LU RELIGION PHILOSOPHIQUE DE L AVENIR
titions du passé, et tracer la voie à l'humanité future.
Religion philosophique de l'avenir.
Nous allons construire une religion pour les libres penseurs et les philosophes de l'avenir.
Vous savez déjà que nous n'écrivons pas pour les divers théologiens et croyants des divers cultes, aux* quels nous laissons leur foi respective, tout en la respectant et l'honorant, et je prends un aide pour cette religion, c'est le roi du cristicisme, ou si Ton veut, du scepticisme moderne, le solitaire et sublime lleuouvicr. Nous mentionnerons aussi un philosophe très distingué, Charles Fauvéty, qui dans son journal la Solidarité, a soutenu avec un grand talent la notion de Dieu comme âme du monde, comme moi de l'organisme universel.
Il est curieux de voir un des plus profonds penseurs de notre époque, Kenouvicr, qui a critiqué avec» bonheur tous ces éternels parleurs sur la personnalité ou l'im personnalité de l'absolu, dont nous ne saurions absolument rien exprimer en luimême et sans sa manifestation, aboutir en religion aux mômes conclusions que nous. Apres avoir sapé toutes les croyances, tous les systèmes, en les brisant les uns par les autres, et en leur opposant leurs contradictions absurdes, il s'exprime ainsi, (0 :
(1) Revue philosophique.
RELIGION PHILOSOPHIQUE DE l'àVENIB. LUI
Supposez que tontes les écoles étant fermées, la religion, libre de préjugés et maîtresse de s'abandonnera ses inspirations natives, suive la pente commune des nations modernes ; supposez qu'au lieu d'envisager l'univers comme un royaume dont le monarque a trouvé le moyen d'être absolu sans danger, de faire que les actes et les consciences de ses sujets ne soient que son acte propre et sa propre conscience, nous aimions, au contraire, à v*voif une aristocratie dont les chefs natu- . rels nous dirigent du haut des sphères supérieures, ou encore une démocratie indéfiniment et spontanément ascendante sur les chemins de la vie, une république des êtres qui peuple l'espace d'un chœur innombrable de sœurs et de frères, en avance ou en retard sur nous, qui nous aident ou qui nous appellent, nous attendent ou nous suivent et tous nous tendent quelque part les bras; supposez que la religion s'attache à ces nobles doctrines, à ces doctrines de vie, d'avenir et de liberté que la science ne saurait décréter sans doute, mais qu'elle ne saurait non plus démentir ; dans le vaste champ qui s'ouvrira alors à la fois, et que des milliers d'Églises parcourront librement pour y chercher dps cantons appropriés aux intérêts des individus et des races, soit qu'elles se livrent sans réserve au souffle de l'enthousiasme ou qu'elles s'éloignent moins orgueilleusement de la sphère habituelle des consciences émancipées du sacerdoce, émancipées de la fausse science et de l'intelligible mystère, je ne dis pas que la vérité philosophique sera atteinte avec certitude, — jesuiscriticiste et n'oublierai point que je n'ai pas de religion à fonder, — mais je dis que la personnalité ditiine, sortant des nuages épais delà métaphysique, éclatera de toutes parts avec une force qu'elle n'eut jamais ; que cette personnalité pourra au besoin se concentrer en une personne unique pour nous, mais réelle et finie, enveloppant l'étenduede notre petit monde humain, et que toutes les vertus et aspirations du cœur y trouveront satisfaction sans s'aller perdre dans le néant de l'existence absolue. Ou la religion ri est plus ou désormais elle est là. Quand le dogmatisme s'apercevra-t il que son cours est épuisé, qu'il ne peut que le recommencer sans cesse, et que les doctrines, cent fois reproduites et rejetées, changent de figure entre ses mains sans jamais changer de valeur? Quand tous les hommes