‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 53 sur 141 · LXX DE L'ABSOLU · texte numérisé non relu

LXX DE L'ABSOLU

aussi qu'il voit l'infini et le fini, au moyen de ce que de Strada nomme l'intuition ou de ce que les rationalistes appellent Raisoty.

Mais l'éducation de Dieu à ses humanités qui a pour but de leur faire connaître gradativement et peu à peu l'intimité de son être inaccessible métaphysiquement, est essentiellement relative et se proportionne aux besoins des époques et des nations. De ces propositions si claires, si radicalement certaines, et cependant toujours faussées et prises à rebours par toutes les théologies antiques et modernes, découlent des conséquences que nous allons maintenant développer.

-I o Ce qu'en théodicée on nomme ordre naturel est donc le véritable et le seul terrain de l'absolu. Constitution des êtres, lois nécessaires, rapports métaphysiques entre eux, faculté donnée à l'esprit humain de les saisir (intuition ou raison), ^ordination des diverses facultés de cet esprit en plein rapport avec l'Être : voilà l'immuable en l'homme. Dieu lui-même ne PEUT en rien le changer, le modifier j le contredire, puisqu'il se contredirait luimême et agirait contre sa propre nature, racine et fondement de tous les êtres.

Ce que d'un côté la théodicée nomme V ordre sur* naturel et qui n'est autre chose que L'action de Dieu sur les continents dans le temps, pour leur faciliter I ascension progressive et indéfinie vers lui, qui les attire comme un aimant universel, est essentiellement relatif, et ne peut avoir lieu qu'en plein accord avec l'ordre primordial, naturel et constitutif.

Nous changerons en métaphysique ces appellations vieillies et qui ont été si ténébreuses pour l'esprit humain, de naturel et de surnaturel. Nous nommerons le premier ordre essentiel ou nécessaire ; le second, tendantiel ou progressif '; l'essence exprimant le stable, le permanent, l'absolu en nous; la tendance exprimant la marche, l'effort, le relatif et le mobile, ayant son passé, son actuel et son devenir indéfini. " .

Comment les philosophes, qui ont rêvé l'absolu dans Tordre qu'ils nomment faussement surnaturel, ne se sontils jamais aperçu qu'ils déraisonnaient? Comment n'ontils pas vu que la révélation, c'est-à-dire le secours de Dieu à l'intelligenee ; la grâce, c'est-à-dire le secours de Dieu à la volonté ; l'idéal, c'est-à-dire le secours de Dieu

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