‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 55 sur 141 · LXXII DE L'ABSOLU · texte numérisé non relu

LXXII DE L'ABSOLU

Souvent lorsqu'il en est ainsi, l'esprit humain doit démolir avant de reconstituer. La démolition a été l'œuvre du \ 8 e siècle, poussée trop loin et avec excès; la reconstitution doit être notre œuvre, et c'est pour cela que les bases de la vraie métaphysique nous ont été données par de Strada. Les autres causes d'erreur peuvent provenir ou des médiateurs eux- mêmes qui ont mal entendu l'inspiration ou l'ont mal exprimée, ou bien des auditeurs qui l'ont niai comprise ou l'ont interprétée grossièrement; mais comme cette révélation est continue et de tous les instants, elle rectifie peu à peu les faux points de vue et les opinions arriérées. Toutefois lorsque la lettre* est prise pour \A règle unique et infaillible, il y a besoin d'une révision totale par l'esprit humain; c'est là que nous en sommes.

3<> La révélation, ou du moins ce qu'on donne pourtel, doit donc être conforme pour être vraie aux possibilités et aux lois métaphysiques de la Taison, l'ordre essentiel et nécessaire des êtres. Ce qui n'y sera pas conforme doit être impitoyablement rayé comme contradictoire et absurde. Leibnitz partage notre opinion : « Là raison, dit- il, est un don de Dieu comme la révélation, leur combat ferait combattre Dieu contre Dieu, et si les objections de la raison contre quelque article de foi sont insolubles, il faudra dire que ce prétendu article sera faux et non révélé. » Leibnitz donnait cependant cette conclusion, sans s'être élevé à la clarté et à la précision de la distinction que nous avons faite entre V ordre essen- * tiel de la raison et Y ordre puremcfit tendant iel de la révélation. La raison est nécessaire et immuable. La révélation est relative et mobile. Leibnitz n'avait pas aussi signalé, comme nous l'avons fait, les causes d'altération de la révélation et la possibilité de ses erreurs. Pourtant, par une admirable intuition, il arrive à formuler un avis identique.

En résumé, entre l'absolu et le relatif il y a identité en ce qui touche les qualités nécessaires de l'être. Mais nous ne voyons pas le continrent par l'absolu, nous n'avons pas une vue directe.de l'absolu ; car, puisqu'il s'agit ici de l'ordre constitutif et essentiel, si nous voyions en l'absolu, notre vie serait pleine, entière, nous serions Dieu et nous posséderions le savoir et non la science. Plus de mobilité, plus de développements, ce que le fait

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