TRANSACTION
entre Madame la baronne de Warens le sieur de Courtille, le sieur 'T^eveyron et le sieur Perrin.
L'an mil sept cent cinquante-deux et le dishuittième jours du mois de décembre,
à quattre heures apprès midy,à Chambéry dans l'appartement ou habitte la dame baronne de V\'arens de La Tour, au faubourg du Reclus, en concéquance du contrat de société fait au sujet de l'extrattion et débits des charbons de pierre et de terre, entre ladite dame baronne de ^^^arens, le 'sieur de Courtille, le sieur Perrin et le sieur Reveyron, en datte du premier aoust dernier, Cagnion nottaire, il at été convenu qu'ensuitte du privilège accordé par Sa Majesté à ladite dame baronne de Warens, audit sieur de Courtille, par pattente du trentième octobre dernier, que lesdits quattres associés feroient un fond de chasqu un mille livres, lesquelles quattres milles livres seroient mis dans une caisses qui serait tenue par Je nottaire qu'ils commettent à ce sujet, et qu'il ne sortira aucun argent de ladite caisse que par un mandat signé par deux des associés.- A cette cause, les ans et jours que dessus, se sont établis et constituers en personne dame Françoise Louise Eléonore feu noble Jean Baptiste de La Tour, baron d'Empire,
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épouse de noble Jacque Sébastien Dewarens, nattive de Vevay, payis de Veaux en Suisse, noble Jean Samuel Rodolphe Wintzenrien feu noble Samuel de Courtille, natif de Courtille, canton de Berne, payis de Veaux en Suisse, spectable Jean Charles feu f. Maxime Perrin, advocat au sénat, nattif de la présente ville, et le sieur Prudent Reveyron, fils de moy françois Reveyron, nattif de Yenne, touts deux bourgeois de la présente ville, lesquels en concéquance de ce que dessus, ledit sieur Reveyron at déjà fait son fond de mille livres entre les mains de je dit nottaire ledit sieur de Courtille au moyen de deux cents livres qu'ils at présentement et réellement comptées en neuf louis d'or neuf, un écu neuf au dernier coing de France et trois livres neufs sols en sols et au moyen des advances qu'il at fait jusque au jour tant pour son voyage de Turin que autres quels qu'ils soient se trouve aussy avoir fait son fond de mille livres et quand aux autres fonds de deux milles livres tant de la dite dame que dudit sieur
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Perrin, ce dernier promet de les faire dans tout le courant de mois prochain en luy tenant compte, ladite dame, du cinq pour cent pour les milles livres qui la concernent, et que ledit sieur Perrin advancera pour elle, aux peines cy apprcs. Il at été en outre convenu entre lesdifce parties que au cas qu"il failles faire quelques voyages pour ladite société, il ne seras entré à celuy qui les ferat que cinq livres par jours pour tout frais, sauf ceux qui seroient extraordinaires et utilles pour l'intérest de ladite société, que aucun des associés ne pourra se retenir aucun argent du débit desdits charbons, ou advance qu'on pourroit luy faires à ce sujet, que des le lendemain il ne doive le mettre dans la caisse. Convenu que chaqu'un tiendras un compte exact des fraix et déboursés qu'ils pourras faire pour ladite sociétée, et que touts les trois mois lesdits quattres associés s'assambleront pour faire compte de tout ce qu'ils auront faits ou négotiés au sujet de ladite sociétée, et pour le surplus ils se raportent au susdit
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contrat de société cy devant désigné qui reste dans son entier. Et tout ce que dessus les dites parties ont promis avoir agréé chasqu' un en ce qui les concernent, aux peines respectives de touts dépens, dommages intérests, et sous l'obligation réciproque de touts leurs biens présents et adven3TS, avec la clause de constitut.
Etant en outre convenus que venant à manquer à un des articles cy dessus, en tout ou en partie, celuy ou ceux des associés qui y manqueront seront exclus et privés de ladites sociétés, voulant que la narrative du présent aye force de dispositive, le tout aux peines de touts dépens domages intérès et sous l'obligation de leurs biens présents et futeurs qu'à ces fins ils se constitue tenir, et sans préjudice des advances et frais faits par ledit sieur Prudant Reveyron et ledit sieur Perrin dont il donneront le compte. Fait et passé au susdit lieu, en présence de Claude fontaine de la parroisse d'Orelle en Maurienne, et du sieur François Fabre, du Puy en Velay, touts deux habitants de la
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présente ville, témoins requis. Les parties ont signés ma minute avec ledit Fabre tesmoin. L'autre tesmoin n'a su signer, de ce enquis, et moy nottaire prédit soussigné, recevant, de ce requis ay expédié le présent, pour servir à roffice du tabellion où il est dû quinze sols pour le droit, bien que par autre soit écrit.
Signé : Reveyron, notaire.
Dans le même temps que l'avocat Perrin avançait, d'après le précédent acte, mille livres à Xl"^^ de ^^'arens, au cinq pour cent, pour qu'elle pût effectuer sa part de versement à la société constituée le i^"" août, la baronne sollicitait les secours de Jean-Jacques. Le 13 février 1753, Rousseau lui écrivait :
(( Vous troiivere:^ ci-joint, ni.i chère maman, une lettre de 2^0 livres. V\îon cœur s'afflige également de la petitesse de la somme et du besoin que vous en avez : tâchei de pourvoir aux besoins les plus pressants ; cela est plus aisé où vous êtes qu'ici, où toutes choses, et surtout le pain,
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sont d'une cherté horrible. Je ne veux pas, ma bonne maman, entrer avec vous dans le détail des choses dont vous me parle^, parce que ce 7iest pas le temps de vous rappeler quel a toujours été mon sentiment sur vos entreprises »...
Tout commentaire de la lettre du malheureux écrivain serait superflu.
Le 25 du même mois, M*"^ de Warens, de concert avec Mansord etPerrichon, ses principaux associés pour l'exploitation des mines acquises du marquis de la Roche, réglait à nouveau, par un acte, les conditions auxquelles les sieurs Perraud La Branche et Dobert de Carbonne s'étaient rendus entrepreneurs de la société, pour l'exploitation d'une mine dans la montagne nommée Glotte, paroisse de Bramans, en haute Maurienne. L'acte est extrait, dans sa teneur, des registres du Tabellion de Chambéry, folio 465 du i^*" volume de 1753 ; il donne de curieux détails sur le fonctionnement de la Compagnie qui, d'à-
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près Grillet, occupa cent individus, depuis 1748, aux mines des environs de Modane.