‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 51 sur 141 · DE L'ABSOLU. LXVII · texte numérisé non relu

DE L'ABSOLU. LXVII

Tie qui n'est qu'un point de nos existences 'succès- . sives, il est impossible que nous soyons éternellement fixés dans le mal, il est impossible que notre progrès soit immobilisé pendant un temps, il est impossible qu'il soit arrêté à un degré quelconque de bien relatif; car au-delà de ce bien il y a toujours le mieux. C'est là tout le mouvement «t le bonheur de l'homme. Donc, enfers, Elysées, vision béatifique, sont, tels que les théologies antiques et modernes les entendent, des chimères anti-métaphysiques.

Le bien pour la substance contingente est l'accomplissement de sa fin ; or sa fin est la tendance de plus en plus réalisée vers l'absolu par l'effacement progressif de la borne.* Le mal est son éloignemerit de l'absolu et l'épaississement de la fiorne. Mais elle peut toujours remonter en partant du point où ses fautes l'ont fait descendre et en recommençant sa carrière. Voilà les principes certains «t indiscutables de la métaphysique de l'avenir.

Voici un autre passage que nous ne reproduisons que parce .qu'il s'adresse à l'universel. Nous supposons un moment, comme hypothèse, sauf à la vérifier plus tard, la révélation, et nous disons ce qu'elle pourrait être au sens purement philosophique. Nous ne faisons point d'allusion dans cet article de haute métaphysique à aucun culte , ni à aucune des religions existantes sur la terre. Ce fragment, certains libres penseurs peuvent ne pas le lire, et il n'est pas adressé aux théologiens, mais aux philosophes métaphysiciens.

La métaphysique, telle qu'on peut aujourd'hui la constituer, avec des éléments aussi certains que les mathé-

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mafiques, fixe d'une minière inébranlable les rapports du fini et de l'infini, elle nous donne la certitude et la solidité de l'être, elle nous donne l'absolu et le relatif ainsi que leurs lois d'en cendre ment, lois positives et sûres, constituant les mathématiques éternelles (4).

Mais si la métaphysique nous force à affirmer l'absolu sans aucune négation possible, elle ne nous en dit rien, sinon que LÊPKE aune détermination complète excluant toute forme et toute limite, une-identité parfaite aussi résumée dans l'unité pan psychique et vivante, que son essence résultant des qualités essentielles qui sont absolues doit dans sa réalisation produire la substance absolue. Cela suffit à la notion scientifique sans doute, puisqu'il serait aussi absurde de la nier, que cette proposition : un et un font deux. « Notre siècle veut toucher Dieu, dit admirablement de Strada ; on fait mieux que le toucher, on le voit métaphy*iquement, comme le mathématicien voit le pendule mathématique et méprise cfe qui le lui ferait toucher. La métaphysique démontre que tout est vie et n'est que vie, que tout est de l'Être et rien que de l'Être, que tout est manifestation de l'Être dans les formes et dans l'idée. » C'est fort bien, mais l'homme n'est pas seulement qu'intelligence, il vit smtout par le cœur. N'y a-t-il floue pas une nécessité morale, qu'a côté de la révélation métaphysique et scientifique, absolue puisqu'elle dérive de rapports et de lois absolus, du lien de l'esprit et de l'être par le nécessaire, il y ait une autre révélation par laquelle Dieu nous fait connaître l'intimité de sa vie, révélation relative et progressive indéfiniment comme l'être progressif auquel elle s'adresse, ainsi que l'a vu si bien Ballanche ?

L'absolu pour l'homme n'est donc pas là où les théologiens ont cru le trouver. Il est dans les lois métaphysiques, dans le lien du fini et de l'infini par les qualités nécessaires de l'Être ; il est dans les bases de la science, mais il ne saurait être dans la religion, cet effort perpétuellement incessant et inachevé, avec l'aide el l'éducation de Dieu, effort par lequel les êtres contingents-

(1) Voir notre ouvrage les Mathématiques de Vin fini, faussement

indiqué par nous que[quc part comme étant de 1846; c'est

(1855-56) qu'il faut lire.

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