LIV RELIGION PHILOSOPHIQUE DE L AVENIR
de bon sens se décideront-ils à donner au problème de l'origine et de la pénétration des choses son vrai nom : la quadrature du cercle de la philosophie ? Quand troaverons-nous qu'il est temps de passer à des exercices plus utiles ?
L'incompréhensible absolu peut bien être un objet de foi, mais il échappe à toutes nos investigations, et se demander s'il est ou non un et personnel, s'il est juste, s'il est bon, c'est perdre son temps, dans des questions oiseuses; il n'est ni un, ni personnel, ni juste, ni bon, comme nous l'entendons et comme nous pouvons le comprendre. Poser des questipns sur la création, sur l'origine, sur l'essence intime des choses, c'est peine perdue, et nous sommes de l'avis de Renouvier, il y a mieux à faire : il y a à réaliser l'unité universelle des esprits, des cœurs,, des volontés.
Elevons-nous par la pensée.. N'y a-t-il pas eu des morts glorieux dans notre humanité? Est-ce qu'Epictète, Socrate, Platon et d'autres héros du devoir et de la vertu, bien des hommes éminents par leur savoir et par leurs actes, n'ont pas apparu ici-bas? Nous n'en voulons pas citer, de crainte de retomber dans l'élément théologique de tous les cultes, ce que nous avons surtout à cœur d'éviter. Eh bien ! il doit en être de môme sur les mondes planétaires de notre tourbillon. Supposons donc, et cette supposition est une réalité, que le plus complet, le plus méritant, le plus élevé de tous les êtres devienne la monade supérieure de ce tourbillon, est-ce que nous ne pourrons pas le concevoir, comme notre Dieu, Dieu Relatif sans doute, et pouvant toujours s'élever plus haut ? Est-ce que, comme le dit Benouvier, la per-
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sonnalité divine n'aura pas pris corps à notre regard et ne pouvons-nous pas nous baser sur cet idéal qui marchera de plus, en plus vers la perfection, puisqu'il est arrivé le premier, et que progressant sans cesse, il nous devancera toujours? Multiplions maintenant cette universalisation de nos régions, parles mêmes suppositions étendues à d'autres tourbillons, aux espaces stellaires, aux soleils, à toutes les constellations, à l'univers entier, et nous aurons ainsi un nombre infini de monades bienheureuses, rectrices de chaque monde, et de plus en plus resplendissantes à mesure qu'elles s'élèveront dans l'incomraensarable ascension. Sursùm corda; montons plus haut encore. Ne pouvons-nous pas imaginer que parmi toutes ces grandes et rayonnantes monades, l'une d'entre elles sera arrivée la première au sommet, qu'elle étendra donc partout ses influences, sa direction, ses rayonnements, qu'elle sera comme le centre de l'unité universelle, le moi de l'organisme du cosmos, l'âme du monde; qu'elle "réalisera en sa personne, le panmoriadisme ou le panpsychisme de l'univers? Il y a une analogie à signaler. De même que sur nos*bas mondes, les monades humaines ou animales supérieures, sont, comme nous l'avons dit, liées par une indissoluble solidarité à des monades inférieures dont la réunion constitue l'unité et l'individualité de l'être : de même le Moi divin est constitué dans son unité par une multitude infinie de forces animiques, dynamiques, de dieux chefs des tourbillons, de monades latentes (mondes des formes), de monades zoïques et psychiques qui composent le cosmos : partout l'unité de race, partout la même