‹ Une politique coloniale; le salut par les coloniesChapitre 8 sur 27 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

LES COLOÎVIES PENDANT LA GUERRE

COMMENT a ONT TENU » NOS COLONIES

Nous avons tous, dès maintenant, la notion précise des difficultés économiques qui surgiront pour le Pays au lendemain des hostilités. Immense labeur^ et dure tâche où nous devrons tous apporter notre volonté de vaincre. Ce n’est pas en vain que, milliards par milliards, s’épuise notre proverbiale richesse nationale. La reconstituer sera une œuvre de longue haleine. Semblable au riche propriétaire qui aurait dépensé sans compter, la France devra, sous peine de courir à des catastrophes financières, restreindre son train de vie et utiliser dans la plus large limite sa terre et les produits de sa terre.

Lücien Hübeht 7

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Nous devons donc vivre le plus possible sur notre domaine, et pour ceux qui en craignent l’étroitesse, rappelons-leur encore une fois que ce domaine de la France est spacieux, qu’il comprend des terres africaines, indo-chinoises, qu’arrondissent encore des territoires situés dans l’Océan Indien, en Amérique et jusqu’aux confins du monde dans les immensités du Pacifique. Il y a une France africaine et une France extrême -orientale, une France américaine et une France australe. Il apparaît donc que nous pouvons subsister sur nos « terres » tout au moins dans une proportion insoupçonnée jusqu’alors.

Avant la guerre, l’utilité des colonies était de jour en jour mieux reconnue. On ne voyait plus dans le fait de posséder des territoires d’outre-mer le simple « train d’une maison qui se respecte » et l’on s’était rendu compte, que si le feu prenait un jour ou l’autre aux « écuries » selon le mot de Berryer, le bâtiment principal serait également atteint. Le sentiment plus net de la patrie en danger qui avait pris corps durant ces dernières années n’était-il pas né des attaques de l’Allemagne contre notre empire d’outre-mer ? Agadir, Algésiras, le Congo avaient fait comprendre à tous que la France coloniale, comme la France métropolitaine était une et indivisible.

Avant l’épreuve que nous traversons on pouvait se livrer à des discussions académiques sur la

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question de savoir à quoi servent les colonies.

J’ai cité plus haut ce ministre de l’ancien régime affirmant que la « destination » des Colonies est de « consommer le trop-plein des produits du royaume ». C’était l’idée des physiocrates, c’était, hier encore, l'idée de nos protectionnistes, les dépenses faites pour l’expansion coloniale ne se justifient que si nous nous réservons le monopole commercial des pays soumis, formule moderne de l’ancienne règle du monopole du pavillon.

D’autres pensaient que nos possessions devaient fournir les matières premières que la métropole transforme en objets fabriqués. C’était là une simpliste division du travail qu’il ne faudrait pas exagérer. La grande utilité des colonies, disions-nous avant la guerre, c’est d’être une occasion d’activité permanente pour le pays. La richesse d’une nation, c’est l’outillage, les relations commerciales, l’habileté financière. Avant les heures actuelles on pouvait dire que la colonisation activait le tirage de la vie sociale ; après la guerre la colonisation sera un des principaux facteurs de la renaissance économique de la France épuisée. Telle est la brutale réalité des faits.

Obligé de vivre sur ses propres ressources notre pays ne pourrait se relever assez vite. Aidée, secondée par les multiples richesses de ses terres lointaines, la France pourra, en ne faisant appel à

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l’étranger que dans le minimum de cas possibles, reprendre plus facilement la lutte économique. Si les bras lui manquent, la main-d’œuvre coloniale viendra suppléer à cette crise. Puisque l’or ne doit pas sortir inutilement du pays, pourquoi aller acheter à l’extérieur le fer, le cuivre, les phosphates, la houille, le nickel que nous pouvons trouver chez nous ? Pourquoi acheter autant de blé américain, alors que nous pouvons augmenter la production du blé nord-africain ? Nous avons des centaines et des centaines de demeures détruites dans nos régions envahies, prenons les bois du Congo, de Madagascar, de la Guyane et laissons de côté ceux des pays étrangers. Ce n’est pas sans émotion que je verrais pour ma part consolider, par un tronc d’okoumé de l’Afrique Equatoriale, la charpente d’une de nos vieilles demeures ardennaises faite en chênes de l’Argonne. Peut-être lorsque tout sera clos dans la maison reconstruite, le vieil arbre de l’Argonne dirat-il tout bas à celui de l’Afrique lointaine comment à ses pieds se sont battus les tirailleurs noirs de son pays, tandis que celui d’outre-mer racontera comment est tombé dans la grande forêt l’enfant de nos villages qui se battait au Cameroun. Indissoluble a été le lien entre la France et ses colonies pendant la lutte, inséparable doit être après la guerre l’effort économique de la Métropole et celui de ses posses-

sions.

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Une intime union'/ d’intérêts et de sentiments rattache désormais les uns aux autres tous les participants de la famille française élargie. Nos sujets noirs nous vendront leurs produits et achèteront ceux de nos fabriques. Bien plus l’appauvrissement de la Métropole l’obligera à ménager ses ressources et à se créer des débouchés nouveaux les moins onéreux possible, c’est-à-dire non grevés de droits fiscaux trop élevés. Ces débouchés ce seront les colonies.

D’ailleurs tout va concourir à leur utilisation. La guerre l’aura singulièrement facilitée. Tous ces noirs et ces jaunes que la lutte a mêlés à notre vie militaire ou ouvrière vont rentrer chez eux singulièrement transformés. C’est toute une main-d’œuvre éduquée qui se prépare chez nous, c’est toute une clientèle aussi que nous allons renvoyer là-bas, avec des goûts nouveaux et dés besoins multiples à satisfaire. Le manque de main-d’œuvre a longtemps arrêté dans certaines régions notre esprit d’entreprise. La guerre aura préparé cette main-d’œuvre. Bien mieux, elle aura en même temps créé une clientèle locale. Il restera à profiter de situations aussi favorables.

Le rôle des colonies est donc singulièrement important pour l’après-guerre. Les pouvoirs publics en ont-ils compris toute la portée? Nous l’espérons.

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Depuis les vingt-neuf mois que la guerre dure, nos colonies n’ont guère connu les horreurs du combat : quelques obus tombèrent dès le 4 août 1914, surBône et sur Philippeville, lancés par le Bresiau et le Gœben dans leur fuite vers la Corne d’Or ; un mois après, le 22 septembre, les canons du Gneisenau et du Sharnhorst ont détruit plusieurs centaines de paillotes indigènes de la ville de Papeete et coulé la canonnière La Zélée, réfugiée dans notre rade tahitienne. Quelques jours plus tard un autre cjoiseur allemand, le Nurnberg, s’arrêta dans la baie du Contrôleur, en Océanie française, et son équipage s’empara — la force armée représentée par trois gendarmes s’étant retirée dans le cœur de l’île — de la... caisse de la gendarmerie.

Si les frontières de nos colonies n’ont pas été violées par les armées ennemies, nos possessions d’outre-mer n’en ont pas moins pris une part considérable à la Défense nationale. L’effort colonial s’est manifesté dans tous les domaines ; on sait le nombre et la valeur des contingents militaires qui sont venus de nos possessions d’outre-mer combattre sur les champs de bataille européens ; aux bataillons recrutés là-bas il faut ajouter la pacifique armée des

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travailleurs coloniaux dont l’effectif dépasse à ce jour 60.000 ouvriers et manœuvres qui travaillent dans les usines de guerre. On sait également que, sans cesse, voguent sur les océans les vapeurs français et alliés qui vont décharger dans nos ports de multiples et indispensables denrées coloniales, sucre, café, alcools, arachides, peaux, blé, vins, riz, viandes frigorifiées.

Les Colonies ont répondu sans compter à l’appel de la Métropole. Les ténébreuses manœuvres que nos ennemis avaient espéré pouvoir poursuivre dans nos possessions d’outre-mer pour susciter des révoltes n’ont donné aucun résultat. C’est aux heures du danger, dit-on. que se révèlent la noblesse des caractères, la solidité des institutions et tes forces jusque-là insoupçonnées. La guerre actuelle aura fait connaître à la France entière combien ont été fructueux les pénibles et longs efforts de tous ceux qui, disciples de Jules Ferry, ont lutté pour la création de la Plus Grande France, certains qu’au jour de l’agression la loyauté et les ressources de nos possessions nous aideraient à refouler l’ennemi au delà de la « lig'ne bleue des Vosges ».

On peut se demander si le fait pour nos terres lointaines de prodiguer leurs ressources de toute nature n’a pas déterminé comme une rupture de leur équilibre économique. Une étude rapide de la situation financière des budgets coloniaux permet de

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constater que les colonies ont pu « tenir » , bien plus un certain nombre d’entre elles ont vu réapparaître une prospérité oubliée depuis de longues années. S’il est vrai que les finances publiques sont le miroir de la situation économique d’un pays, l’examen des budgets coloniaux pendant les deux premières années de la guerre permet une vue d’ensemble sur les répercussions économiques que les événements actuels ont déterminées dans nos « Nouvelles Frances ».

D’une manière générale, le brusque passage de l’état de paix à l’état de guerre, la mobilisation et l’absence de relations régulières avec l’Europe y ont suscité de sérieuses difficultés économiques. Il y eut une crise, heureusement passagère et qui ne fut, pour ainsi dire, que superficielle, L’armature résista. Bientôt, grâce au labeur de ceux qui sont restés làbas, une activité nouvelle a pris corps et il apparaît, dès maintenant, que les colonies sortiront grandies de l’épreuve. Ce sont là des phénomènes généraux, bienque d’une manière plus précise, l’évolution économique là-bas ne se soit pas reproduite partout d’une façon identique. Pour le point de vue qui nous intéresse, on peut diviser les colonies en trois groupes assez distincts.

Dans le premier, il y a lieu de ranger celles pour lesquelles les répercussions de la guerre ont revêtu un caractère particulièrement grave et qui, plus atteintes par le mal que les autres, sont encore con-

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valescentes ; pour elles, il est bien des précautions nécessaires à prendre et il laut soutenir pendant quelque temps leurs pas chancelants.

Le deuxième groupe est constitué par celles qui se sont trouvées subitement aux prises avec des difficultés inattendues, celles-là ont eu peine au début à faire face à cette situation, mais elles n’ont pas tardé à reprendre pied et actuellement elles poursuivent, retrempées plus solidement que jamais, leur marche ascendante dont à juste titre elles s’enorgueillissaient avant la guerre.

Le dernier et troisième groupe forme ce que nous pourrions dénommer, sans intention malveillante, le groupe des « nouveaux riches », représenté parles colonies dont les productions ont trouvé sur notre marché un débouché aussi inattendu qu’important, nous voulons parler des vieilles « isles » de notre ancien domaine d’oulre-mer, si prospères autrefois par l’industrie sucrière et que l’industrie européenne de la betterave avait pour ainsi dire tué. Cette industrie vient de refleurir revêtant les vieux rameaux de notre arbre colonial d’une floraison nouvelle aux fleurs d’autant plus belles qu’elles sont, nous le craignons, destinées à se faner rapidement et ainsi viennent de se redorer de vieux blasons que les ans avaient quelque peu ternis.

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Saint-Pierre et Mianelon

Perdue dans les brumes de l’Océan, Saint-Pierre et Miquelon souffrait depuis de longues années de la décadence de notre marine marchande et de la diminution progressive de l’armement français pour « Terre-^îeuve ». La vie économique de l’île gravitant tout entière autour de l’industrie de la pêche de la morue s’anémiait à mesure que se faisait plus rare l’envolée vers ses rives des voiles des goélettes cancalaises, malouines et normandes. Les ressources financières de notre colonie de Saint-Pierre et Miquelon diminuaient d’exercices en exercices. Les résultats de l’exercice 1913 accusaient un déficit budgétaire de 3.891 Ir. 99 et cependant il avait fallu opérer un prélèvement de 40.000 francs sur la caisse de réserve. Le déficit de l’exercice 1914 a étéplusélevé que le précédent et atteignait 19.Î251 francs.

En 1915, les effets de la mobilisation se firent plus rudement sentir encore qu’ ailleurs, les inscrits maritimes, c’est-à-dire la presque totalité delà population mâle, abandonnèrent la pêche pour rallier leurs postes de mobilisation et le rendement des impôts diminuait encore. Le déficit budgétaire se

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montait à 24.690 francs. Il fut nécessaire de faire appel aux finances métropolitaines pour le solder. L’Etat est, en outre, venu en aide au Budget de la Commune de Saint-Pierre pour 30.000 francs. Les mômes considérations qui ont influé d’une manière défavorable sur la situation économique de Saint- Pierre et Miquelon en 1915 n’ont pas varié en 1916. Malgré une compression de dépenses de 44. 1 7 3 francs le budget de 1916 prévoit aux recettes une subvention métropolitaine de 101.000 francs, pour combler le déficit probable. Il n’est pas douteux quede toutes nos colonies, Saint-Pierre et Miquelon est de beaucoup celle qui a le plus souffert de la guerre ; la cause principale de cet état de choses est l’appel sous les drapeaux des marins tant métropolitains que Saint-Pierriens qui formaientles équipages de la flottille de la « Grande Pêche », ainsi que l’apparition de plusen plus rare dupavillon français sur les bancs de Miquelon.

La Guyane.

Située hors des voies habituelles du trafic maritime, notre colonie américaine de la Guyane a ressenti fortement les conséquences de la guerre, sa situation économique, commerciale et industriellea été

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atteinte dans des proportions notables, en raison du manque de moyens de transport. Les matières premières ne font pas défaut, mais elles restent à quai. Les événements actuels devront ouvrir les yeux les plus obstinément fermés sur l’impérieuse nécessité de faire un effort considérable pour notre marine marchande, la reprise de la vie économique dans nos colonies est en « fonction directe » du développementde notre marine. L’état de marasme dans lequel se trouve le commerce guyanais a influé sur la situation budgétaire. Les finances de la Guyane avant la guerre sans être très prospères n’étaient pas mauvaises ; les budgets s’équilibraient et la Caisse de réserve bénéficiait de légers excédents de recettes. L’exercice 1912 s’était clôturé avec un excédent de recettes de 53.185 fr. 64, celui de 1913 avec un excédent de 99 fr. 18. Le déficit apparaît dès 1914 ; en 1915, il atteint 180.308 francs. Un emprunt effectué par la Colonie auprès de la Banque de la Guyanepermet de combler ce déBcit. Le budget en cours est, d’après les derniers renseignements, établi avec la plus grande prudence, il se monte à 3 .485.000 francs, alors que celui de 1915 avait été arrêté à 3 millions 782.133 francs, ce qui représente une diminution de 297.123 francs. La caisse de réserve accuse un avoir de 636.753 francs.

Il ne paraît pas que la prolongation de la guerre aggrave beaucoup la situation économique de Ja

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Guyane, mais, ce qui est certain c’est que la guerre aura, dès la libération de nos départements envahis, une influence heureuse sur le commerce d’exportation guyanais. Le marché français aura, pour ainsi dire presque subitement d’importants besoins de bois pour la reconstitution des villes et des villages détruits. Ces bois, les forêts de la Guyane sont à même de les fournir et il est hors de doute que oute la situation économique de la colonie dont il s’agit n’en sera pas profondément modifiée. Si donc notre possession américaine traverse une crise, celle-ci n’est que passagère, bien plus, si étrange que cela puisse paraître, la guerre pourra devenir pour elle une source de profits imprévus.

La Nouvelle-Calédouie.

La guerre devait affecter durement notre colonie de la Nouvelle-Calédonie par suite de l’absence de transports réguliers et par l’appel sous les drapeaux des Européens installés là-bas et le ralentissement de l’activité de plusieurs entreprises minières et des usines métallurgiques.

Après lesdéboires et les vicissitudes que l’on sait, la Nouvelfe-Calédonie venait d’entrer dans une ère de prospérité, en 1913 les exportations avaient

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atteint la somme de 15.838.405 francs alors qu’en 1910 elles ne s’étaient élevées qu’à9.732.047 francs. Un pareil état de choses permit de solder l’exercice 1913 par un excédent de recettes de 149.069 francs. La guerre a profondément troublé la situation économique de la colonie et, par suite, sa prospérité financière. 11 fut nécessaire de pratiquer une politique budgétaire prudente, aussi le budget de l’exercice 1915 fut-il arrêté à 4.337.000 francs pour les recettes ordinaires ; les circonstances nécessitaient cette sensible réduction de 339.573 francs sur le chiffre de 1914 et il était prévu 591.976 francs aux recettes et aux dépenses extraordinaires.

Afin d’assurer l’équilibre du budget de 1915, un décret du 7 juin 1915 autorisa la Nouvelle-Calédonie à recourir à un emprunt de 750.000 francs, réalisé au moyen d’une émission surplace des bons du Trésor local. Cette émission a laissé un disponible de

300.000 francs qui a servi à équilibrer le budget de 1916, arrêté lui-même au total de 4.437.820 francs.

Pour l’exercice 1917 on escompte un déficit de

560.000 francs, déficit que l’on espère combler en partie par les revenus tirés du monopole des tabacs, institué par un décret du 22 octobre 1916.

Depuis ces derniers mois les entreprises minières ont repris quelque activité, ainsi que les usines métallurgiques grâce à l’apport d’une main-d’œuvre hélas! trop rare encore ; des efforts ont été faits pour

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envoyer à Nouméa des vapeurs déchargé et il apparaît déjà que la colonie voit s’améliorer sa situation financière.

Côte des Somalis.

Port de transit plutôt que colonie d’exploitation, notre possession de la Côte Française des Somalis a subi un arrêt brusque de ses importations, presque toutes destinées à son hinterland, l’Abyssinie, et parmi celles-ci celles des armes et des munitions. Les exportations ont été, également, arrêtées dans une forte mesure. En 1912, le commerce général de la Côte des Somalis s’élevait à 77.363.000 francs, en 1914 il était descendu à 72.335.000 francs et en 1915 à 65.102.000 francs. Une des causes de la réduction des chiffres du mouvement du commerce général est la brusque disparition sur la place de Djibouti des transactions austro-allemandes qui représentaient en 1913 plus de 7 millions et demi. Une telle situation devait fatalement réagir sur le budget de la Côte des Somalis presqu’entièrement basé sur les droits de douane. Aussi n’est-il pas surprenant que l’équilibre budgétaire n’ait été, en 1915, obtenu quepar unprélèvement de 250.000 francs sur la caisse de réserve qui présentait à cette époque un avoir de 2.655.507 francs. L’exercice 1916 comporte

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un prélèvement de 200.000 francs sur la caisse de ré» serve. D’aprèsles renseignements que j’ai pu recueillir à ce sujet, au 30 juin 1916, aucun prélèvement n’avait encore été opéré au titre de l’exercice 1916 et la situation du second semestre se présentait sous un jour favorable.

La Côte des Somalis a donc souffert dans une certaine mesure de la guerre, mais cette colonie n’ignore pas que la guerre est pour elle unè période d’attente, une veillée des armes et, qu’après les hostilités, le trafic de notre port de la mer Rouge reprendra plus intense que jamais. N est-ce point en pleine guerre, en mai 1915, que le chemin de fer franco-éthiopien a atteint Addis-Ababa !

L’Inde française.

Vivant pour ainsi dire comme repliés sur euxmêmes, nos Etablissements dans l’Inde n’ont pas été gravement affectés par les événements. Par toute une série de prévoyantes mesures on est parvenu à étayer le budget d’une façon à peu près satisfaisante. Il résulte des renseignements recueillis à ce sujet rue Oudinot qu’au 30 juin 1916, l’excédent des recettes sur les dépenses pour l’exercice 1915 éta.t de 141.133 roupies, dû à la compression constante et

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au contrôle incessant apportés dans les engagements de dépenses et à une recette extraordinaire et acci dentelle de 104.250 francs représentant la conversion en francs de l’encaisse métallique du Trésor par suite de l’élévation du taux de la roupie. La situation financière se maintient, sinon franchement favorable, du moins aussi normale que le permettent les difficultés présentes, ainsi qu’en témoigne le tableau suivant :

Excédent des

Exercices

Recettes sur les

Caisse de

résorve

Dépenses

(en roupies)

1913 (31 mai 1914)..

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