‹ Une politique coloniale; le salut par les coloniesChapitre 13 sur 27 · TRIBUS COMMERÇANTES · texte numérisé non relu

TRIBUS COMMERÇANTES

L’industrie marocaine est extrêmement familiale. Les femmes tissent la laine pour confectionner les vêtements. Même dans les gros villages, il y a peu d’artisans. C’est dans les villes seulement qu’il existe quelque industrie.

De temps en temps, les habitants les plus aisés des tribus se rendent individuellement ou en caravanes dans les villes pour y échanger leurs produits contre des marchandises d’Europe. L’opération faite, ils reviennent chez eux travailler à de nouvelles révoltes et se défaire en détail de leur pacotille étrangère.

Mais presque, tout le commerce des tribus se fait sur les marchés, et il n’existe pas à proprement parler de tribus exclusivement commerçantes.

Les tribus de la montagne viennent dans les centres d’échange de la plaine s’approvisionner de produits européens et d’objets fabriqués dans les villes marocaines : cotonnades, sucre, thé, parfumerie, bijouterie, grains et huiles. En échange, elles apportent des peaux, des laines et des dattes. C’est ainsi que Mogador et Marrakech alimentent tout le bassin du Sous.

POLITIQUE MAROCAINE

L’intérêt est un des facteurs puissants de notre action politique. On le développe puissamment en créant des marchés nouveaux qui sont de véritables pôles d’attraction, en donnant la plus large satisfaction aux populations par le ravitaillement sur place et le développement commercial qui en découle, en favorisant les intérêts économiques tout en protégeant l’indigène contre les abus de la spéculation, en multipliant les voies de communications, en organisant les oeuvres d’assistance médicale.

On conçoit qu’on puisse être appelé à un moment donné à interdire certains marchés à une tribu rebelle et à l’encercler économiquement. Il faut, dans certaines circonstances, pouvoir ne laisser venir chez nous que ceux qui ont fait acte de soumission. A ce régime, les éléments qui ne peuvent vivre exclusivement dans la montagne viendront à nous, et par eux, nous éduquerons peu à peu les autres.

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