LÀ MORALE INDEPENDANTE. LXXY
le lien, l'harmonie des contraires dans le neutre. Mais pour que ce neutre soit le vrai lien, il faut de toute nécessité qu'il soit analogique. La morale Testelle? Peut-elle l'être? La morale, d'abord considérée non plus dans sa spontanéité, mais comme science, est une conséquence de principes. Ainsi, il faut d'abord que l'on reconnaisse la liberté de Vhofnme. S'il n'est pas libre, à quoi bon une morale pour une machine? Il faut de plus que le fait moral, le devoir, soit reconnu par tous!
Bûchner et son école disent carrément : « L'homme n'est pas libre ; il va où son cerveau le pousse. »
Il ajoute : « L'infanticide est licite. »
Mais d'autres se trouveront qui ne se contenteront pas de cette simple permission, et qui, poussant plus loin la logique du système, diront : « Pourquoi n*y aurait-il que l'infanticide de licite? Tout est licite selon son intérêt, sa force et son pouvoir. »
Gomment faire pour accueillir de pareils penseurs dans le giron de la morale indépendante ?
Est-ce que tous les philosophes reconnaissent le fait moral, universel et absolu? Non.
Helvétius ne reconnaît que l'intérêt seul pour règle de ses actions ;
Bentham, l'Utilité ;
Adam. Smith, la sympathie et l'approbation des autres ;
Hutcheson, la bienveillance.
Les panthéistes, il y en a de toutes les couleurs, sont plus ou moins portés à nier la liberté, et à ne voir en toutes choses qu'une inéluctable fatalité. Donc, la morale scientifique, qui n'est qu'une con-