‹ Une première par jour, causeries sur le théatreChapitre 22 sur 35 · U2 UNE PREMIÈRE PAR JOUR · texte numérisé non relu

U2 UNE PREMIÈRE PAR JOUR

187C; de Lazare le pâtre aux Nations, en 1882, et do celle qui nous occupe, à T Ambigu, en 188G, n'ont réalisé que d'assez pileuses recettes.

Le moment est proche, sans doute, où ces nobles représenlunls du mélodrame romantique rejoindront dans les limbes de l'oubli leurs ancêtres, Tékéli, le Pèlenn blanc et l'Homme à trois visayes, en attendant que les héros plus réalistes des drames contemporains aillent les y retrouver à leur tour.

Et ce sera justice.

3 octobre 1864. — Académie impériale do musique : HO- LAiND A HONCEVAUX, opéra en quatre actes, paroles etmusi(|iie de Mermet.

La récente reprise de Roland à Roncevaux^ au théâtre du Ghâleau-d'Eau, a ramené l'attention dj la presse et du public sur cet opéra trop vanté à son apparition, trop décrié depuis, etdontlesuccôs,souslcsecondEmpire, tint à un ensemble de circonstances quelque'peu analogues à celles qui, sous le premier, avaient assuré la brillante réussite du Triomphe de Trajan.

Le poème était bien découpé pour la scène, et inspiré par les aventures légendaires d'un héros essentiellement populaire et sympathique. Rappelons en passant que sous le titre de Roland à Roncevaux, Rouget de Lislo a écrit un chœur guerrier dont le refrain

Mourons [)Our la patrie, C*cst le sort le plus beau, le plus digue d*envic

a été reproduit dans le fameux hymne des Girondins du Checalier de Maison-Rouge,

La partition, sans intérêt comme faclure, témoignait d'une certaine noblesse d'accent, d'une inspiration facile,

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martiale, vigoureuse, et le compositeur avait su, en l'écrivant, résoudre le problème de faire vibrer presque constamment la corde guerrière et patriotique, sans trop verser cependant dans la banalité.

11 faut joindre à ces éléments de succès un autre facteur non moins important, la surprise causée par l'attrait incontestable d'un ouvrage qui, enfoui depuis quinze ans dans les archives de l'Académie de musique, n'en était sorti que par miracle, et sur la réussite duquel personne ne comptait, ni le directeur, ni les interprtles, ni les éditeurs, ni l'auteur peut-être Ini-raGme, découragé par celte longue attente. Dès 1837, M. Mermet présentait inutilement aux directeurs des théâtres lyriques de Paris un opéra en deux actes laBanniére du Roi qui ne devait jamais sortirdeson portefeuille. On comprendra ainsi comment, le premier soir, Roland alla aux nues, et comment, dans un bel élan d'entbousiasme, le chef d'orchestre de l'Opéra Georges Hainl, mettant par extraordinaire la main à la plume, put écrire, sans soulever trop d'objections ; <i La partition de Roland n'estni du Uossini, ni du Verdi, ni du Meyerbeer, c'est du Mermetl »

.Mais l'auteur eut le tort de tenter à nouveau la fortune avec les mêmes cartes en mains. Grisé par le succès de son opéra patriotique il voulut chanter Jeanne d'Arc après Roland et l'échec de sa seconde partition porta une rude atteinte au prestige de la première.

4 octobre 1786.- Palais-Iloyal: GUEllRIi OUVERTE ou RUSE GOiNTRE RUSE, comédie en trois uctos, par Dumaniant.

H y a des auteurs qui ne doutent de rien : Dumaniant était du nombre. Apprécié depuis longtemps comme acteur, ù Faris et en province, il s'ennuya un beau matin

;Ui UNE PllGMIÈRB PAU JOUR

d'interpréter les comédies des autres, résolut d'en écrire à son tour, et pour son coup d'essai, s'avisa de refaire, en le corrigeant, le Barbier de Séville,

« Le grand mérite, dit un valet, dans Guerre ouverte^ d'attraper un vieux Géronte, bète comme un oison, et qui donne tète baissée dans dos pièges mal tissus 1 Le beau, le noble, le sublime, est de venir à bout d'un de ces personnages qui ne doutent de rien, de quelqu*un qu'on avertit au besoin des intrigues qu'on machine contre lui. »

Et en efl'et, le marquis de Dorsan (l'Almaviva de Guerre ouverte)^ a soin de mettre le nouveau Bartholo (le baron de Slanville), dans la confidence de son projet d'enlever sa nièce Lucile. Cet enlèvement est même le résultat d'une gageure singulière. Si, avant minuit, le marquis a réussi à faire sortir Lucile de ses appartements, à la barbe de son oncle, le baron s'engage à consentir au mariage des deuxjeunes gens.

Le marquis, est-il besoin de le dire, gagne son pari* Malgré ses prétentions à la linesse, son adversaire se montre bien un peu naïf. Quelques scènes amusantes n'en assurèrent pas moins à Guerre ouverte une vogue très prolongée, puisque, le :2 décembre I8ii, cette coiné* die fut cboisie pour figurer avec la CîVjMcJ-'sur le programme d'une représentation extraordinaire donnée à Saint- Cloud devant la famille royale, et qu'on la jouait encore î\ rodéon, il y a une trentaine d'années.

On l'avait à peu près oubliée cependant, lorsque Victorien Sardou eut l'idée d'en tirer, en modifiant le cadre, le scénario de son opéra-comique de Bataille cVamour. Mais cotte tentative ne réussit pas, et quelques scènes un peu risquées effarouchèrent le public, qui siffla vertement, sans pitié pour le librettiste et surtout pour le compositeur^ Vaucorbeil, dont la partition, trop unifor-

nK^ment teintée d'archaïsme, méritait tout au moins

d'ûtrc écoutée avec attention.

S octobre 1831. —Variétés: LE CHEVIieUlLou LE t'EIt- MIEU ANIiLAIS comédie-vaudeville en trois actes, de Léon

Odry était, parait-il, inimitable dans le principal rùlo de ce viuideville donl la donnée ost assez originale.

Un fermier, Georges, s'est rendu coupable du mcui'lro d'un cbcvreuil, crime puni par les anciennes lois anglaises des peines les plus sévères.

Pour échapper au chùtimentgui l'attend, Georges voudrait que sa femme Marguerite intercéd&t en sa faveur auprès du seigneur du comté, lord Seymour. Mais co soiy:iipnr n'est rien moins qu'insensible aux charmes du beau soxc cl Georges craint, d'autre part, de payer un peu cher le crédit de sa Temme.

Heureusement, une nièce de lurd Seymour, intéressée a se rapprocher incognito de son oncle, met les vêtements do Marguerite et se rond au chùteau du noble lord accompagnée de Georges que chacun prend pour son mari.

On voit d'ici les scènes piquantes auxquelles donne lieu cette substitution de personnes .

La dernière reprise An Chevreuil a eu lieu aux Variétés, le 12 février 1871, Les principaux interprètes étaient Dupuis, es(?cllent dans le rôle de Georges, mesdames Berihe Legrand, Gabiielle Gauthier, et Alice Itegnault.

On jouait la pièce de Léon Halévy en matinée à la lueur des qninqnets. Eh ! bien, le goût do théâtre est si profondément enraciné chez nous, qu'en dépit des circonstances néfastes au milieu desquels se produisit celte rcpi-hc, le C/ievrcKÎl, escorté du Vengeur ol des Deu,v

Aveugles, attira encore un nombre respectable de spectateurs.

6 octobre 1873. — Ambigu-Comique : LE PARRICIDE,

drame en cinq actes, par Adolphe Belot.

Depuis ses débuts comme auteur dramatique, débuts qui remontent à une trentaine d'années déjà, M. Adolphe Belot a abordé presque tous les genres : la comédie dans le vrai sens du mot, c'est-à-dire la comédie comique, avec le Testament de César Girodot, la comédie sentimentale avec les Souvenirs, la comédie de mœurs avec les Indifféi^entSy le drame intime avec la Vengeance du Mari et Miss Multon, le drame judiciaire avec V Article 47 et le Drame de la rue de la Paix, l'opérette même avec Didoyi, dont M. Blangini avait écrit la musique.

Dans cette vaste galerie théâtrale, le Parricide n'occupe qu'un rang secondaire. Le public accueillit assez froidement ce drame, qui manquait d'harmonie dans ses proportions et était comme partagé en deux parties d'un intérêt très inégal, défaut toujours grave, mais d'autant plus regrettable, en l'espèce, que la donnée du Parricide était assez neuve.

Les criminels ont rarement plus d'un tour dans leur bissac. Aussi quand ce tour leur a réussi, le répètent-ils assez volontiers, sauf à offrir un indice précieux à la police qui, mise en garde une première fois, a neuf chances sur dix de ne pas faire plus tard fausse route.

Telle est cette donnée, fort ingénieuse, on le voit ; et, à ce titre, le Parricide a plus de droits à une mention rétrospective que tel autre drame à succès, dont le sujet plus ou moins banarne laisse aucune prise au souvenir.

7 octobre 1854. — Thcàlre- Lyrique : LE BILLET DE MAR- GUEHITE, opéra-comique en trois acles, paroles de Leuven et Brunswick, musique de Gevaërt.

Vingl-trois ans se sont déjà écoulés depuis que M, Gevaerla donné àParisson dernier et peut-être son meilleur ouvrage, le Capitaine Henriot. Ce compositeur distingué. s'est ensuite retiré en Belgique, son pays natal, où ses hautes fonctions de directeur du Conservatoire de Bruxelles et ses remarquables travaux sur la musique grecque ont attiré, en maintes occasions, l'attention de la critique.

Des sept ou huit opéras-comiques dont se compose te bagage dramatique de M. GevaSrt, celui que nous rencontrons aujourd'hui est, sans aucun doute, le meilleur.

Ecrite sur un livret un peu compliqué, mais agréable, brillamment interprétée par Colson, par Meillet et sa femme, par Achard eniln et par madame Deligne-Laulcrs, plus lard madame Gucymard, qui débutèrent le môme soir dans cet ouvrage, la partition du liillet de Marguerite obtint un vif succès qu'eussent suffi, d'ailleurs, à justifier un certain nombre de morceaux, d'une excellente facture et d'un heureux tour mélodique.

Nous n'avons pas la pensée de faire concurrence au rédacteur du Dictionnaire lyrique en les citant tous.

Il en est un cependant que nous ne saurions passer sous silence : celui que chantent, au premier acte, Tobias et Reynold. Le nombre des jolis duos pour ténor et baryton est restreint. Celui-ci présente, en outre, l'avantage d'être d'une exécution assez facile et est resté, tt ce double titre, au répertoire descbanteurs de salon.

a octobre 1859. — Comédie-Française, LKS PROJETS DE MA TANTE, comédie en un acte, par Henri Nicolle.

Tout le monde connaît celte petite comédie dont nous avons eu déjà Toccasion de parler à propos du Rendez-Vous, de Fagan,et dont l'auteur, soit dit en passant, a été enterré par Vapereau quatorze ans trop tôt.

Mais on ignore généralement qu'avant de présenter sa pièce à la Comédie-Française Henri Nicolle avait, sur la môme donnée, et avec le môme titre, écrit une sorte de fantaisie dialoguée assez développée, qui figure dans un recueil de nouvelles aujourd'hui introuvable.

Chose curieuse, les Projets de ma tante sont le seul essai dramatique d'Henri Nicolle, comme le Bougeoir, qu'on a remis fi la scône il y a quatre ans, est la seule œuvre théâtrale de Clément Caraguel.

Or, ces deux aimables petits actes, simple délassement, pour leurs auteurs, de travaux plus sérieux, sontrestés et resteront sans doute longtemps au répertoire de la Comédie-Française, quand tant de dramaturges de profession terminent leur carrière sans avoir connu Texquise jouissance de voir reprendre une de leurs pièces !

9 octobre 1826. — Académie rovale Je musiiiue : LK SlKGli] DE CORINTIIE, opéra en tr«iis actes, paroles do Balocchi et Soumet, musique de Uossini.

L'avènement, à l'Académie de musique, de l'opéra moderne, date de celte soirée mémorable, à l'issue de laquelle les orchestres réunis de l'Académie de musique et des Italiens improvisèrent un concert sous les fenêtres de Uossini.

L'enthousiasme causé par l'apparition du i>iège de Corinthe, la première œuvre que donnait à l'Opéra Tau-

leur du Barbier de Sêville, fu( à peu près général. La presse, surtout la presse conservatrice, ne marchanda pas ses éloges a» triomphaleur. Presque seul, le Constiliiiionnel, alors très libéral, se montra grondeur et circonspect. La musi({ue n'a décidément rien de commun avec la politique.

En réalité, le Siùge de Corinthe répondait à un besoin général d'émancipation artistique. Non seulement les Grecs et les Uomains avaient fait leur temps, mais, au point dcvue purement musical, les formes de la tragédie Ij'riquo paraissaient rebattues et surannées. On voulait du nouveau à tout prix, sauf à confondre l'ivraie avec le bon grain, ft traiter Armide de perruque et à s'extasier, comme le faisait M, Vitet, devant " le luxe effrayant d'iiar. monio instrumentale » déployé dans lo Siège de Corinthe!

Quelques mois plus tard, la représentation de Moïse devait arracber au môme M. Vitet ce cri d'angoisse : « La vogue do Mul'se aura sans doute une tri;s longue durée, mais comme rien n'est éternel, elle aura son déclin ; que fera-l'On alors ? »

On a fait la MueCie, Guillaume Tell, le Prophète, Faust, Aïdii, Lohengrin. L'art se renouvelle sang cesse. Tôt ou tard les muvres musicales les plus acclamées entrent, comme on l'a dit spirituellement, dans la réserve de l'admiration rétrospective. Tel a été lo sort, disons-le en terminant, du Siège de Corinthe qui, après avoir fourni wnii brillante carrière décent cinq représenlalions a fait, en 18U, sa dernière apparition sur la scène de l'Opéra.

10 octobre 1848. — Porte-Saint-Martin : LK LIVRE NOIR,

drame en cinq actes, par Léon Gozian.

L'histoire de ce drame, aussi noir que son litre, est assez curieuse. Léon Gozian, avait écrit, dans sa jeunesse, un drame intitulé l'Opinion^ qucle comité delà Comédie- Française avait refusé, en engageant Fauteur à s'adjoindre un collaborateur expérimenté et à faire jouer ensuite sa pièce, ainsi corrigée, sur une scène du boulevard.

Tout attristé par cet échec, Gozian rencontre le dramaturge Alboize, à qui il raconte sa mésaventure. « Donnez-moi votre pièce, lui dit celui-ci ; je vous garantis qu'elle sera représentée sur un de nos grands théâtres ».

Gozian remercie Alboize avec effusion et apprend, à quelque temps de là, que sa pièce est en répétition au théâtre... Beaumarchais. Furieux, il veut en empêcher la représentation. Alboize s'y oppose formellement en déclarant que les choses sont trop avancées pour cela. Au moins Gozian obtient-il qu'il ne sera pas nommé, et que Céline la Créole, — c'est le nouveau titre du drame, -- ne sera jouée qu'après que lui, Gozian, aura publié, sur la même donnée, une nouvelle dont la pièce aura l'air d'avoir été tirée.

Ce qui fut dit fut fait, et Céline la Créole fut représentée le 7 juillet 1838.

Quinze ans plus tard, Gozian, croyant ce drame complètement oublié, le refit, avec le concours anonyme de Siraudin, et le donna comme une pièce nouvelle, h la Porte-Saint-Martin, sous le titre du Livre Noir.

Un journaliste signala le fait et s'étonna que le nom d'Alboize ne figurât pas tout au moins sur l'affiche, à côté de celui de Gozian. A quoiTauteur d'Aristide Froigsard répondit qu'il se contentait de reprendre son bien.

En définitive, cette délicate question de propriété littéraire ne Tut jamais tranchée, comme tant d'autres, et le nouvel arrangeur de l'Opinion, Siraudia, toucha seul une petite part des droits d'auteur au Livre noir.

11 ootobre 1836. — Comédie-Française : MARIE ou TROIS ÉPOQUES, comédie en trois actes, par madame Ancelot.

S'il faul s'en rapporter à M. Charles Monselet, que nous citonssous toutes réserves, une des lectures de cette honnête et larmoyante comédie, quelque temps avant la première, avait été signalée par un incident bien drôle.

On était à la lin du premier acte, que l'auteur avait lu, de sa voix la plus argentine, devant un petit cercle d'intimes réunis dans le salon de monsieur et de madame Ancelot. Tous les yeux étaient mouillés do larmes. Brusquement la porte s'ouvre, et un orang-outang de la plus belle espèce s'avance en exécutant des cabrioles insensées.

Chacun se regarde. Le singe, se rendant compte enfin du milieu où il se trouve, s'arrfite, examine la lampe et les spectateurs d'un air effaré et balbutie des paroles humaines. On reconnaît alors M. F..., un homme de leltres célÈbre par ses distractions. M. Ancelot, qui s'était levé, vient à lui, cl d'un ton ferme : n Pouvez-vous me dire, monsieur, ce que signifie cette mauvaise plaisanterie? — Pardon, répond le singe en balbutiant; j'arrivais pour le bal masqué... j'ai reçu une invitation. — Bill monsieur, réplique M. Ancelot, notre bal masqué est pour samedi; c'est aujourd'hui jeudi. Ile tirez- vous ? Votre présence ici, et surtout dans un tel moment, est indécente ! B

Profoikdément déconcerté, l'orang-outang salue et se retire. La porto se referme sur lui et l'on se remet îi la

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lecture du second acte, qui n'obtient pas un moindre succ^s (le larmes que le premier.

Soudain, un sourd gémissement, venu du côté do la porte, frappe les oreilles. M. Ancelot ouvre et se rencontrant encore avec le singe : « Pour le coup, monsieur, s*écrio-t-iI, ceci passe les bornes de la mystification. Que voulez- vous encore? Répondez ! — Hélas ! dit l'orang, il n'y a pas de ma faute. La queue de mon travestissement était prise dans la porte, et je n'ai pas voulu interrompre avant la fm de l'acte! »

C'est évidemment cette anecdote qui a donné & M, Cihamplleury l'idée de son amusant récit de Monsieur Tringle .

12 octobre 1841. - ThoAtre-Italion : DON JUAN, opéra en doux actes, parolos do I)a Ponte, musique do Mozart, représenté en France pour la première fois.

Sous le règne d'Alphonse XI, un gentilhomme do Gastiilo tue le commandeur Ulhoa, dont il courtisait la fille, et reste impuni jus(ju'au jour où il meurt mystérieusement îvltoint de la vengeance divine.

Deux siècles plus tard, un jeune poète, Gabriel T(^llez, roruoille relie anecdote delà bouche du supérieur d'un monastère des franseiscains où avait été élevé un monument h la mémoire du commandeur.

Il se l'approprie, et y puise les éléments d'un drame joué sous le titre du Séducteur de Sévi/le et sous lepseudonyme de Tirsode Molina, drame tour à tour vigoureux et alfoeté, sombre et jovial, alerte et languissant, où le poète promène son héros dans toutes les parties de l'Espagne, et nous le montre séduisant les filles des nobles et les villageoises, se moquant des scrupules de son valet Gavalinon, l'ancôtre de Sganarelle et de Leporello, ré-

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pondant aux supplications de son père par celle dure paroles, « les larmes sonl la manie des vieillards », mais demeuranl catholique au fond de rame, hésilanl à accepfer l'invitation du commandeur, et lui demandant en vain la faveur de se confesser au moment suprême.

Telle est la première incarnation de Don Juan.

Dans des vers peu connus, Théodore do Banville nous a donne ia liste à peu prùs complète de toutes colles qu'a inspirées le drame de Tirso de Molina :

A ce; fesliii royal, de leurs pajs vouus

Soupitimit lous les Don Juaiis et toulus les Vénus :

D'jtbord tous les Don Juans des pièces espagnoles,

Avec letirs airs de rois et leurs amours frivoles ;

Kt pnts tous ces don Juans sans nulle profondeur,

yui tuaient pour la forme uu petit commandeur;

lit puis après ceux-lii, le don Juan de Molière

Avec sa tliôorie atroce et singulière ;

Lu don Juan do Mozart et celui de Byron,

Tous deux soiifiuant encore àleur décamérou ;

lit celui qui trouva chez notre Henri lllaze

L'umour qui sauve, après la volupté qui blase,

Kt ce don Ju;m, pareil au poèfc persan

Que Musset dé[,'uisa sous le surnom d'Hassan.

Voilà de l'érudition aimahlc! Hélas, n'en fait pas qui veut!

13 octobre 1862. - Vaudeville : LES IVUESSES, cuiuèdie un ijualre actes, de Théodore Harrière et Lambert Tlii-

Un a racuulé, il y a deux ans, qu'à l'issue de la ré^- [itioii i^ùnv:rAii d'.\iiloiii'.'lU' Ri'jLuid, M. lluymond Deelandu.s avait apporté à sa fomédie une modification impurtarite : lu veille de la première, Antuinelte lligaud était abrfolumcnt coupable; le lendemain, elle n'avait à se reprocher que quelques légèretés.

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