‹ Une princesse romaine au XVII[superscript e] siècleChapitre 28 sur 77 · I. Rome vol. CCXXII, p. 278, 14 septembre 1672 (suite · texte numérisé non relu

I. Rome vol. CCXXII, p. 278, 14 septembre 1672 (suite

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poserait à la recevoir et à la bien traiter, il la reprendrait sortant de ce monastère avec plus de bienséance, et je guéris son esprit le plus qu'il me fut possible du péril des visites, qiïil appréhende, plus, ce me semble, à cause de l'éclat que par un sentiment du cœur qui est assez diverti par d'autres amusements; c'est ce que j'espère pouvoir faire pour commencer d'aplanir ou pour le moins diminuer les obstacles à une réunion. »

On voit que l'ambassadeur ne croyait guère au cœur blessé du connétable.

Séjour au Lys. — Meilleures dispositions du roi. — Lettre imprudente de Marie à Colbert. — Il la montre au roi. — Colère de Louis XIV. — Nouvelle disgrâce. — Exil à l'abbaye d'Avenay.

Le mécontentement causé au roi par l'arrivée imprévue de la connétable à Fontainebleau se dissipait peu à peu. Tl demanda à plusieurs reprises de ses nouvelles à la comtesse de Soissons et désira savoir comment elle s'accommodait de son séjour au Lys. Il se fit montrer les lettres de la supérieure et témoigna d'être touché de la douceur et de la soumission de Marie; il fit même donner l'ordre de la laisser promener dans la forêt, mais bien accompagnée.

Trois semaines s'écoulèrent ainsi ; la connétable ignorait les meilleures dispositions du roi, et ses affaires ne lui semblaient pas faire grand progrès. La joie de revoir ses sœurs, la permission de faire

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quelques promenades dans la forêt, lui avaient fait oublier un peu sa réclusion. Mais ces promenades mêmes lui rappelaient des souvenirs qu'il eût été préférable pour elle d'oublier. Il fallait attendre le bon plaisir du roi et, malgré les soins affectueux de l'abbesse et des religieuses, elle s'ennuyait à périr. Peut-être, si elle eût connu la réponse du roi à la Cour de Rome, aurait-elle repris courage, mais elle l'ignorait; les journées lui semblaient longues à l'abbaye du Lys, car la patience n'était pas sa vertu dominante. L'empressement de ses sœurs à la visiter s'était ralenti ; les fonctions de la comtesse de Soissons l'appelaient à la Cour1, la duchesse de Bouillon vivait dans un tourbillon mondain qui lui laissait peu de loisirs et la permission de voir ses amis n'ayant point encore été donnée à la connétable; elle vivait tout à fait comme une prisonnière.

Peu à peu, une sourde irritation s'empara d'elle; elle se demanda de quel droit ce roi, qui avait promis de la protéger, la traitait comme une criminelle ? Pourquoi, après l'avoir encouragée dans sa fuite, lui reprochait-il cette fuite comme un crime? Par quel abus de pouvoir transformait-il en prison l'asile qu'il lui avait promis? Toutes ces pensées fermentaient dans le cerveau exalté de Marie et il faut convenir que les circons-

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