GRANDEUR DE CETTE CONCEPTION
l'infinitude absolue et en approchait le plus, à savoir: d'abord l'infinitude relative, et ensuite Pindéfinitude.
Et en effet , tous les êtres de la création marchent dans le temps et l'espace depuis une durée plus ou moins indéfinie vers lui, pour s'approcher à l'infini de son infinitude absolue.
Grâce à cette manière de concevoir Dieu , la création et la fin de la création , l'homme peut retenir sa foi en la conquête de l'absolu, et continuer d'aspirer à cette fin. Dieu, en projectant de son sein toutes ses créatures, les destine à marcher progressivement et à tout jamais vers lui, vers ses attributs, vers ses perfections; à se rapprocher à l'infini, dans leur manifestation, de son essence. Elles gravitent donc toutes, destinées à s'approcher de plus en plus dans ce pèlerinage sans terme, non-seulement cette fois de l'absolu en connaissance, mais de l'absolu en essence.
Ainsi, non-seulement notre science, notre puissance, nos facultés, nos attributs, mais nos âmes, nos êtres tendent infiniment à participer de plus en plus à l'infinité d'attributs infinis de Dieu ] c'est-à-dir*è à l'essence même de l'être universel.
Voilà la véritable doctrine de l'espérance, de la perfection et de la félicité ; et dès-lors la loi du progrès est justifiée et comme sanctifiée — devant notre soif éternelle de vie, de vérité et de bonheur de plus en plus grands !
Naguère, et pour toutes les religions, l'humanité n'avait en expectative que l'absorption ou l'anéantissement en Dieu, que l'extase d'une mystique vision. C'était à tout jamais une contemplation fixe, définitive, immobile et monotone des perfections de l'Etre suprême.
Désormais notre attente se trouve singulièrement accrue: Dieu, l'absolu, se fait relatif par la création, en quelque sorte pour tendre à toujours, par le progrès.