‹ Une politique coloniale; le salut par les coloniesChapitre 9 sur 27 · II · texte numérisé non relu

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30 juin 1916..

Etablissements de l’Océanie.

Les Etablissements français de TOcéanie ont été à l’honneur. Papeete a été bombardée. La venue des croiseurs allemands en Océanie, les ruines causées par le bombardement, l’éloignement de nos Etablissements océaniens et la quasi absence de trafic maritime pendantde longs mois ont suscité une crise éco- Lucien Hubert 8

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nomique fgrave dans cette colonie. La crise ne fut que passagère grâce à une administration prudente et à une renaissance de l’activité économique de la colonie qui a concordé avec le relèvement du prix du coprah. Aussi l’exercice 1915 s’est clôturé dans d’excellentes conditions, il a même permis de faire face à des dépenses extraordinaires s’élevant à plus de 2U0.000 francs pour la construction d’un grand poste de radio-télégraphie.

A la veille de la guerre nos Etablissements de rOcéanie commençaient réellement à « rendre ». L’exportation du coprah, celle toute récente des phosphates étaient des éléments de richesse chaque année plus importants. L’exercice 1913 avait été le plus fructueux pour les finances de la colonie. L’excédent des recettes sur les dépenses versé au fonds de réserve s’est élevé à 691.275 francs. L’exercice 1914 avait déjà ressenti les atteintes de la guerre et malgré cela s’était clôturé par un excédent de recettes de 28.496 francs.

Le budget de 1915 a été arrêté en recettes et dépenses à 2 millions 581.588 francs. Au 31 décembre 1915, les recettes s’élevaient à 3.480.505 fr. et les dépenses à 2.943.261 francs. En 1916, le budget a été arrêté en recettes et dépenses à la somme de 2.490.850 francs ; au 1“ juillet 1916 les recettes s’élevaient à 1.150.609 francs et les dépenses à 813.762. La crise qui a atteint la colonie parait donc

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être conjurée et lentement notre possession se remet de la secousse, se préparant à prendre un essor nouveau au jour de la victoire.

On sait que le principe qui a dominé la création de l’armature financière de nos grands gouvernements généraux a été de constituer les ressources de leurs^budgets grâce surtout aux revenus tirés des droits d’entrée et de sortie. C’est là une excellente politique financière de temps de paix, aussi nombreux étaient ceux qui craignaient qu’en cas de guerre, par suite de la séparation plus ou moins totale qui aurait lieu entre la mère-patrie et les colonies, de tels budgets, basés presqu’exclusivement sur ces recettes douanières ne s’effondrassent. Les événements présents viennent de démontrer que si dans une certaine mesure, les finances de nos grands gouvernements généraux de l’Indo-Chine, de l’Afrique Occidentale et de l’Afrique Equatoriale ont été affectées au début des hostilités, l’extrême vigueur de la vie économique de ces mondes qui venaient des’éveiller sous notre impulsion, jointe à la liberté des mers, née de notre alliance avec

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l’Angleterre, a rapidement permis de surmonter les difficultés.

Afrique Equatoriale.

Les finances du gouvernement de l’Afrique Equatoriale ont été parmi celles de nos gouvernements

généraux les plus atteintes. Ceci s’explique fort facilement : les principaux produits d’exportation, les bois des forêts gabonaises, ne sortent plus qu’en petites quantités parce que leur débouché, le port de Hambourg, ne peut plus, et pour cause, les recevoir et que, par une négligence coupable, nous n’avons fait encore aucun sérieux effort pour effectuer au profit de Marseille, de Bordeaux ou du Havre cetto « reprise économique ».On ne saurait trop répéter que, sur une exportation globale de 150.688 tonne s représentant une valeur de plus de 8 millions de francs en 1913, l’Allemagne entrait à elle seule pour 67.167 tonnes représentant une valeur de plus de 3 millions, c’est-à-dire 45 0/0 environ de l’exportation totale. Or, l’exploitation forestière est le seul commerce important de l’Afrique Equatoriale. A cette diminution notable des exportations des bois doivent s’ajouter diverses causes qui ont influé défa-

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vorablement sur la situation économique de l’Afrique Equatoriale; irrégularité et diminution du nombre des bâtiments séjournant dans les ports, difficultés nées des obligations militaires qui ont atteint le personnel des factoreries. Les finances de l’Afrique Equatoriale se sont donc trouvées d’autant plus obérées par suite des répercussions de la guerre sur le mouvement commercial qu’elles étaient en relations étroites avec ledit mouvement. A la clôture de l’exercice 1913, le budget général qui se montait à 6.400.000 francs se soldait par un excédent de 746.378 francs et la caisse de réserve atteignait une encaisse de 2.777.826 francs. L’exercice 1914 marque, non un effondrement dans les recette^?, mais néanmoins un déficit de 1.184.179 francs, comblé grâce aux ressources de la caisse de réserve. La situation financière actuelle de l’Afrique Equatoriale française peut être représentée par le tableau cicontre :

Désignation des Budgets

Montant des crédits budgétaires en francs

Résultats Montant

de l’exercice des Caisses de Différence réserve

entre les recf'ttes à la clôture de et les dépenses l’exercice

Budget général 4.G70 000

Gabon 1 875.000

Moyen-Congo 1.800 000

Oubangui-Ghari Tchad. . 3 589.000

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ÂfriQue Occidentale.

Le budget général de l’Afrique occidentale devait également pâtir du ralentissement du mouvement commercial de la colonie durant les premiers mois delà guerre.Arrêté avant les hostilités à 23. 495. 058 fr. le budgetgénéral de l’A.O.F. s’est brutalementtrouvé en face d'un déficit de recettes de 7.603.652, qu’il a fallu combler au moj^en de prêts consentis par les Caisses de réserve des budgets de !’A. O. F. s’élevant à 6.020 000 francs et d’un prélèvement sur les caisses de réserve du budget général de l’A. O. F. de 1.583.652 francs. Les recettes et dépenses de l'exercice 1915 se sont élevées à 65.453.160 francs dont 22.673.016 francs pour le budget général. Les recettes et dépenses de l’exercice 1916 atteindront, d’après les derniers renseignements, à la clôture de l’exercice, si on en juge par l’excédent de recettes constaté au 30 septembre 1916 qui s'élève à 3.737.346 francs, le chitlre de 67.760.081 francs, soit une augmentation probable de 4.900.000 francs.

L’examen comparatif des budgets de l’Afrique Occidentale de l’exercice 1915 et les prévisions budgétaires de 1916 permet de constater que la situation financière des Colonies de l’Afrique Occidentale

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s’est grandement améliorée depuis le début des hostilités. Pour seconder les louables efforts du Gouvernement générai de l’Afrique Occidentale, le Parlement avait, en 1916, consenti une ouverture de crédit de 15.500.000 francs sur le Trésor Public sous forme d’avances remboursables.

Indo- Chine.

La Métropole a fait largement appel aux ressources indo-chinoises et surtout à la principale d’entre elles, le riz, pour le ravitaillement de sa population civile et pour celui de l’armée. Aussi la situation économique de l’Indo-Chine depuis 1914 est demeurée parfaitement saine. Si, depuis la guerre, les importations dans notre grande possession d’Ex- ^’ôme-Orient ont diminué,' les exportations ont à peine bais^sé, le riz n’a accusé, par exemple, à l’exportation qu’une diminution de quelques milliers de tonnes en 1915 par rapport à 1914. La situation financière a été et est actuellement le reflet exact de cette excellente situation économique.

Les budgets de 1914 se sont exécutés dans des conditions pleinement satisfaisantes, les recettes du budget général se sont élevées à 43.083.646, /jfas-

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ires (1) dépassant de 8.298.546 p. les prévisions budgétaires et de 2.494 109 p. les recettes correspondantes de l’exercice 1913.

Les recettes de l’ensemble des budgets locaux ont été de 27.714.542 p. dépassant de 2.120 359 p. les prévisions budgétaires et de 2.268.086 p. les recettes correspondantes de l’exercice 1913. De cet état dechoses i! est résulté des excédents de recettes considérables, 9.875.000 p. pour le budget général et 2.666.000 p. pour les budgets locaux. Ces excédents versés aux caisses de réserve ont porté celles-ci aux chiffres suivants ;

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