‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 52 sur 141 · DE L'ABSOLU. LXIX · texte numérisé non relu

DE L'ABSOLU. LXIX

tendent à effacer de pins en plus la négation et la borne. Mais la négation et cette borne sont constitutives de leur réalisation et de leur vie. et quoique indéfiniment amoindrissables, elles ne peuvent complètement disparaître. Ce qu'il y a d'immuable dans l'homme, c'est uniquement la racine de son être contingent qui a le même point de départ, la même constitution, les mêmes qualités essentielles que l'absolu d'où il procède; mais il n'est réalisé que dans la borne, et cette différence capitale comporte un développement à toujours indéfini. Le bonheur de Dieu est dans la plénitude ; le bonheur de l'homme consiste dans la joie perpétuelle des poursuites et des découvertes et de l'assimilation à jamais inassouvie et sans fin renouvelée de son esprit avec l'Être se dévoilant sans cesse sous des aspects nouveaux, à proportion de son avancement et de son initiation. Les sciences sont donc elles aussi progressives ; il n'y a que leurs bases qui doivent être absolues, comme répondante la nature de l'esprit dans son adéquation avec l'Être. Dieu parce qu'on a nommé création et que nous nommerons eh métaphysique réalisation des contingents, leur a communiqué les qualités nécessaires de son essence, et c'est là leur lien solide, leur attache indestructible avec 1 absolu; mais le parfait n'a pu réaliser d'autres parfaits, ce qui serait absurde, il a donc fait «les contingents perfectibles indéfiniment, et réalisés dans la limite indéfiniment amoindrissable, bien qu'à jamais ineffacée. Cette essence des contingents identiques sur les qualités nécessaires avec l'absolu, crée en eux les lois, les rapports absolus. Mais la parole éducatrice de Dieu s'adressantà l'homme dans ses développements progressifs, doit se faire relative et progressive : c'est Dieu intervenant dans le temps, se faisant fini avec le fini, selon une intuition profonde des2)rw/tfc5. Cette parole s'accommode aux temps et aux lieux, condescend à l'intelligence plus ou moins avancée des auditeurs; elle est susceptible de transformations, d'explications nouvelles, de changements d'aspects, e le ne peut jamais placer la vérité absolue dans le relatif ; car le vrai, le beau et le bien absolus sont inatteignables par les êtres contingents, quoiqu'ils doivent être leur éternelle tendance.

En résumé, l'absolu en l'homme est le lien qui par le nécessaire s'attache à l'être. C'est dans le nécessaire

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