COMEDIENS ET CORDELIERS
J'ai vu, un de ces jours derniers encore, dans un journal, je ne sais quelles difficultés de la part d'un curé, relativement à l'enterrement d'un comédien. Certes, aujourd'hui, les comédiens, s'ils n'ont pas gagné sous le rapport de l'art,
ont singulièrement progressé sous celui de la respectable liîé, comme disent les Anglais. Ils sont mariés, pères de famille, rentiers, etc. Il est bizarre de voir l'Église leur montrer une sévérité pareille, surtout si l'on consulte certains documents consignés dans des recueils anciens , où l'on voit qu'il y a des accommodements avec l'enfer, comme on prétend qu'il y en a avec le ciel.
Dans les commencements du Théâtre-Français , les comédiens donnaient chaque mois des secours à certaines communautés religieuses. Les capucins reçurent les premiers celte aumône ; les comédiens reçurent le placet suivant des cordeliers :
« Messieurs,
» Les Pères cordeliers vous supplient très-humblement » d'avoir la bonté de les mettre au nombre des pauvres re- » ligieux à qui vous faites la charité. L'honneur qu'ils ont » d'être vos voisins leur fait espérer que vous leur accor- » derez l'effet de leurs prières, qu'ils redoublent envers le » Seigneur, pour la prospérité de votre chère compagnie. » *