‹ Une profession de foi Cartésienne [microform]Chapitre 10 sur 26 · LA VERTU ET LA VÉRITÉ · texte numérisé non relu

LA VERTU ET LA VÉRITÉ

Comme tous les vices ne viennent que de i Hicerlilude et de la faiblesse qui suit ri!i!î r !ice, et qui l'ait naître les repentirs ; aiu>i la vertu ne consiste qu'en la résolution et la vigueur avec laquelle on se porte à faire les cboses qu'on croit être bonnes, pourvu que celte vigueur ne vienne pas d'opiniâtreté, mais de ce qu'on sait les avoir autan! * xaminées qu'on en a moralement de pouvoir ; et bien que ce qu'on fait alors puisse être mauvais, on est assuré néanmoins qu'on fait son devoir; au lieu que si

1. Méditations, Méditation quatrième, pp. 111, 118, U'J de l'édition Lefèvre et Œuvres choisies^ édition Garnier, pp. 112, 113, 114.

EXTRAITS DE DESCARTES

on exécute quelque action de vertu, et que cependant on pense mal faire, ou bien qu'on néglige de savoir ce qui en est, on n'agit pas en bomme vertueux.... 11 me reste encore ici à |)rouver que c'est de ce bon usage du libre arbitre qui vient le plus grand et le plus solide contentement de la vie; ce qui me semble n'être pas difficile, pour ce que considérant avec soin en quoi consiste la volupté ou le plaisir, et généralement toutes les sortes de contentements qu'on peut avoir, je remarque en premier lieu qu'il n'y en a aucun qui ne soit entièrement en Ffime, bien que plusieurs dépendent du corpsi; de même que c'est aussi l'âme qui voit, bien que ce soit par 1 entremise des yeux. Puis je remarque qu'il n'y a rien qui puisse donner du contentement à l'àmc^ sinon l'opinion qu'elle a de posséder quelque bien, et que souvent cette opinion n en est qu'une représenta-

EXTUAITS 1)K DESCAUTES

EXTRAITS DE DESCARTES

tion fort confuse, et même que son union avec le cor|)s est cause qu'elle se représente ordinairemcnl crriains l)iens incomparablement plus f,n\an(ls qu'ils ne sont; mais que si elle connaissait distinctement leur juste valeur, son contentement serait toujours proportionné à la grandeur du bien dont il procéderait. Je remarque aussi que la L!^' Trieur d'un bien à notre égard, ne doit pas seulement èlre mesurée par la valeur de la chose en quoi il consiste, mais principalement aussi par la façon dont il se rapporte à nous; et qu'outre que le libre arbitre est de soi la chose la plus noble qui |)uisse être en nous, d'autant qu'il nous rend en quelque façon pareils à Dieu, et semble nous exempter de lui être sujets, et que par conséquent son bon usage est le phi- L^and de tous nos biens, il est aussi celui qui est le plus proprement nôtre, et qui nous importe le plus; d'où il suit que ce

n'est que de lui que nos plus grands contentements peuvent procéder. Aussi voit-on, par exemple, que le repos d'esprit et la satisfaction intéiieure que sentent en euxmêmes ceux qui savent qu'ils ne manquent jamais à faire leur mieux, tant pour connaître le bien que pour l'acquérir, est un plaisir sans comparaison plus doux, plus durable et plus solide que tous ceux qui viennent d'ailleurs '.

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