LE PROBLÈME DE L EVOLUTION
d'abord par évidence immédiate, car on ne peut nier que l'histoire de la vie se révèle à nous sous l'aspect d'une montée, d'un progrès. El cet élan implique initiative et choix, constitue un effort qu'on n'est pas autorisé par les faits à déclarer fatal : « Un simple coup d'œil jeté sur les espèces fossiles nous montre que la vie aurait pu se passer d'évoluer, ou n'évoluer que dans des limites *rès restreintes, si elle avait pris le parti, beaucoup plus commode pour elle, de s'ankyloser dans ses formes primitives ; certains Foraminifères n'ont pas varié depuis l'époque silurienne ; impassibles témoins des révolutions sans nombre qui ont bouleversé notre planète, les Lingules sont aujourd'hui ce qu'elles étaient aux temps les plus reculés de l'ère paléozoïque. » D'autre part, si en nous la vie est indiscutablement création et liberté, comment ne le serait-elle pas à quelque degré dans la nature universelle : « Quelle que soit l'essence intime de ce qui est et de ce qui se fait, nous en sommes ^ » : une conclusion par analogie est donc légitime. Mais surtout cette conclusion se vérifie par son aptitude à résoudre les problèmes de détail, à rendre compte des faits observés ; et à cet égard je regrette de ne pouvoir que renvoyer globalement aux admirables discussions et analyses instituées par M. Bergson touchant u la plante et