UNE FREHIÂRB PAS JOUR
bable qu'où remelle jamais le drame de Diderot à la scëae.
Voilà, cependant, la pièce à laquelle Beaumarchais reportait tout l'honneur de la cré^ition du drame moderne, et dont Lessing souhaitait ai-demmenl le maintien « longtemps... très longtemps... pourquoi pas toujours », au répertoire des théilLres allemands.
Le Père de famille est mort et bien mort, victime dû son style pleurnicheur et déclamatoire.
Comment entendre aujourd'hui sans sourire les interminables et emphatiques tirades de d'Ormesson contre son fils, uniqucmenlcoiipable d'aimer une jeune fille sans fortune, et contre sa fille qu'il essaye de détourner, en ces termes, d'entrer au couvent :
H Vous quitteriez la maison de votre père pour un cloître 1 La nature, en vous accordant les qualités sociales, ne vous destina pas à l'inutilité 1 Tu n'as pas entendu les gémissements des infortunées, dont tu veux augmenter le nombre. Ils percent la nuit et le silence de leur prison. C'est alors, mon enfant, que tes larmes coulent, amères et sans témoins, et les couches solitaires en sont arrosées I »
(Jue pensez-vous, disait plaisamment Paul de Saint- Victor, en rendant compte de la reprise de 1839, de ce père invitant sa Ûlle à repeupler la société, et lui peignant sous de si noires couleurs, les couches solitiires ? Encore Diderot, au moment de monter sa pièce, retrancha-t-il dans son dialogue, assure un contemporain, « quantité de choses agréables, qui avaient fait plaisir à la lecture, mais qui eussent refroidi la représentation, n Comment le même écrivain a-t-il écrit cette languissante rapsodie du Père de famille et le Neveu de Hameau, ou encore l'exquise et vivante histoire de Madame de la Pommeraye î
19 février 179B. — Oj-êra -Comice : LÊONOItE ^>u I A- HOllt C0.NJIT.AL, drame hisloHqu? «i deux acU's e! o-.» prose, mêlé Ae ch&nU, p^nile^ de Bouilly, musiquo de GftTeaui.
En écrivant ïon .l-mw»- t-oiyu;]»,'. Oa\VA»\. à s<>n insu, readit à l'art nn serrice signalé. Xoiis lui dovotis Fidelio.
On connaît en effet le mol attribué à Beothovon <>u sortantd'une représenUlion de la L.'diiOiV, de PaPr. qui s'itai( inspiré du livret traité par G»veaux; « Voir* upôraiiU' plail beaucoup, dit-il au couiposileur, je le mellrai en musique. >>
C'est le pendant d'un autre mol, plus féroco eucort\ prêté à ttossini.
Un musicien sans talent le consultait sur une marche funèbre qu'il venait d'écrire à l'occasion des funérailles de Meyerbeer : « Quel dommage, Un répondit doucement l'auteur du iiurbier, que ce ne soU pas vous qui soyez mort et Meyerbeer qui ait fait votre marcbû funèbre I »
Pour en revenir à Beetboven, il 1)1 comme il l'avait dit, a il mit en musique m l'opéra do Pa&r et de Gavcaux, et cette musique est un chef-d'œuvre.
20 Uvrier 1840. - Tlifdlru-b'iaiiçais : lA CAI.OMNIK,
comédie en cinq actes, de Suribu.
L'Académie avait, ce jour-là, admis dan» won Ruin Fluurens de préférence à Victor Hugo ; ainsi s'oxpliquo celle phrasedu compte rendu de Jules Janin : « Ln journ6o du 30 février 1840 sera marquée dans nos aniinloH il un caillou noir; l'éloquence et les beiles-lollros ilenu pnyn
auront subi, ce jour-là, un rude échec. Quelle malheureuse journée pour TAcadémie française, je vous prie ! Une si incroyable injustice le matin! Une si mauvaise comédie le soir!...»
Les critiques d'alors reprochaient à Scribe son manque complet de style ; on pensait moins à lui faire un crime de son ignorance en histoire. Il en avait donné, dans son discours de réception à. l'Académie française, une preuve singulière qui, si nous ne nous trompons pas, n'a été
signalée que de nos jours*
(c Je ne crais pas, disait-il, que Fauteur, comique soit historien; ce n'est pas sa mission; je ne crois pas que dans Molière lui-môme on puisse retrouver l'histoire de noire pays. La comédie de Molière nous instruit-elle des grands événements du siècle de Louis XIV?... Nous parle-t^ella de la révocation de VEdit de Nantes » ?
Or, Molière esl mort en 1673 et l'Edit fut révoqué en 1685. Molière ne s'était jamais targué d'être prophète. Mais si l'erreur de Scribe est étrange, n'est-il pas plus étrange encore que Villemain, qui recevait le nouvel élu, Tait laissée pass t, et que parmi les académiciens chargés, selon l'usage, d'examiner le discours, aucun ne s'en soit aperçu?
21 février 1781. —Académie de musique: EMILIE, opéra en un acte, paroles de Guillard, musique de Grétry.
Lorsqu'au dix-huitième siècle un opéra ou un ballet avait eu du succès, mais commençait à subir les atteintes du temps, on y apportait volontiers, et peu à peu, des modifications telles, que, sous ces modifications successives, il ne restait souvent presque plus trace du texte original.
Il arrivait aussi très fréquemment qu'on détachât
d'une oeurre trop longue tui fragment destiné à 6tre joué seul.
Emilie nous en offre un exemple.
Le 18 novembre 1779 on avait représenté, à l'Opéra, avec un grand succès, un ballet de Gardel, Mirsa, dont on avait beaucoup admiré les brillantes évolutions nùlitaires.
Ce succès engagea Garrlel à donner à son ballet une suite, la Feste de Mirsa, qui se terminait par un acte d'opéra-comique dont la musique était de Grétry.
Hais la Feste de Mirsa subit une chute complète et n'eut qu'une représentation.
On en détacba alors l'acte de Grétry qui, représenté quelque temps après sous le tilre d'Emilie, ne tut pas beaucoup mieux accueilli. L'idée qu'avait eue Gardol de pUcer sur la scène un petit théâtre, sur lequel on jouait cet ropéra-comique, donna lieu ^ une remarque assez drûle du rédacteur de l'AUiumack dc^ spectacles.
« La fSte de Mirsa aurait été bien plus complets, ditil, si l'on avait fait élever, au-dessus de ce second théâtre, un troisième théâtre qui aurait pu être surmonté d'autres thé&tres, sur lesquels on aurait représenté d'autres petits spectacles, qui auraient amené d'étage en étage tous les acteurs. Cette pyramide lliéiltrale aurait été couronnée par un petit théâtre de marionnettes. »
33 lévrier 1810. — TLêâtre Feydeau : CENDRILLON, opéracomique en trois actes, paroles d'Ktienne, musique de Sicolo.
La grande réputation du librettiste et du musicien ; la faveur dont jouissaient auprès du public les créatrices des rôles des troi« siinirs, mesdames Duret et Lemonnier, et surtout la charmante mademoiselle Alexandrîno