‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 72 sur 141 · XCIV CLE DU MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

XCIV CLE DU MERVEILLEUX

des hommes qui avaient vécu ici-bas, et dont, pour quelques-uns, il précisait le lieu de la naissance et indiquait les todi beaux ?

Il en est de même pour les caco-démons, pour les antithées. Lorsqu'un peuple était conquis par un autre, il perdait ses dieux, et les cultes du passé, aussi intolérants que ceux d'aujourd'hui, flétrissaient de cette appellation <ï antithées, les dieux vaincus ou tombés de la nation subjuguée.

Cette explication est si vraie, que tous les noms connus de démons chez les juifs correspondent à ceux des dieux de. quelques nations disparues ou dominées. Ainsi Belzébuth n'était autre que le dieu adoré, par les Philistins (vaincus par le peuple d'Israël) sous le nom de Baal-Zaboud; Astaroth était adoré en Phénicie; Belial était un dieu des Chaldéèns.

Lucifer (planète de Vénus) chez les Assyriens. Constant, Maury, Creuzer, Guigniault, Clavel et plusieurs autres mythologues ont déjà remarqué ce fait*

Rome seule fut tolérante ; elle admit par des motifs politiques que l'on peut lire dans Athénée et dans Plutarque toutes les divinités des peuples vaincus dans le Panthéon de ses propres dieux. Encore celles-ci quelquefois ne se laissaient pas faire sans regimber ; on raconte que plusieurs statues des dieux annexés ont rejoint leurs temples et leur ville. Soit que l'on attribue ces faits authentiques à la supercherie, soit qu'il faille en certains cas les imputer à l'intervention extra-humaine des ancêtres fiers et tenaces dans leur nationalité, ce n'en est pas moins un des traits les plus caractéristiques de la constitution et de la croyance des antiques cités.

Page 1