‹ Une promenade dans Paris -impressions et souvenirs [microforme]Chapitre 3 sur 5 · UNE PROMENADE DANS PARIS LT · texte numérisé non relu

UNE PROMENADE DANS PARIS LT

siasme qui nous fait tant d'honneur, et qu'il me fut donné de conn‘itre personnellement quelques mois avant sa mort ; Sardou, le spirituel auteur dramatique, dont la figure railleuse reflète tout l'esprit qui pétille dans ses Faux bonhommes et dans Divorçons. Enfin, Renan, qui, malgré son scepticisme, n'a pu se départir de ses airs de séminariste défroqué, et qui, de loin, a toute la dégaine d'un bon gros bedeau de cathédrale.

J'en passe et des meilleurs.

— La séance est ouverte, dit le secrétaire perpétuel, M. Camille Doucet. Il prend la parole d'une voix un peu grêle, mais qui sait nuancer avec art les passages délicats qui abondent dans son rapport sur les ouvrages couronnés par l'Académie. Au nombre de ces livres se trouvent deux romans exquis : Le Crime de Sylvestre Bonnard, de l'Institut, par M. Anatole France, et L'abbé Constantin par Ludovie Halév y.

Mais, le nom qui provoque les applaudissements les plus prolongés est celui de Gustave Nadaud, auteur de tant de chansons si populaires jusque chez nous, et dont l'Académie s’est plu à couronner l'œuvre si gauloise et si profondément philosophique sous ses dehors légers.

Nadaud est là, assis, radieux, à côté de ses juges qui lui sourient.

“ Est-ce un poète, est-ce un musicien, est-ce un philosophe ? dit M. Camille Doucet. C’est tout cela, Messieurs, c'est un chansonnier, Depuis plus de trente ans il chante ; ses chansons nous sont allées au cœur et nous les avons tous chantées après lui :

C'est bonhomme Qu'on me nomme !

a-t-il dit un jour, et le nom lui en est resté. J'allais vous parler du talent, de la bellehumeur, du désintéressement, de toutes les vertus de ce bonhomme. Je m'arrête. Déjà, du milieu de vous, j'entends s'échapper comme un 6cho d'un refrain connu qui nous dit:

— “ Vous avez raison !”

Et l'auditoire d'applaudir avec d'autant plus d’entrain qu'il sent bien que c'est peutêtre à l'œuvre du dernier vrai chansonnier de France qu'il accorde ses chaleureux sufrages. Car, avec bien d’autres bonnes chosns encore, avec la franche gaité gauloise, par exemple, la véritable chanson française est tout près de disparaitre de France. Hélas! cette bonne, sémillante et si fine chanson de Béranger, de Désaugiers et de Dupont ne se chante plus à Paris où maintenant l'on beugle et l'on applaudit, dans les cafés-concerts, tout ce qu'il y a de plus bête comme couplets et de plus atroce comme musique. Voilà pourquoi, sans doute, l'Académie s'est empressée de déposer une couronne d'immortelles sur l'œuvre du dernier chansonnier de France. Certes, Nadaud peut-il être fier de son succès; mais peut-être pas sans tristesse ; car ne sont-ce pas là fleurs de cimetières 2...

À M. Camille Doucet succède M, Mézières, chargé de la lecture du rapport sur les prix de vertu. Plein de son sujet, il débute d'une voix retentissante, mais s'enroue au bout de cinq minutes, au point que bientôt on l'entend à peine, En vain M. Doucet inonde son contrère de verres d'eau sucrée, la voix de l'immortel n'en descend pas moins de plus en plus aux plus infimes proportions.

Est-ce le débit monotone et étoutfé du rapporteur, est-ce l'effet de la chaleur écrasante qui règne dans la salle, où bien la longue énumération de tant de traits de vertu groupés en imposante phalange ? Je ne saurais le dire ; mais je vois, Dieu leur pardonne ! quelques

uns des Immortels — Victor Hugo tout le premier — ineliner doucement la tête de droite et de gauche et sommeiller comme de simples humains. Enfin, la voix de M. Mézières s'éteint dans un suprême effort pour couronner sa centième rosière, et chacun se précipite au dehors pour y retrouver un peu d'air respirable.

À peine avons-nous fait quelques pas en revenantsur le quai Malaquais, qu'une grande afluence d'équipages de maitres, stationant à la porte du palais des Beaux-Arts, nous rappelle que l'on vient d'y ouvrir l'exposition des portraits du siècle. L'idée de réunir cette collection de merveilleuses toiles disséminées par tous les coins de Paris, est due à la Société philanthropique, qui s'est adressée aux grandes familles et aux collectionneurs de la capitale pour en obtenir l'autorisation d'exposer quatre cents portraits historiques au profit de cette œuvre de bienfaisance. Fondée en 1780, la Société philanthropique entretient dans Paris trente-deux journaux, trois asiles de nuit pour femmes et enfants, un hospice pour les vieilles femmes, onze dispensaires pour les adultes et un dispensaire spécial pour les enfants. C'est donc faire œuvre de charité que de suivre la foule élégante qui se presse à l'entrée du palais des Beaux-Arts. Et certes, n’aurons-nous point d’ailleurs à regretter notre aumône ! Comme à toutes les expositions de ce genre, l'élite de la société se réserve un jour ou deux par semaine en haussant le prix d'entrée, ce qui éloigne la grosse foule. Nous n'aurions pu mieux tomber, c'est le jour des privilégiés de la naissance et de la fortune. Le vlan, le pshutt, comme on dit en ces derniers temps à Paris, en un mot, pour parler français, la fine fleur de la société parisienne s'est donnée rendez-vous au palais des Beaux-Arts. L'élégance de bon ton des toilettes féminines, le grand air, voire la mine adorablement hautaine des femmes, la correction de mise et de tenue des hommes qui s'inclinent devant leurs idoles avec cette suprème distinction que donne seule la fréquentation habituelle des salons, tout nous dit que nous sommes en présence de ces cinq ou six cents personnalités qui donnent le ton à Paris, au monde entier. Mais n'allons pas nous laisser éblouir par tout ce monde plein de superbe, pour lequel nous, pauvre étranger, n'existons même point, pas plus qu: nous laisser griser par ces enivrants parfums de femmes émanant des bouillons de dentelles et de soie qui nous frôlent en passant de leurs énervantes caresses ; fuyons aussi les troublants regards de ces reines de la mode qui laissent tomber sur nous avec la chaleur distante d'un rayon de soleil qui n'en brûle pas moins à des millions de lieues, et nous en allons reprendre nos réveries en passant la revue des grandes figures historiques que l’art a fixées sur les quatre cents toiles appendues aux murs du palais.

Nous ne saurions, dans cette visite rapide et dans l'entraînement du tonrbillan hnmoin qui nous pousse et nous emporte plus vite que nous ne voudrions aller, nous ne pouvons songer à nous arrêter devant chaque portrait, à résumer, même le plus succintement possible, les impressions diverses que chacun d'eux nous cause, les intéressants souvenirs qu'ils nous rappellent tous. C’est même à peine si nos veux ont le temps de se fixer sur une cinquantaine d'entre ceux que la nature de nos études littéraires et de nos préférences personnelles nous portent à examiner avec plus d'attention, Voici donc, au hasard du catalogue qui nous guide, les figures qui nous frappent le pius, à mesure qu'elles défilent devant nous.

C'est d'abord une des reines du chant, peut-être la première entre toutes, qui s'offre à

notre contemplation, la Malibran! Comment une créature aussi frôle a-t-elle pu remplir le monde entier des prodigieux éclats de sa voix ? C'est que, dans ce corps débile, un iner-

veilleux organe obéissait aux élans d’une âme éperdue d’idéal et d'une virtuosité que les vers de Musset ont immortalisée :

Chaque soir dans tes chants, tu te sentais pâlir. Tu connaissais le monde et la foule et l'envie, Et daus ce corps brisé concentrant ton génie,

Tu regardais aussi la Malibran mourir !

A quelques pas, Balzac, peint par Boulanger, dans ce froc blane de moine qu'il aimait revêtir aux heures du travail. Curieuse antithèse entre ce costume de cénobite et l'œuvre du plus grand analyste du cœur féminin qui ait peut-être jamais existé! Quelle intelligence, quel monde de créations variées s'agite dans ce vaste front, blane comme du marbre sous cette épaisse chevelure noire rebroussée en arrière ainsi qu'une crinière de lion! Et dans ces yeux étincelants comme deux diamants noirs, quelle inspiration, quel feu surnaturel dans ce miroir où se reflètent les flamboiements du génie créateur de la Comédie humaine !

Nalut à toi, Rachel, reine de la tragédie, qui rajeunis dans ce siècle l'art antique de Melpomène ressuscité par Corneille et Racine ! Le beau front pour porter la couronne, et comme dans ton regard profond et sombre se réfléchissent toutes les fatalités que l’antiquité a jetées sur la scène !

Et toi, Berlioz! tête d'aigle, irrité de voir, de ton vivant, ton génie méconnu par la France, alors qu'à l'étranger l'on t'acelamait comme l'un des plus grands maitres de la musique moderne, laisse nn petit-fils de la France s'ineliner devant toi: car ta magistrale symphonie dramatique la Damnation de Faust m'a fait éprouver les Jouissances les plus vives qui aient jamais fait vibrer les fibres de mon être !

La taille prise dans une redingote d'homme, les cheveux coupés sur le cou en boucles épaisses, les yeux brillants comme deux escarboucles — ces veux dont la flamme brüla la vie de Musset ! — très pâle, et réveuse comme une vignette des romans de l'époque où elle écrivait Indiana et Valentine, telle est George Sand dans cette petite toile de Delacroix, qui est un chef-d'œuvre, et telle elle était — fantasque créature en rupture complète avec les convenances — lorsqu'elle composait ses exquises Lettres d'un voyageur, en parcourant l'Italie un bâton de touriste à la main, tout comme un étudiant on un rapin à la recherche d'impressions et d'aventures.

Encore un Delacroix, encore une merveille du pincean qui nous a conservé les traits d'une célébrité de l'art. Maigre, pâle, l'air fatal, avec de petites moustaches ombrant des lèvres minces marquées à peine au-dessous de deux grandes rides qui entaillent les joues comme les deux S d'un violon, c'est bien 1à Paganini, ce virtuose endiablé, cet archancre du violon, que la iégende accusait d'avoir assassiné sa maitresse et d'avoir ensuite emprisonné son âme dans son instrument. Frappé du sceau dont l'empreinte e3t visible sur la face de ceux qui deivent mourir jeunes, la figure de l'artiste semble, sur la toile, revivre de la vie surnaturelle d'au delà le tombeau. Ce n'est plus un vivant, c'est un mort au moment de la résurrection. On dirait ce portrait fait pour continuer et confirmer la légende des sinistres aventures qu'on se plaisait à lui att:ibuer, quand son prestigieux talent émerveillait l'Europe.

Mais voilà que le courant de la foule nous attire et nous emporte, sans que nous ayons le temps de nous recueillir en présence d'une multitude de personnages d'époques ditté-

rentes, et qui, passés à l'immortalité, ne paraissent nullement surpris de se trouver maintenant côte à côte: Guizot, Thiers, Louis XVI, Gluck, Louis XVII, le prince Eugène, Mlle Duchesnois, Mile Georges, Royer-Collard et M. de Barante.

Pourtant, résistant au flot qui passe, arrêtons-nous quand même devant ce pastel de Giraud. Celui dont le peintre dessina les traits eut pu garder le titre de marquis de la lailleterie, Il se contenta de porter ie nom du générai républicain Dumas, et de devenir le plus amusant, le maitre conteur de ce siècle, et de tous les autres. La bonne, large et sympathique figure, exubérante de gaité communicative et d'intelligence prime-sautière ! Qu de héros sont sortis tout armés de cette grosse tête crépue pour faire ln conquête du monde intellectuel !

Non loin de lui, Chateaubriand, grande figure, pose, drapé dans son immense orgueil et dans son éternel ennui de toutes choses. Que c’est bien là l'illustre vaniteux qui ne cessa de répéter jusqu'au dernier jour: “Je m'ennuie, je m'ennuie de la vie; l'ennui m'a toujours “ dévoré: ce qui intéresse les autres hommes ne me touche point. Pasteur ou roi, qu'aurais-je “ fait de ma houlette où de ma couronne ? En Europe, en Amérique, la société et la nature “m'ont lassé.… Puis: ince et amour, tout m'est indifférent, tout m'importune !”

A côté du grand écrivain dont la maussaderie de caractère perce dans tous les traits, voici bien la plus charmante figure de femme qui puisse respirer le talent, la jeunesse et le plaisir de se sentir vivre de la vie intellectuelle et physique. C’est Mme Delphine Gay- Girardin, dans tout l'éclat de ses vingt ans et de sa beauté. Avec sa robe de mousseline blanche, serrée à la taille par un large ruban de satin bleu, avec son auréole de cheveux d'or et son écharpe bleu de ciel artistement jetée sur l'épaule gauche et retombant avec grâce sur le bras droit, elle est bien telle qu'elle apparut à la première représentation d'Hernani, où l'ardente jeunesse de 1830, qui allait acclamer Victor Hugo et le sacrer grand poète, applaudit à outrance la fière beauté accoudée sur le bord de sa loge, dans l'attitude d'une muse en extase,

Voici Napoléon! Qu'il nous parait petit, perdu dans les replis d'hermine de sa toge d'empereur! et comme il nous a toujours semblé plus grand, malgré sa petite taille, dans les portraits qui nous le montrent franchissant les Alpes à cheval pour commencer la conquête de l'Europe, ou debout sur le rocher de Sainte-Hélène, les yeux perdus sur la mer immense comme sa renommée !

À côté de lui, Talleyrand, ce Machiavel de la politique moderne. Le dédain superbe qui tombe de son œil et de ses lèvres hautaines n'est pas de nature à nous faire oublier qu'il servit et trahit successivement tous les pouvoirs auxquels 1l sut imposer la puissance de ce génie d'intrigue, que l'on est convenu d'appeler poliment, suivant le cas, politique ou diplomatie.

Dans un admirable pastel de Prud'hon, nous apparait, digne dans sa mélancolie d'épouse répudiée, l'impératrice Joséphine, à qui il ne manqua, pour être la plus heureuse et la plus aimée des femmes, que de n'être point celle d'un empereur.

Lamartine, par Ary Scheffer! Le plus suave des poètes par le plus poète des peintres de ce siècle. Le front, les yeux, sont bien du doux auteur des Méditations et de Graziella: mais le bas de la figure, aux lèvres sévères, me parle du tribun, de l’auteur des Gire:tas, doublé de l'homme politique incompris et récemment revenu des illusions du pouvoir.

Avec tes épaules pliant sous le poids des plus sombres pensées, écrasé sous le fardeau du remords peut-être, figure tourmentée de Lamennais jetant au monde les effroyables

VS AR HET st ro

M PA rm aa

Paroles d'un Croyant, À ms semble t'entendre dicter la terrible vision des “ sept rois sur leurs sept trônes de fer.”

Sa Majesté l’impé:atrice Eugénie! Inclinons-nous, Messieurs, en présence de Ja plus grande infortune de ce temps, en face de celle qui fut impératrice, épouse et mère, et qui, jetée violemment sur la terre de l'exil, a tout perdu, beauté, trône et famille, et, brisée par la douleur, descend lentement la longue spirale de sa désolation.

Du premier coup d'œil, je te reconnais, minois bizarre de la plus cascadeuse des actrices, qui ne te fais pardonner tes caprices et tes incartades insensées qu'à force de talent. Oui, Sarah Bernhardt, ce sont bien là ces yeux d'un noir d'enfer qui te brûlent Ja moitié du visage, et qui, de la scène, lancent ces éclairs dont le fluide électrique fait frémir les milliers d'auditeurs que tu tiens haletants sous le charme.

Bien pris dans une taille relativement petite, voilà le marquis de Gallifet, le plus brillant général de cavalerie, et peut-être, dit-on, le futur vengeur de la France.

Nous saluons N. À. R. le prince de Galles, le président de la République, M. Grévy, et le due d'Aumale, dont les figures sont familières à tous.

Quoiqu'il ne soit pas moins connu, certes, et bien au contraire, comment ne pas nous arrêter en face de l’auteur de Rolla, des Nuits, de l'Ode « la Malisran. et de la lettre à Lamartine, qui — superbe égoïste, qu'as-tu fait la !— ne daigna même pas répondre à cet envoi de vers aussi beaux que ses plus belles inspirations ! Longtemps, bien longtemps m'arrêtai-je en face de ce remarquable pastel de Landelle, pour me fixer dans l'esprit chacun des traits de mon bien-aimé poète, de celui de mes prédilections : très blond, le teint clair et coloré sur les pommettes, la lèvre inférieure sensuelle et la supérieure gonfiée au milieu par un rictus douloureux. — Les tristesses humaines que tu as traduites en immortels sanglots, amant infortuné, ont laissé leur empreinte sur ta face. Cest que t” ‘es avais plus vivement, plus cruellement ressenties, pent-être, qu'aucun autre avant toi. Et voilà pourquoi, avec ton génie, tu seras toujours le chantre de l'amour et de la jeunesse, qui trouve en tes lamentations sublimes l'idéal écho de ses propres désespérances. — Un jour que je m'étais rendu en pèlerinage au cimetière du Père Lachaise pour y rêver auprès du tombeau de Musset, un jeune couple, se tenant par la main, s'ea vint ajouter une couronne de fleurs à toutes celles qui couvraient déjà le mausolée. Longtemps, les doigts serrés dans une muette étreinte, ils contemplèrent le buste qui couronne le marbre mortuaire, Sous l'émotion qui les étreignait, leur tête s'inclina vers la terre où repose le cher poète, et je vis deux larmes glisser de leurs paupières et tomber sur le gazon. Ils avaient dû s'aimer en le lisant ensemble...

Barbey d'Aurevilly ! type non moins étrange que ses œuvres: La vieille Maitresse et Les Diaboliques. Grand, brun, avec des cheveux noirs frisés et rejetés en arrière et encadrant largement la figure coupée aux deux tiers par une épaisse moustache. La taille est fortement cambrée et pincée dans une redingote aux parements bordés d'un large ruban de satin noir. Au cou une cravate, large aussi, et dont les longs bouts de soie mauve et mordorée retombent sur la poitrine en voilant le plastron de la chemise, Sa main gauche, dont l'index expose aux regards un diamant qui étincelle, est fièrement appuyée sur le hanche, à la royale, comme on disait au grand siècle. En un mot, l'air provoquant d’un capitaine Fracasse en redingote, voilà le portrait vrai de l'excentrique auteur de la Théorie du dandysme dont il pose, successeur amoindri de Brummel et du comte d'Orsay, pour le dernier modèle,

Soc. I, 1884 — 11,

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