‹ Une province procuratorienne au début de l'empire romainChapitre 7 sur 111 · CUS · texte numérisé non relu

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telle romaine !. Antipater aurait été un procurator au sens propre du mot, préposé au recouvrement et au paiement du tribut dû par Hyreanus aux Romains ; Antipater aurait été un fonctionnaire romain. Mommsen ? s’est élevé contre ces idées : « La fonction d’éxirporos, administrateur, n’est pas la procuratelle romaine du temps de l'empire, qui n'existait mêmé pas à cette époque, mais une dignité spécialement conférée à l’ethnarque juif, une ëruporn comme celle rapportée par Jos., B.J., II, 18, $ 6. Dans les actes qui nous restent du temps de César, c'est l’archiprêtre et ethnarque Hyrcanus qui représente seul les Juifs : César ne donne à Antipater que ce qui pouvait être accordé au sujet d'un état vassal, le droit de cité romaine et l’immunité personnelle. » C’est principalement cette dernière considération qui nous paraît aller à l'encontre de l'opinion de Marquardt.

En dehors des titres et des honneurs conférés aux représentants du peuple juif, sur la proposition de César, un sénatus-consulte fut rendu, en vertu duquel un bouclier d'or, offert par les envoyés des Juifs, était accepté en signe d'alliance et par lequel les Romains accordaient leur amitié au peuple juif ?.

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1. Marquardt, Organisation, t. II de la trad. fr., p. 354. 2. Mommsen, Hist. rom., trad. fr., XI, p. 77, n. 1. 3. Jos., Ant., XIV, 8,8 5.

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« Sur le rapport du préteur L. Valerius, fils de Lucius, rapport présenté au Sénat dans le temple de la Concorde aux ides de décembre, furent présents L. Coponius, fils de Lucius, de la tribu Collina, et Papirius, de la tribu Quirina, pour que soit transerit ! le décret relatif aux actes d’Alexander, fils de Jason, Numenius, fils d’Antiochus, et d'Alexander, fils de Dorotheus, tous envoyés des Juifs, hommes vertueux et alliés, qui sont venus pour renouer avec les Romains des liens de bienveillance et d'amitié, apporter en signe d’alliance un bouclier d’or de la valeur de cinquante mille pièces d'or, et demander qu'il soit adressé aux villes libres et aux rois des lettres permettant aux Juifs dé fréquenter librement et sans crainte de dommage leurs territoires et leurs ports. En conséquence il a semblé bon d’entretenir avec les Juifs des rapports de bienveillance et d'amitié, de leur accorder ce qu'ils ont demandé et d’accepter le bouclier offert. » « Ceci est l'œuvre d'Hyreanus, grand prêtre et ethnarque, l’an 9 au mois de Panémos. »

1. Sur la conservation destraités d'alliance, cf. Pline, Ep., VIT, 6.

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M. Weill! n’est pas loin de mettre en doute l’authenticité de ce texte ou plutôt il y verrait volontiers un S.-Cd'une époque antérieure appliqué faussement par Josèphe aux rapports des Juifs et des Romains à l’époque de César. Nous savons effectivement qu'un grand prêtre du même nom d'Hyreanus, fils de Simon, entra en rapport au début du vu siècle a. U. CG. avec les Romains, leur envoya une ambassade, d’où serait résultée dès cette époque la reconnaissance par le Sénat de la qualité d’ami et allié pour le peuple juif?. Et M. Weill raisonne ainsi : le S.-C. se termine pas la phrase, « cela se passa sous le grand prêtre et ethnarque Hyrcanus, l'an 9 au mois de Panémos ». Or à) le mois de Panémos correspond à peu près à celui de juin et en tête de la relation de Josèphe, il est dit que le Sénat se réunit aux ides de décembre; £) la neuvième année du pouvoir d'Hyrcanus Il, fils d'Alexandre, correspond à 54/1700, en plein proconsulat de Crassus, et à cette époque les Juifs ne pouvaient avoir l’idée de renouveler l’alliance avec Rome, au prix d’un million ; au contraire la neuvième année du règne d'Hyrcanus Ie", 126/628, qui est l’époque de la lutte de Démétrius II et d'Alexandre Zébina, serait une date assez plausible pour une ambassade à Rome.

Ces remarques ne sont peut-être pas absolument décisives. Sans doute les noms des magistrats romains ne nous fournissent aucune indication de date ; sans doute aussi le ressentiment des Juifs contre Crassus qui avait dépouillé leur

1. Œuvres de Flavius Josèphe traduites sous la direction de M. Reïnach, t. IT (traduit par M. Weill), p. 229 et 230, n. 6. Paris,

2. Josèphe, Ant., XIT, 9, $ 2. Sur le S.-C. qui y est rapporté et l'autorité qu'il faut lui attribuer, cf. Mendelssohn, De S.-C. Romanorum ab Josepho Antiqg., XIII, 9, $2; XIV, 10, $ 23 relatis. Leipzig, 1874,

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temple !, devait être grand; mais d'autre part l'invasion des Parthes toujours possible; surtout depuis la défaite des Romains, devait au contraire pousser Les Juifs à rechercher une alliance et un soutien. D'ailleurs, à considérer le récit de Josèphe, le S.-C. étudié paraît être postérieur à l’année 54/1700 ; il semble avoir été la résultante de l’entrevue de César et d'Hyrcanus à la fin de la guerre contre Pompée, et des lettres que le général écrivit à Rome aux consuls, pour les informer du nouvel état des choses; ce qui nous placerait dès lors dans le courant de 47/7071. Mais d'autre part, relativement à la neuvième année d’'Hyrcanus, il suffit d'admettre, avec Mommsen ?, que la computation doit en être faite à partir de la réorganisation qui fut l’œuvre de Gabinius, et l'on aboutit absolument à la même date de 47 av. J.-C. Reste la question de mois ; que l’on fixe à décembre l’époque où fut rendu le S.-C. et au mois de Panémos le moment où il fut porté à la connaissance d'Hyrcanus, ou bien la date où il fut gravé et déposé aux archives, et la difficulté disparaît. À moins encore que la première phrase de Josèphe signifie que le préteur L. Valerius aux ides de décembre a fait connaître la demande des envoyés juifs, et que la fin du S.-C. se rapporte à la délibération et à la décision proprement dite du Sénat.

Quoi qu’il en soit, nous croyons qué les raisons invoquées pour suspecter le texte de Josèphe ne sont pas péremptoires et que les Juifs ont reçu à l’époque de César, le titre d'amis et alliés du peuple romain.

Jos XIV, 7,01.

2. Nous citons cette opinion de Mommsen d'après M. Weill luimême, qui la déclare simplement indéfendable, malgré l’approbation qu’elle a reçue d’autres auteurs.

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