‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 47 sur 141 · DE L'ABSOLU. , LU · texte numérisé non relu

DE L'ABSOLU. , LU

questions, nous mentionnons seulement cette particularité (p. 18 et 19, ouvrage cité, ainsi que pages suivantes).

Le livre delà tradition et de la Connaissance des temps qui est cité (p. 17) contient cependant deux symboles très curieux , l'un représentant le nom de Dieu par la parole, l'autre le môme nom, mais répété parles créatures. Le premier signe, qu'il faut lire de droite à gauche, commence par le point initial et .fixe d'où tout est sorti. Dieu verse partout la vie et l'être, c'est la ligne à droite; maïs, il rencontre la borne et la négation, parce qu'il ne pouvait se reproduire tout entier. La ligne à gauche figure le non être, et il y a cela de notable que la ligne de l'être domine de beaucoup la ligne du non être.'

Il en est autrement lorsque le nom est répété par les .créatures ; ici l'ordre de la lecture veut que nous allions, de gauche à droite, et, parties du non être ou de l'abîme* les créatures montent progressivement jusqu'à l'être, avec cette particularité encore, qu'ici c^est la borne, la négation qui prédomine, et que la ligne gauche dépasse de beaucoup. la ligne droite; puis, entrées une fois dans le cercle du bonheur, les créatures suivent bien la ligne de l'être, mais elles ne peuvent arriver à la plénitude, ce qui est figuré par un signe indéfini, une virgule, et non par la fixité du point.

Ces symboles sont ingénieux, et paraissent remouter à la plus haute initiation; c'est ce qu'il y a. de plus antique dans ce document, qui nous semble provenir du druidisme modifié par son contact avec

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le christianisme. Les Triades bardiques traduites par Pictet, reproduisent donc bien plus, à notre avis, le vrai druidisme, que les récents documents mis en lumière par Henri Martin.; elles sont incontestable* ment plus anciennes, à moins qife Ton ne suppose au môme temps, ce qui serait possible, un double courant d'idées, les unes persistantes, les autres conciliatrices.

Strada, profond rtiétaphysicicn, un des plus grands philosophes de notre époque, admet aussi l'absolu et reconnaît un état préantinomique (Théorie de [Être, essai d'un ultimum organum t. 1 er ). Je résume ce que j'en ai dit dans divers journaux philosophiques. Comme c'est de la très haute métaphysique, les lecteurs vulgaires pourront sauter ces pages.

Le grand mérite de Strada consiste, selon notre avis, à avoir été plus loin que la notion contingente, forme nécessaire de toute connaissance humaine. Il s'est placé dans l'état préantinomique où l'affirmation est sans sa négation qui ne lui ajoute rien, dont elle est indépendante; bien plus, qui n'a de vie que par elle. Il a prouvé que l'être est seul réel et qu'il n'y a pas place au non être, sinon dans notre - pensée, et dans la notion cette réalisation contingente de l'idée. Le non être dans la notion où les contra-^ dictoires sont d'essence, ne vit que par l'être, comme la négation n'a d'existence que par l'affirmation. Donc il n'y a que de l'être et partout de l'être. Ce principe est le premier de la métaphysique, c'est la base- de tout, c'est l'explication et la reconstitution en même temps de toute la philosophie dévoyée et la solution du tourment fertile eh contradictions et

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en échappatoires de tous les grands penseurs, qui voyaient bien le sophisme des autres, mais étaient impuissants à le démontrer. Tous, sans excepter un seul, .tous s'imaginent faussement que les contradictoires sont dans rtbsolu lui-même. Alors la vertigineuse vision d'Hegel est vraie, sa logique est irréfutable, et pourtant elle aboutit à l'absurde et au néant. C'est ce qui confirme le principe suivant : le raisonnement est fatal et dépend complètement des éléments qu'il analyse et triture. Si ces éléments sont vrais, il les pousse jusqu'à la clarté éblouissante ; s'ils sont faux, il les pousse à l'extrême jusqu'à l'absurdité choquante. Ainsi, l'abbé Gratry ne peut pas réfuter directement Hegel, il se contente d'en dégager les ébour ri liantes propositions et de les soumettre au sens commun. Il ne pouvait pas faire davantage sans la métaphysique absolue, lui surtout qui partage l'erreur capitale de ses maîtres en spiritualisme, que nous voyons dans l'absolu et dans la lumière de Dieu à laquelle nous participons. Mais si nous voyons dans l'absolu, comme nous ne voyons que par les oppositions, comme la notion est impossible sans elles, voilà donc les contradictoires qui font prfttie de l'absolu, et alors Hegel a raison contre vous, et son rêve métaphysique est conforme à la réalité. Nos philosophes, môme les plus distingués, marchaient doncjusqu'àpréscntà tâtons, et nous fournissent un curieux spectacle. % Un puissant logicien, Hegel, éclate dans le monde de la pensée, il vient exprimer ce qui résume entièrement-là philosophie du passé, et il se trouve que ses résultats sont l'absurdité même; mais comme il est parti de principes avoués

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