‹ Une poignée de fauxChapitre 16 sur 27 · ONE · texte numérisé non relu

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Mais continuons toujours à préciser; c’est

de plus en plus instructif. Et surtout forcons nos scrupuleux Jésuites à continuer avec nous. Car ils voudraient bien pouvoir s’arrêter ici, et faire le silence absolu sur l’événement qui suivit la publication de cette calomnie. Forcons-: les à regarder en face toute la vérité. Une fois n’est pas coutume.

Voici en effet ce qui se passa. J. Haren redevint protestant, et publia un nouveau traité, sous ce titre: « La repentance de Jean Haren, et son retour en l’église de Dieu, publiquement par luy récitée en l’église wallonne à Wesel, en présence du magnifique et sage magistrat du dit lieu, le VII jour de mars, 16101, » |

1 (A Hanaw, par Daniel Averi, MDCX, » (Exemplaire de la bibliothèque de la Haye). Une autre édition parut la même année «à la Haye, pour Louis Elsevier, anno 1610. » Cette édition contient, en plus que la précédente, avant le traité lui-même, une lettre de cinq pages: « aux fidèles chrétiens des Pays. * Bas qui ont quitté les abus de l'Eglise romaine, pour vivre

Haren avait continué à être catholique. Il avait trouvé une place chez la duchesse Antoinette de Juliers, née princesse de Lorraine, et il publiait des brochures contre les protestants. En 1599, il écrit encore à de Maillane, conseiller du duc de Lorraine: « Lorsque je me trouvais, il y a quelques années dans la ville d'Anvers, on me demanda d’adresser un discours au peuple pour l’édifier par l’histoire de ma conversion, ce que je fis, non sans succés, car plusieurs suivirent mon exemplef. » On remarquera que Haren parle seulement d’un discours adressé ‘par lui, et adressé sur demande. Nous savons de qui.

Cependant la rupture avec ses anciens coreligionnaires était moins complète qu’il ne en toute pureté et sincérité de conscience, Jean Haren désire salut. » (Exemplaire de la bibliothèque de Gand.) Encore la même année parut une traduction hollandaise nae de coppe van Hanau by Daniel Aueri 1610. (Exemplaire de la bibliothèque de la Haye.)

1 Lettre écrite en 1599, de Deneuvre, (paroisse non loin de Lunéville) et citée par le Dr Andreas Räss, évêque de Strasbourg: Die Convertiten seit der Reformation nach ihrem Leben

und aus ihren Schriften dargestellt. Band III, von 1590-1601 (iE00 p. 516.

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l'avait cru lui-même. Quelques-unes de ses vieilles sympathies se réveillèrent. Il excita les soupçons de ses nouveaux amis, qui finirent par le jeter en prison. CMoy trempant, dit-il lui-même, dans une triste prison huit ans et plus, sans espérance d’en jamais sortir, où l’anti-christ romain m'avoit fait poser, à l’instance de son légat Corionalus (la peste de toute la Germanie), pour avoir empesché ses cruels desseins sur les églises de par ça!. » Huit ans! c'était plus de temps qu’il n’en fallait pour réfléchir. J. Haren réfléchit: et le résultat de ses réflexions fut (ce sont ses propres expressions) (que Satan, ennemy de son ame, avoit fait de luy un des plus sales apostats qui fut jamais?.» Il se décida donc à confesser publiquement sa faute: « Messieurs, au sortir de ma triste prison, où violentement j'ay esté détenu huict ans et plus pour avoir secouru vos Eglises, passant par ceste ville de Wesel pour me rendre à ma famille, j’ay pris la har-

1 J. Haren, La Repentance, édit. Louis Elzévier, Lettre aux fidèles chrétiens.

2 Ibid.

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diesse de vous saluer et faire entendre choses qui concernent l’honneur et la gloire de Dieu, l'édification de son Eglise et le salut de mon âmef.» Mais le passage capital de ce discours est la rétractation formelle et générale: «Pour fin, messieurs, je vous supplie vouloir prier Dieu pour moy, et si quelqu'un d’entre vous a quelques livres, qu'autrefois l’on a fait imprimer sous mon nom en divers langages, livres pleins de bourdes, mensonges et fausses suppositions, je requiers qu'ils soyent bruslez et mis en cendres?. »

Voilà donc confirmé ce que F. Dujon avait dit, ce que nous avons expliqué, ce que le premier pamphlet prouve lui-même, à savoir que ce pamphlet est beaucoup plus de la main des jésuites que de la main de J. Haren. Les jésuites Pont publié sous son nom, et fait imprimer en divers « langages. » Et ce qu’il contient, ce sont, dit Haren, des bourdes, des mensonges et des suppositions!

1 Jbid., p. 3.

2 Jbid., p. 21.

Mais continuons encore et achevons de préciser, car tout n’est pas fini. L’authenticité du retour de J. Haren au protestantisme, et par conséquent de sa rétractation, a été niée, et par un auteur qui n’est autre que l’évêque de Strasbourg, le Dr Andreas Räss, dans son Histoire des convertis.

L’évêque pense que J. Haren devint prêtre, le resta, et exerça son activité en Lorraine; quant au traité, que nous venons de citer, l’évêque ne l’a pas vu; il a bien lu qu'il était annoncé dans la Bibliotheca classica, publiée en 1625, par Georges Draudius, mais il pense que c’est un Faux!!

Mettons donc hors de toute contestation la repentance et la rétractation de Jean Haren. Il

1 Ce qui est curieux, c’est que l’évêque Räss, qui traduit le traité de J. Haren presque en entier, à propos de Calvin, se borne à citer ces lignes: « Calvin, der mit schändlichen Krank- -heiten behaftet war, ist in der Verzweiflung gestorben. » Ces mots sont précédés et suivis par des points : et la phrase, où J. Haren se prétend témoin oculaire, n’est pas traduite.

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