DE L'ABSOLU. LIX
Les monades à l'état latent constituent le monde des formes.
A l'état zoïque, psychique, elles composent les animaux supérieurs et l'homme, puis les êtres surhumains; puis les hommes awéniques, puis encore les hommes divins, nommés dieux de chaque tourbillon.
L'unité universelle de toutes les monades du cosmos constitue la grande monade, Dieu, centre compréhensible atteignable à nôtre pensée, de l'organisme général,- que la philosophie de l'avenir ne pourra nier sans inconséquence.
Qu est-ce qui a imprimé le mouvement à toutes ces choses ? Le mouvement provient d'une force simple, inétendue, impérissable, éternelle; qu'on la nomme point initial, atome absolu, monade première, principe principiant : c'est l'absolu.
En lui-même, avons-nous dit déjà (*), c'est l'innommable, celui dont on ne peut rien dire ni concevoir autrement que par les qualités nécessaires de l'être dont nous sommes participants.
C'est l'Ensoph des cabbalistes.
L'Être incommunicable de Moyse (je suis celui qui suis).
L'Être sans antinomie de Pythagore ( 2 ). Ce grand philosophe, pour en donner une idée, avait imaginé un pentacle, l'arcane des arcanes ; il représentait l'absolu sous une figure circulaire, au centre un point avec d'infinis rayonnements. Il prétendait, se-
(1) Philosophie de V avenir, page 101.
(2) Brunsen, Dieu dans l'histoire (art. Pythagore).