‹ Une philosophie nouvelle: ce qu'elle doit être devant la scienceChapitre 97 sur 141 · LE MEILLEUR ABSOLU · texte numérisé non relu

LE MEILLEUR ABSOLU

II faut donc distinguer le changement, du progrès : le premier n'étant que la condition et la forme du second.

Ce principe du meilleur absolu se pose à priori , par la perfection de Dieu; il se prouve à posteriori par les traces du développement de l'espèce humaine et des règnes divers dans l'histoire du globe et des sociétés jusqu'à nous.

D'abord , un créateur tout-puissant , d'une sagesse et d'une bonté sans bornes , ne peut laisser dépérir radicalement son œuvre. Elle peut comporter des crises, des douleurs , des cataclysmes ordonnés et nécessaires : elle ne saurait subir une dégénérescence ou une décrépitude finale.

Par ses lois générales (et aussi par son intervention particulière et réservée ) , une providence parfaite devait moralement tout disposer pour le meilleur , eu égard à l'universelle création et à son infinie durée, eu égard à tous les êtres, à toutes les existences, à toutes les vies de chaque être, eu égard au passé , au présent et à l'avenir indivisiblement. L'idée de l'infini absolu et de la perfection souveraine en Dieu implique nécessairement dans l'univers, la réalisation d'un progrès indéfini vers le parfait. En effet, nous ne concevons rien de plus conforme à la perfection absolue que cette ascension illimitée des mondes et des êtres vers un idéal de vie. de félicité et de sainteté à jamais croissantes ; — raison suffisante et péremptoire pour que cela soit.

Aucune création achevée , immobile et définitive , quelles qu'en fussent les heureuses combinaisons, ne pouvait équivaloir à une création évoluant incessamment et indéfiniment vers un meilleur toujours fuyant, c'est-à-dire toujours allant de mieux en mieux , d'un meilleur à un meilleur pltis grand. Le meilleur, ainsi compris, est justement ce que les modernes ont appelé

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