Descartes, Les Passions de Vàme, troisième parUc
artielc CCXI.
•2. Textes des Évan^'iles souvent ma! interprètes, mais qui, interi»rétés à la lumière <le Tensemblc des Évangiles, se ramènent, nous en sommes fermement convaincus, au sens inditjué ci-dessus.
3. Discours dr la Méthode, troisième partie, p. 23 de l'édition Lefèvrc et Discours de la Mcthodc et Choix de lettres, édition Firmin Didot, p. 3().
réserve des devoirs qui, par ailleurs, nous
peuvent imposer sa compagnie ; ainsi on
reconnaît ses torts simplement, ses mérites de
même; autour de soi, loin de |)résupposer le
bien ])artout, comme le fait une charité bonasse
et aveugle, on ne présuppose rien, on examine;
la variété des mouvements et delà composition
du fluide nerveux, cause unique des passions,
porte à croire, toutefois, que les hommes
doivent être entre eux fort ditTérents. Cet
amour, qui n'est qu'une application sereine
aux êtres et atix choses, est l'amour : «je ne
sais point d'autre définition de l'amour, dit
Descartes, si ce n'est que c'est une passion (|ui
nous fait joindre de volonté à quelque objet* ».
Nous nous sommes vus du dedans, regardons-nous du dehors.
Chaque individu est comme une cellule du corps social, astreint au devoir de toute cellule envers le corps dont elle est partie. Que diraiton d'une cellule en révolte contre l'organisme? Ne devrait- elle pas être aussitôt rejetée? Et
1. Discours de la Mét/tode et CJioix de lettres, édition Firmin Didot, p. 171, lettre à M. CUaniit, du 1"^ février iOn.
UNE IMIOIKSSION DE FOI CARTESIENNE
d'une cellule qui égarerait, corron)i)rait le llui(l(^ nerveux qu'elle est cliarpée de Iransmellre inlael à une autre cellule, puis à une autre? Le tluide |Mir <|ui doit passer d'un homme à un aulr<' JHunme, comme d'une cellule à une autre C(dlule, est la véritr? M'où n|q)araissent riiorreur et la corruption du mensonge. « Bien que chacun de nous soit une personne séparée des autres et dont par conséquent les intérêts sont en quelque façon distincts de ceux du reste du monde, on doit toutefois penser qu'on ne saurait subsister seul, et qu'on est en effet Tune des parties de l'univers et plus particulièrement encore l'une des parties de cette terre. Tune des p«irties de cet État, de cette société, de cette famille, à laquelle on est joint par sa demeure, par son serment, par sa naissance, et il faut toujours préférer les intérêts du tout dont on est pnriie à ceux de sa personne en particulier; toutefois avec mesure et discrétion car on aurait torî I s'exposera un grand mal |)0ur procurer seulement un petit bien à ses parents ou à son I ys et, si un homme vaut plus, lui seul, que tout le reste de sa ville, il n'aurait point raison
de se vouloir perdre pour la sauver. Mais si on rapportait tout à soi-même, on ne craindrait pas de nuire beaucoup aux autres hommes lorsqu'on croirait en retirer quelque petite commodité et on n'aurait aucune vraie amitié, ni aucune fidélité etgénéralement aucune vertu; au lieu qu'en se considérant comme une partie du public, on [)rend plaisir à faire du bien à tout le monde, et même on ne craint pas d'exposer sa vie pour le service d'autrui lorsque l'occasion s'en présente; jusque-là qu'on voudrait aussi perdre son âme, s'il se pouvait, pour sauver les autres : en sorte que cette considération est la source et l'origine de toutes les plus héroïques actions que fassent les hommes. Car pour ceux cpii s'exposent à la mort par vanité, pour ce qu'ils espèrent en être loués, |)ar stupidité pour ce qu'ils n'appréhendent pas le danger, je crois (ju'ils sont plus à plaindre qu'à priser. Mais lorsque quelqu'un s'y expose pour ce qu'il croit que c'est son devoir, ou bien lorsqu'il souHVe quelque autre mal afin (|u'il en revienne du bien aux autres, encore qu'il ne considère peut-être plus expressé-
UNK FHOFKSSION UK KOI CAHTESIKNNl':
ment qu'il fait cela pour ce (|u'il doit plus au public (Joui il est uue partie cpTà soi-même eu sou parliculier, il le fait loulefois eu vertu de cette cousidératiou (|ni est ohscurémcut eu sa pensée'. » M(Muhres d'un tout limite, la |)atrie, nous aimons uii milieu physi(]ue, un milieu intellectuel, un milieu m(U*al. iMemhres d'un tout indélini, nous aimons encore : cet horizon de notre amour (pii s'étend, s'élève et se perd, c'est la méditation amomeusi» du monde, — la |)rière.
Dans cette méditation, nous ne sommes plus occupés qu'à aimer, êtres et choses, en sorte que, nous transformant en ce (jue nous aimons, nous devenons, en effet, comme étrangers à nous mômes. Et quand, réveillés de ce sommeil, î)(Mîs rentrons en notre demeure tout étonnés, nous sommes un homme nouveau : notre o'il vieriic nous voit dans la IVoide lumière de la vi'îité et comme si jamais nous ne nous étions vus; la haine nous rendait aveugles, elle est
1. Discours de la Méthode et Choix de lettres^ édition t'irmiii Didol, pj». 102 et 103, lettre à Madame Klisaheth, du 15 juin 164.">,
CNli PUOlKSSION DE FOI CARTÈSII-NNU: 1
moile ; la sympalliio qui [.arfois aussi nous aveuglait s'est transformée. Celui (jui ne vit pas au dedans de lui-même est bien vite une dupe; pressé par le besoin de se réi.andre au dehors, il n'a pas de discernement dans le clioix de ses anV'ctions ni dans leur mesure : celui-là seul se suffit à lui-même et discerne qui médite amoureusement sur le monde, ou, plus simplement, qui prie; rien autre ne remplit le cœur complètemenl; rien autre ne peut le remplir constamment et sans lasser : rien autre ne peut le remplir en nous laissant libres car qui se fait l'esclave de Tout ne lest de rien, l'orme exquise de l'état d'amour ci-dessus défini, le(iuel est proi.remenl la santé du llnido nerveux et une bonne partie de la santé de tout notre corps, telle est la prière ' . H me semble donc que cela m'est ordonné de (ïrier comme cela m'est ordonné de manger, comme comme cela m'est
.. IX ,,salmi«.c au Seigneur : . Jai ouve.l '^ '-;''^';^;;;'. j-,-,i aUir'é l'air que je respire; parce <!"« f^.^ i*^^' j^' ^J^Î;', coup vos eoniman.lemenls. . l'saume ^^^ ' '!•«'■ *^^.,; (tra ludion .le Saov). Le lien entre a '^'^^P'^;? "" oulcpriére u'e.! pas indiqué par Marc-Aurele ^u' " .M"Ç o^l« fois l'analogie entre la respirahon et la prie.e, 1 aisées. livre Vin, pensée IJV.
uni: rUOFKSSlOiN l)K l'Ol CAKTÉSIKNNK
UNK PROFESSION DE FOI CARTESIENNE
oriloniié de <lorinir, comme cela luoai ordonné de vouloir puisque cela m'aide à manger, h dormir, à vouloir. El, en ce sens, je perçois en moi un appétit de prière. D'ailleurs on peut prier sans prononcer le mot Dieu ni le mot àme, mais cela ne se peut sans exercer constamment sa volonté. Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir; soyons-en surs : Monsieur Jourdain priait pareilliMuent sans le g.^y^^,ip __ surtout si monsieur Jourdain était un homme énergique.
Nous ne sommes |)as en présence <lu devoir (Faimer le mond(\ devoir qui suit de la loi naturelle et, en quehpie manièn^ pliysiologi(pi(^ sans éprouver de ce chef un fort grand emharras. Pour se i'acililer Taccomplissement de ce devoir on [)eut avoir recours, soit à la simple méta|diysi(pic, soil, en plus, à une religion déterminée. Par exemple je me dirai : quehjue effort que je tente, je ne peux pas imaginer de limite à l'étendue et il se présente ainsi
à moi comme une notion de rindéfini ; de même que l'étendue s'allonge et croît indéfiniment sous mes veux, il me semide parfois, entrant dans Tahstrait de l'ahstrait, ([u'au delà d'une r|ualilé ou attribut ayant un certain degré de perfection, il se présente à moi l'idée d'une autre qualité ou attribut de môme nature mais d'un degré de perfection plus avancé et ainsi de suite indéfiniment : à la limite, dans une sorte de paroxysme, la puissance devient la faculté créatrice au delà de laquelle il n'y a pas de puissance plus grande et qui est exclusive, qui n'admet pas à ses côtés d'autre puissance semblable, bref, qui implique l'unité. Mon imagination se lixe alors dans cette notion de l'unité; il me semble que tous ces indéfinis dont je me sentais tout à l'heure vaguement entouré se coagulent, prennent forme et arête précise et sont l'Infini que je conviens de nommer Dieu, bien que je ne sache pas ce que c'est que l'Infini ni ce que c'est que Dieu.
Au delà de toute proportion concevable, la volonté, la charité et la vérité se rassemblent dans l'unité divine.
UNE IMIOFKSSION DK FOI CARTÉSIENNE
Et nous découvrons sans peine derrière ces termes les termes équivalents : mouvement, aliraelicui, é([uilil)re, car la vérilé n'est qu'un é^iuilihre entre ce qui est et ce que nous [)ensons (|ui est ou bien encore entre ce que nous pensons et 1 expression (pie nous produisons au dehors de notre pensée, tandis «pic l'autre face de la vérité, la justice, revient à un éiiuililuc entre ce que nous avons reçu et ce que nous payons en retour, de bon lire ou par contrainte: enlin que le mouvement et l'attraction ne soient ([ue comme rap[>arence sensible de la volonté et de la charité, il est évident.
Solonlé, charité, vérité ne sont pas un (pfen Dieu; tout autour de nous, nous voyons ces mots bien souvent svnonvmes.
l*ar exem[de, vous vous mettez en colère, oubliant toute charité; pourquoi? Vous vous mettez en colère contre Tingratitude parce que vous aviez Tillusion de croire à la reconnaissance. Méprise! Vous vous mettez en colère pour un manquement au respect qui, ditesvous, vous est du. Le respect vous être dû! f{egardez plutôt. Hepassez votre vie. Qu'y
voyez-vous? De titre au respect : point. Méprise! L'illusion se dissipe, et la colère fait place à la charité. Vous concluez enfin que vous seul avez jamais mérité votre colère pour avoir été si naïf que d'avoir vu les choses sous un jour faux et ainsi que d'avoir, bien à tort, attendu des effets qui ne pouvaient sortir d'aucune cause. Cette farouche colère, ces haines parfois mortelles, chevauchaient sur Terreur. Vienne la vérité etla charité d'accourir. Que Dieu soit volonté, charité, vérité, c'est ce que nous pouvons considérer en détail mais il nous est plus ordinaire, lorsque nous Tadorons, d'arrêter notre pensée sur cette idée qu'il nous crée dans l'instant même où nous l'adorons; (( car tout le temps de ma vie peut être divisé en une infinité de parties, chacune desquelles ne dépend en aucune façon des autres et ainsi de ce que un peu auparavant j'ai été, il ne s'ensuit pas que je doive maintenant être si ce n'est qu'en ce moment quelque cause me produise et me crée pour ainsi dire derechef, c'est-à-dire me conserve. En effet c'est une chose bien claire et bien évidente à
20 VrSE PROFESSION DE FOI CARTÉSIENNE
tous ceux qui considéreront avec attention la nature du lemps, qu'une substance, pour être conservée dans tous les moments qu'elle dure, a besoin du même pouvoir et de la mèmenction qui sernit nécessaire pour la produire et la créer tout de nouveau si elle uYdait point encore; en sorte que c'est une chose que la lumière naturelle nous fait voir clairement, que la conservation et la création ne diffèrent qu'au regard de notre façon de penser et non point en efl'et^ » Si donc, nous ramassant en nous-mêmes, nous concevons comme une force qui nous crée en cette seconde c'est la vie même et ce que nous pouvons le moins imparfaitement concevoir de Dieu que nous concevons. Et si nous allons encore au delà, faisant abstraction de nos sens comme pour écouter dans le vide absolu, il semble que nous arrivions à une jouissance totale immatérielle, touchant à l'infini par le néant. Descente de liieu en nous, disons-nous. Et nous pouvons le
i. Descartes, M édi talions, Mé«Utalion Troisième, pp. 109 cl 110 de iédilion Lefèvre, Paris, 18ii et Descaries, (Jùivres choisies, édition Garnier, pp. 104 et 105.
dire, sans exagération et sans emphase, en vertu du droit terre à terre des définitions. N'avons-nous pas posé dès l'abord en principe que riniini, ce ([ui n'est ni ceci ni cela (en s'appli(iuant à n'être ni ceci ni cela, c'est-à-dire à re[)Ousser toute imagination précise et à tomber ainsi dans un certain néant, l'esprit sort de ses limitations et tend vers l'infini) mais le terme impal[)able commun de nos perceptions, idées, sentiments, volontés, prolongés sans fin, se notait d'un signe algébrique particulier, à la portée de tous et en usage chez tous les peuples,— Dieu? Signe algébrique, sans plus; dire une personne, serait tro[) hardi et trop préjuger d'une analogie quelconque avec notre pauvre moi : sous les lettres de ce mot, Dieu, nous voyons une unité parce que, nous l'avons dit, une puissance, étant absolue, est une, parce que, aussi, une harmonie, étant parfaite, est une.
Infiniment éloigné de nous, il en est infiniment près. De fait il est plus en nous et il est plus nous que nous-mêmes puisque son acte créateur, à notre égard, est ininterrompu.
Et quant à l'idée que nous nous faisons de
lui il est fort clair qu'elle se prête à toute la gamme des sentiments puisque nous avons pris soin (le mettre en cette idée tout ce (|ui, connu de nous, et atteignant à quelque degré de perfection, était digne d'inspirer, sous une forme (|uelconque, une mesure quelconque d'amour c< cette idée, dis-je, d'un être souverainement parfait et infini, est très vraie; car encore que peut-être on puisse feindre qu'un tel être n'existe point, on ne peut pas feindre néanmoins que son idée ne me représente rien de réel, comme j'ai tantôt dit de l'idée du froid '. Elle est aussi fort claire et fort distincte, puisque tout ce que mon esprit conçoit clairement et distinctement de réel et de vrai, et qui contient en soi quelque perfection, est contenu et renfermé tout entier dans cette idée. Et ceci ne laisse |>as d'être vrai, encore (|ue je ne conq)renne pas lintini, et qu'il se rencontre en Dieu uikî inlinité de choses (pie je ne [)uis compr(Mi(lre ni peut-être
I. Descartes, t\{ni nous citons ici, venait «le dire (jne la perception île l'idée du froi<l, par exemple, connue toutes les autres perceptions, est très réelle encore que, peut-être, elle ne soit nulleiuent représentative du phénomène qui la cause.
aussi atteindre aucunement de la pensée; car il est de la nature de l'infini que moi qui suis tlni et borné ne le puisse comprendre et il suflit que j'entende bien cela et que je juge que toutes les choses que je con(^ois clairement, et dans lesipielles je sais qu'il y a quelque perfection et peut-être aussi une infinité d'autres que i'ii^nore sont en Dieu formellement ou éminemment, afin que l'idée que j'en ai soit la plus vraie, la plus claire et la plus distincte de toutes celles qui sont en mon esprit *. » 11 n'y a donc pas de nuance de cœur que ne comporte l'amour de Dieu et il nous faut tacher de les retrouver toutes en Dieu. Ainsi le devonsnous aimer comme un enfant, comme un père, comme une épouse, comme un maître, comme un élève, comme un camarade de jeux et de ris, comme un grave condisciple avec (|ui on se promène bras dessus bras dessous le long du [U'éau de l'école en idiilosophant, comme une amourette d'un jour, comme une sonir de
i. Descartes, Médilalions, Méditation Troisième, pp. 106 et 107, de l'édition Lefèvrc et Descartes, LEuvres choisies, édition Garnier, p. 102.
UNl<: IMiOFKSSION DE FOI CAHTKSIKNNI-:
charité (jui vous tend la main, comme un |)rètre (|ui vous hénit, ou comme la vieille nourrice dont le regard vous suit, tout le long^ de la vie. Ainsi, en nous élevant jusqu'à Dieu, nous ne (|uittons aucun amour mais nous rangeons simplement en Dieu nos meilleures amours, ii est simplement le meilleur de tout. La vie compose en nous son image, la vie change et l'image aussi. Il est diiïérent chaque jour et chaque matin au lever il est neuf et frais de la sorte. La nuit déplace nos rêves et nous sommes surpris de le voir, Lui Timmuahle, toujours nouveau. Il est là devant nous; mais est-il là, comme le serait une statue ou un tahleau, immohile, muet, en quelque sorte à l'état mort? Ce serait ahsurde de le penser. N'est-il pas plus que la vie? Il faudra donc prendre la peine de nous persuader qu'il nous avertit et conseille, (pi'il nous regarde en quelque fac(ui, qu'il nous sourit en quehjue façon, ou hien ([u'il rechigne et fait la moue, enfin que des gestes et des attitudes agrémentent, corsent ou nuancent son attention de cha(|ue seconde. Suivant la tournure de l'entretien Dieu v trouvera iiiiini-
ment |)lus de plaisir ou hien il en éprouvera infiniment plus de tristesse que nous ne faisons nous-mêmes à cause de notre petitesse tout étri(piée comparée à sa grandeur infinie. Quelle force pour nous ce plaisir, cette tristesse de Dieu! Mais il nous les faut sentir et recueillement, solitude, silence, sont, pour cela, nécessaires; si seulement nous monologuons en dedans, nous prenant nous-mêmes à partie, gémissant sur nos peines ])assées ou caressant avec complaisance nos convoitises, ce ne sera pas là ni la vraie solitude, ni le vrai silence. 11 faudra donc intérieurement aussi nous taire et être seuls. Et, pour nous rapprocher de Dieu le plus possihle et ainsi nous entretenir avec lui le plus possihle, il faudra encore lui ressemhler le plus possihle. Vouloir, par exemple, agir, c'est, suivant notre petite mesure, créer, à l'image de ce que fait le Dieu créateur; il nous paraît même cpi'un homme hardi, violent, prêt à tout, toujours en passe d'entre|)rendre, et n'ayant de cesse qu'il ne multiplie spéculations et atïaires, est, en un sens, plus sejon Dieu qu'un avocat, qu'un magistrat ou (pi'un évêque.
Ilàtons-nous (rajouter (iiroii peut aussi bien res- ^rnhleràDieu dans Tordre de la charité ou dans celui «h' la vérité que dans celui de la volonté.
A'n-î I Tenant un à un les alti'ibuls que nous a\ « I < préalablement mis en Dieu, nous tâcherons à les imiter. Mais n'y a-t-il rien autre en ni 11 que des attributs? Certes, nous y voyons dt.> « idées ». Comment serait-il au sommet de l'intelligence et même toute Tintelligence sans avoir « des idées »? 11 faut donc demeurer cuiivaincu qu'il en a; tel (|ue moi (|ui écris en ce moment, outre (|ue j'existe, V « idée » de moi existe en Dieu*.
Mais qu'est-ce (|ue cela peut bien me faire, ridée de moi en Dieu? — Ce (|ue cela peut bien me faire? Mais au contraire c'est tout pour moi et il n'y a rien, rien au monde qui doive m'ètre cher à l'égal de cela, de ce (juelque chose que j'ignore et qui est indéfinissable
{. « Or, le clicniiii (|Uoje jii^e qu'on doit enivre {)«Mir parvenir à Tanionr de Dieu, est qu'il faut considérer qu'il est un esprit ou une chose <|ui pense, en (juci la nature de notre ànie ayantquelijuc rcsseniblanceavec lasienne,nous venonsà nous persuader qu'elle est une émanation de sa souveraine intelligence. » Discours delà Méthode et Cfioix de /e//rex, édition Firmin Didot, p. H)9, lettres à M. Glianut, <iu I" février DUT.
et qui pourtant est le plus pur et le plus clair de moi-même. L'idée de moi en Dieu, comme c'est beau! de combien l'idée de l'enfant, au cœur de la mère, n'est-elle pas plus belle que l'enfant lui-même? Que Bébé meure. (( Il était trop intelligent pour vivre! » dira la mère. Bébé a grandi, il est mort, vieux peut-être. « Il était beau jusque dans le cercueil! » dira la mère, épanouie de ravissement et oubliant sa douleur. Elle le trouverait beau jusque dans la pourriture. Que voit-elle? Son fils? Non, l'idée de son fils en son cœur. C'est cette idée qui est très belle. Et l'idée de l'œuvre chez l'artiste! Il n'y a certes rien de commun entre cette glaise ou ce marbre et Tidée que, précisément, l'artislc portait en lui-même de son œuvre : à peine un vague trait de ressemblance, un lointain air de famille *. « Avoir vu des choses pareilles! » pense et s'écrie Tartiste devant le peu qu'il a réalisé car il est tout ébloui encore de la s[dendeur de son rêve. Qui crée, si peu (jue ce soit, voit belle l'idée de ce