DIEU ET LBS MONADES
vers la reproduction de soi-même, en se transfigurant dans l'infinité d'êtres de plus en plus parfaits qu'il appelle à. la vie. Il se dédouble et se répand en des infinités d'êtres dans le temps et dans l'espace , pour remonter à l'indéfini absolu, vers l'infinité d'attributs infinis et infiniment combinés qui le constituent. C'est la perfection absolue qui, sans cesser de rester ce qu'elle est absolument, se traduit successivement sous forme d'imperfection , de limite, de défauts sans cesse décroissants, pour tendre, pour retourner de nouveau à l'infini vers la source, la raison et la cause de toutes cboses. — -C'est l'infiniment grand, qui partant, si l'on peut dire, de ! 'infiniment petit, se met en équation dans le temps et l'espace , entre son premier terme X, et la série indéfinie de termes sans cesse croissants, afin de rapprocher progressivement dans l'infinie durée le second membre, qui est ici l'équivalent de l'absolu.
Le dogme du progrès ou du meilleur incessant, celui de la perfection divine, exclut à tous les degrés de la création l'idée de déchéance radicale. Immanent 4 tout ce qui est, Dieu ne laisse aucune de ses créatures se détériorer : les lois de leur propre nature y mettent obstacle, en les redressant à propos et en quelque sorte chemin faisant. La sanction est immédiate pour chaque vie, et si au moment de la mort il y a reliquat de fautes ou de crimes, l'individualité transporte avec elle l'expiation aux portes de la vie suivante sans que cependant le démérite final entraîne la rétrogradation des essences.
On doit croire que les êtres libres et moraux se transportent dans leurs vies ultérieures avec leur valeur morale respective antérieurement acquise; qu'alors les distances intrinsèques restent les mêmes et que le perfectionnement de chacun dépend de ses nouveaux mérites ; que l'inégalité distributive se trouve réalisée non point par un sort extérieur visible de tous , mais par des con-