Ses tendres instances
2. Ce grand maître était le duc de Montéléon Terranuova, de la maison Pignatelli ; il remplissait auprès de la reine douairière les fonctions de majordome mayor et était son conseil en tout. Porto Carrero voyait avec dépit un homme si considérable chez la reine, tout exilée qu'elle était, et il n'oublia rien pour l'engager à la quitter. Mais le grand écuyer répondit toujours qu'il ne quitterait pas pour rien des emplois aussi bons à user que ceux qui le retenaient à Tolède ; mais ce n'était pas là le compte du cardinal qui voulait isoler entièrement la reine et perdre Montéléon. (Voir dans Saint-Simon l'anecdote delà Saccade du vicaire.)
498 UNE PRINCESSE ROMAINE AU XVIIe SIÈCLE.
point osé revenir à Tolède, l'absence de la connétable, qui passait prudemment l'hiver à Barcelone sur les conseils de Louville, augmentait encore la tristesse de son isolement. Cependant, Marie ne négligeait pas de la recommander chaudement aux bons offices de Louville. Elle lui écrit de nouveau le 14 janvier :
Barcelone, le 11 janvier 1702.
« L'abbé Melani m'assure que vous voulez bien, monsieur, prendre la peine de vous charger de quelques livres et autres choses pour mon usage. Si vous avez cette bonté, j'ajouterai cette obligation au nombre de tant d'autres que je vous dois. Au reste, vous saurez qu'on est bien chagrine à Tolède pour l'absence de l'archivio1 ou dépositaire des secrets de notre princesse qui se plaint de vous et de tous ceux qui lui avaient promis des merveilles ; mais comme vous êtes loin, je lui ai fait comprendre que vous n'avez pu prévenir cette disgrâce, et qu'elle connaîtra à votre retour combien vous avez coopéré à son bonheur. Le mien sera de vous témoigner en toutes les occasions, l'estime particulière que j'ai pour vous. Dona Alexandra me charge de vous faire mille compliments de sa part; la pauvre, après la