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Affaires étrangères. Savoie, vol. CL, p

304 UNE PRINCESSE ROMAINE AU XVIIe SIECLE.

j'ai cru ne devoir ni augmenter ni diminuer d'une syllabe ce que vous m'avez fait l'honneur de me commander de lui faire savoir de la part du roi... Elle l'a mis par écrit devant moi et m'a dit qu'elle avait déjà pris sa résolution d'aller en un lieu qui soit agréable à M. son mari... Elle ne m'a pas confié le lieu où elle veut aller. Le marquis de Borgomainero même, qui la doit accompagner ne le sait pas, on avait cru jusqu'à ce jour que ce serait à Annecy, mais quoique on en doute, ce point sera bientôt éclairci. »

Peu de jours avant, le roi avait envoyé à la princesse, dix mille pistoles bien qu'il ne dût lui payer une pension que pendant son séjour en France. Mais il ne voulut pas que l'on pût supposer que pour faire l'économie de ladite pension, il lui défendait d'y rentrer. M. de Servien finit sa lettre en priant M. de Pomponne de recevoir les remercîments de la connétable pour l'envoi de cette somme, comme si elle supposait que ce fût à son instigation que le roi Pavait envoyée. Elle lui remettait également une lettre pour Sa Majesté.

Les quatre mois pendant lesquels Marie avait juré sur le Styx de rester dans le monastère étaient écoulés, la permission qu'elle espérait du roi lui était refusée et elle méditait sur les nouvelles résolutions qu'elle devait prendre, car elle persistait à ne vouloir pas rester à Turin. La perspec-

tive d'un prochain départ n'avait point adouci l'injuste irritation de Marie contre le duc; et Gomont qui aime beaucoup à transmettre les petits détails et les petites médisances, écrit à M. de Pomponne1 :

« Il y a trois jours que madame la connétable, voulant sortir du couvent pour aller se promener au Corso, suivant qu'elle le peut une fois la semaine, le duc l'ayant appris, lui envoya un de ses carrosses, et elle ne le sut qu'après avoir envoyé prier madame la marquise de Drouin, de vouloir bien la venir prendre dans le sien, ce qu'elle fit. En rencontrant devant la porte celui de S. A. R. elles montèrent toutes deux dans celui-là, et leurs écuyers dans celui de la marquise de Drouin.

» Peu après, Madame Royale envoya demander à madame la connétable, si elle voulait prendre place dans son carrosse, si elle voulait aller au Corso, qu'elle serait la bienvenue. Madame la connétable répondit qu'elle était fort obligée à Madame, mais qu'elle se trouvait avec madame Drouin et qu'elle aurait l'honneur de la voir au Cours. En se rencontrant, madame la connétable fit abattre la portière du carrosse où elle était ; Madame, dans le carrosse de laquelle était S. A. R., le fit passer, sans saluer, ni parler à madame la connétable, et peu après, Madame envoya lui

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