédiaire de la forme humaine a • disparu, car on sait que c'est une loi géologique, prouvée encore par des exemples de nos jours (voir Trémaux, ouvrage cité), que lorsqu'une espèce a formé une autre espèce supérieure, elle s'efface devant sa rivale et tend à s'annihiler (p. 288. et 289). Mais enfin si l'on n'en