SCÈNE IX
Les mêmes, ËLISA (1).
ÉLiSA, rentrant. Ah! mon Dieu!
CORIOLAN. Parleras-tu?
ÉLISA. Ne parlez pas, pore Gibbon,
LE PÈRE GIBBON. Ah 1 bah!
CORIOLAN. Hein!
ÉLISA. Qu'est-ce que cela signifie, Monsieur! vous me fatiguez, à la fin, vous m'figacez!.... de quel droit venez-vous chez moi, comme un énergumène, pour crier, pour faire des scènes à tout le monde ?
CORIOLAN, Mais voici la malle de madame Ro-» bichon (2).
ÉLisv, Eh bien, oui, la malle de ma tanle
port'jz-!a ici, chez moi, père Gibbon!
LE PÈRE GIBBON. Mais il fiic tient.
CORIOLAN, le lâchant. Vous avouez donc !
(Le père Gibbon lâché, va tomber sur la porte de (jauche, et disparaît dans ta chambre.)
LE PÈRE GIBBON, Ah ! bou !.,. 00 !... (On entend tomber la malle.)
CORIOLAN. 0 ciel!
ÉLISA. Oh !.., il ne s'est pas fait de ma! (3;!
CORIOLAN. Vous avoucz que c'est bien votre tanle, madame Robichon?
ÉLISA. Je n'ai jamais dit le contraire !
CORIOLAN. Comment! vous ne in'avicz pas dit que VOUS no connaissiez pas..,
ÉLisA. Madame Gaudichon,madameBobichon,..
mais, madame Robichon, c'est différent!
coiuoLAN. En voilà de l'aplomb !.. quelle commère: mais enfin, Gaudichon, Robichon, n'importe ! elle vient chez Bernerei.
ÉLISA. Chez madame Berneret. puis'jue je suis veuve. (Le père Gibbon sort doucement de la chambre.)
CORIOLAN (4). Ah! vous êtes... ah! (.4 part.) Parbleu! nous allons voir, j'en au: ai le cœur net.
LE PÈRE GIBBON, bas, à ÉHsa. N'ayez pas peur... il veille sur vous!.. {Il remonte.)
ÉLISA. Ainsi, Monsieur, vous allez sortir.,., ou je fais appeler la garde,,, pour vous fourrer au violon.
CORIOLAN. Ah! non !
ÉLISA. Ah! si! {Au portier qui sortait.) Vère Gibbon, allez chercher la garde ! [Bas, à Gibbon.) N'y allez pas! (Haut.) pour mettre cet homme à la porte de chez moi, comme un intrus. (Elle monte à lui.)
LE PÈRE GIBBON. Ah ! oui ! ah! oui!
ÉLISA, bas. N'en faites rien!
UNE POULE MOLILLÉE,
coRiOLAN, allant à lui. S'il avait ce malheur-là!. . . LE PÈRt: GIBBON, Se sauvont. Ne louchez pas... ne touchez pas!... (// sort par le fond.)
ÉLisA. Ainsi, Monsieur, sortez.... si vous ne voulez pas qu'on vous mette dedans (1).
CORIOLAN. Mais j'y suis dedans !.. mais j'y reste dedans!., et si la garde vient...
ÉLISA. Qu'aurez-vous à lui dire?
CORIOLAN. J'aurai à lui dire... que vous êtes veuve.... que je suis aimable, et qu'il y a vingtquatre heures que je suis ici chez une femme charmante que j'aime, que j'adore... avec laquelle je suis un peu en délicatesse... mais que je veux épouser.
ÉLISA. Plalt-il?
CORIOLAN. En secondes noces!., voilà! {S'asseyant.) Ah!
ÉLiSA. Vous!.,, on ne vous croira pas ! CORIOLAN. Alors, pour preuve, je montrerai mes bottes.... mes bottes que voici.
ÉLiSA. Ciel !
CORIOLAN. Elles ne sont pas à votre mari, puisqu'il est mort !
ÉLISA. Mais ce que vous supposez là.... CORIOLAN. Est assez fin pour un confiseur !.. ÉLiSA. Mais ces bottes.... ces bottes.... appartiennent...
CORIOLAN. A un vivant... à moins que le défunt ne soit revenu cette nuit ou ce malin pour en changer! hein! qu'est-ce que vous en dites?.... Je suis riche, le coiignac va irès-bicn.. vous êles jolie, je ne suis pas mal... et à moins que le défunt ne ressuscite!..
ÉLISA. Mais c'est une plaisanterie...
CORIOLAN. Non, le diable m'emporte!.... et la preuve, c'est que je vous regarde dès à présent comme ma future... comme ma fiancée... comme ma femme... et je vous embrasse. (// lui prend la taille.) ÉLISA. N'approchez pas, ou je vous égralignc. CORIOLAN. Bah! un mari...
ÉLISA. Je vais crier.
CORIOLAN. Ah! ouichc!
ÉLISA. Si VOUS me louchez!
CORIOLAN. L'autre n'est plus là. (Il va puur icmbrasscr.) ÉLiSA, luidonnajil un soufflet. Fichtre 1 (2;. CORIOLAN. Ah ! un second!
ÉLiSA. C'est parti malgré moi!
CORIOLAN. Mille diablotins !.. mais je vous tiens,
et
ÉLISA. Au secours!