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à la librairie Hachette un dossier contenant la démonstration du Faux! reproduit par Faugère, et priant de le rectifier dans le courant de la publication. Le 29 mars 1895, il reçut communication de la lettre suivante, écrite par M. Brunetière, continuateur de Faugère.
QSi Calvin n’a pas écrit les lignes que lui attribue M. Faugère, dans la note qu’on incrimine, on n'en trouverait que trop aisément l'équivalent dans son œuvre. C'est ce qu’il nous faudrait montrer, si nous redressions l’erreur de M. Faugère, comment il a pu la commettre, et qu'en somme elle est sans réelle importance. Nous remplacerons la citation du De modo.
propagandi Calvinismum par une citation de la Réfutation des erreurs de Michel Servet, ubi docetur jure gladii coercendos esse haereticos, et je n’entends pas bien ce que personne | ÿ gagnera. 2» |
Ainsi M. Brunetière n’essayait pas de démontrer que le Faux n’était pas un Faux; il déclarait seulement que le Faux était, en l'espèce,
1 Bulletin du protestantisme, IV, p. 150; XLIIL, p. 090. 2 Bulletin du protestantisme, XLV, p. 7.
sans importance, et qu'on trouverait bien des déclarations où Calvin a justifié la condamnation des hérétiques! Et il demandait, avec une naïveté stupéfiante, ce qu’on ÿ gagnerait.
On y gagnerait.. de ne pas se servir d’un Faux comme d’une déclaration authentique!
On y gagnerait... de ne pas faire dire à Calvin, quand il ne l’a pas dit, qu'il approuve l’assassinat, le mensonge et la calomnie contre les jésuites. Et à la question, la seule en discussion: Calvin a-t-il permis de tuer un jésuite? au lieu de répondre: oui, on gagnerait de répondre : non. Voilà tout.
Permis à M. Brunetière de trouver que ce tout n’a pas d'importance. D’après les règles de notre morale et de notre logique à nous, ce tout est fort grave.
Heureusement que la conduite inqualifiable de M. Brunetière n’a pas eu le résultat attendu. Elle a amené une discussion, fort bien conduite par M. Sabatier, doyen de la Faculté de théologie protestante de Parisi, discussion à
1AÀ, Sabatier, « Calvin, Pascal, les Jésuites et M. F. Brune-
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laquelle le père jésuite Brucker s’est mêlé, et c’est lui —non un protestant, dans une Revue protestante, mais un jésuite, dans une Revue des R. P. jésuites — qui a reconnu, et d’une façon définitive, que le Faux était un Faux:
« En réalité, a-t-1l écrit, ces lignes sont empruntées à un livre du jésuite Martin Becanus (1561-1624), controversiste bien connu du commencement du dix-septième siècle, et celui-ci ne les attribuait textuellement ni à Calvin ni à aucun autre, mais les donnait seulement comme la traduction exacte [nous dirons plus exactement encore: jésuitique] des sentiments et de la tactique des calvinistes à l’égard des jésuites.» Et encore: «Becanus n’attribue aucunement ni ne @ feint » d'attribuer les lignes
dont il s’agit à Calvin?. »
tière » (Journal de Genève, 26 janvier 1896, et Revue chrétienne, 1er mars 1896, p. 161-166) et «Histoire d’une fausse citation. Réponse au Père Brucker de la compagnie de Jésus » : (Journal de Genève, 10 mai 1896, et Revue chrétienne, 4er juin 1896, p. 457-469.)
1 Brucker, Etudes religieuses, p. 684.
re Ibid., p. 686. C’est le P. Brucker qui souligne.
M. Brunetière nous a rendu un bon service.
Merci!.