‹ Une philosophie nouvelle [microform]Chapitre 52 sur 60 · L'Evolution créatrice^ p. lll · texte numérisé non relu

L'Evolution créatrice^ p. lll

i. Revue de Métaphysique et de Morale, novembre 1911.

ranimai » ou « le développement de l'animalité ^ >j Quant à la matière, deux grandes lois se dégagent de toute notre science, relativement à sa nature et à ses phénomènes : une loi de conservation, une loi de dégradation. D'une part, mécanisme, répétition, inertie, des constantes et des invariants : le jeu du monde matériel, au point de vue quantité, nous offre l'aspect d'une immense transformation sans gain ni perte, d'une transformation homogène où tend à se maintenir une exacte équivalence entre le point de départ et le point d'arrivée. D autre part, au point de vue qualité, quelque chose qui s'use, qui baisse, qui se dégrade, qui s'épuise : de l'énergie qui se dépense, du mouvement qui se dissipe, des édifices qui se désagrè gent, des poids qui tombent, des niveaux qui s'égahsent, des différences qui s'effacent. La marche du monde matériel apparaît alors comme une déperdition, un mouvement de chute et de descente. Du reste il n'y a que tendance à la conservation, une tendance qui ne se réalise jamais qu'imparfaitement. C'est au contraire en toute rigueur que nous voyons la défaillance de l'élan vital se traduire par une apparition de mécanisme. De la réalité qui s'endort ou qui se défait, voilà donc sous quelle figure se montre à nous finalement la matière : elle est seconde.

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