LXIV DE L ABSOLU
par* tous ceux qui le critiquent, les penseurs dont nous parlons tout en reculant devant l'abîme et le bouleversement du bon sens, ne peuvent le réfuter. Ils ne comprennent rien à leur 'impuissance.
Retenons donc, dès l'abord, te grand principe de l'état préantinomique, de l'affirmation pure avant la négation, de l'être avant le non être, état dans lequel le jour est sans la nuit, le bien sans le mal, la vérité sans l'erreur, le beau sans le laid, la vie sans la mort, le savoir sans la science, l'idée sans la notion, la détermination sans la limite, l'ordre sans la méthode, l'éternité saris le temps, l'immensité sans l'espace. Hegel nous dit qu'à cet état l'être est abstrait, et non réel parce qu'il n'est pas déterminé; et il n'est pas déterminé parce que c'est la borne qui fait la déterminatioiir Or, c'est encore là un principe qui est reconnu par quelques philosophes à courte vue. Ils ont fourni au sophiste un grand dada qu'il s'est hâté d'enfourcher. Or, s'il y a une démonstration claire, certaine, indubitable, c/est celle de notre grand métaphysicien, Strada, sur ce point. (Ultimum organum, 1 er vol., p. 151 à 157); il établit d'une manière irréfutable que ce qui détermine l'être c'est sa force d'expansion, là où elle s'arrête l'être n'est plus saisissable, et voilà la limite pour la contingence ; mais la borne n'est rien par elle-même et n'est nulle part en soi; étant indéterminée, elle ne saurait rien déterminer. Dans l'absolu, la force d'expansion qui est absolue, produit une détermination
absolue. Loin donc que l'être soit indéterminé à l'état préantinomique, il est absolument déterminé. Par là se trouve terrassé l'argument favori d'Hegel au