novembre
princesse, l'envoya demander en mariage par le marquis de Los Balbasès qui arrivait de Nimègue.
Le 14 juillet 1679, le marquis annonça la nouvelle que le roi avait accordé Mademoiselle au roi d'Espagne ; rien n'est égal à la joie que témoigna Charles II, qui attendait cette nouvelle avec la dernière impatience. On fit chanter un Te Deum, illuminer toute la ville et les divertissements durèrent trois jours et trois nuits.
Pendant que ces événements se passaient, la santé de don Juan était gravement atteinte et la joie publique ne pouvait diminuer les déplaisirs qui l'accablaient. Il avait eu trois accès de fièvre tierce vers le commencement du mois de juillet, et l'abattement de son esprit contribua à altérer beaucoup sa santé. Trop énergique pour céder à ses ennemis, son crédit auprès du roi s'était trop affaibli pour pouvoir leur résister. La fièvre tierce lui reprit au commencement de septembre et dès le 7 de ce mois, les médecins firent dire au roi qu'il n'y avait plus d'espérance ; il en témoigna cependant une sensible douleur. Don Juan survécut encore dix jours et mourut le 17 septembre 1679, âgé de cinquante ans, sans avoir témoigné un seul instant de faiblesse, « l'on a toujours assez vécu, dit-il, lorsque l'on meurt sans avoir rien à se reprocher, je dis du côté de l'honneur, car de celui de mon devoir à l'égard de Dieu, je n'y ai que trop manqué ».
La mort de don Juan et le refus du pape d'adoucir la règle austère de la clôture portaient un coup fatal aux espérances de la malheureuse connétable dont la cause semblait à jamais perdue. Abattue et découragée, elle envisageait avec effroi le retour de son mari à Madrid et le succès probable des intrigues de Los Balbasès pour la faire sortir d'Espagne et l'emmener en Italie sous la garde de Resta qu'elle redoutait à l'égal du bourreau.
La princesse n'avait que trop de raisons de craindre la haine de son beau-frère; ne perdant jamais une occasion de lui nuire, il profita de son séjour à Paris pour solliciter du roi de France la promesse formelle que « si par hasard la duchesse de Tagliacozzo parvenait à s'échapper du couvent où elle se trouvait et à gagner le royaume de France, on ne l'y reçut pas. A quoi Sa Majesté Très Chrétienne répondit que « n'ayant pas reçu la duchesse quand elle a quitté Rome et s'est rendue directement en France, il la recevra bien moins maintenant, qu'il sait l'engagement pris par le roi d'Espagne dont il fait un si grand cas*. j>
La princesse avait confié ses terreurs au nonce qui redoubla d'instances auprès des ministres pour obtenir l'arrestation de ce misérable Resta, mais il échoua, les privilèges du royaume d'Aragon