‹ Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-ChristChapitre 103 sur 110 · Jean, xIx · texte numérisé non relu

Jean, xIx

ment, de plus en plus on se persuade que l'interprétation ordinaire du texte de Jean ne peut être la véritable f.

Les soldats donc se partagèrent les vêtements du condamné, ce que dans unrescrit, Hadrien appelle pannicularia ? et qu'il spécifie être ce que le supplicié portait au moment où il était conduit au lieu d'exécution, sans que la valeur pût dépasser à cette époque cinq pièces d'or. Il est probable qu'auparavant, si le principe du partage était admis, il n’était pas réglementé aussi minutieusement, ce quiexplique la nécessité du rescrit de l’empereur. D’après Matthieu et Luc 3 ils tirèrent au sort tous les vêtements ; selon Jean ils auraient tout partagé, sauf la tunique qui était sans couture et qui aurait été attribuée par le sort à un seul d’entre eux. Cette divergence peut avoir son intérêt dans la critique des textes ; elle n'emporte aucune conséquence dans le domaine juridique.

A ce moment, Jésus poussa un cri : « J’ai soif 5. » La soif devait êtreen effet, dans cesupplice que Cicéron qualifie de crudelissimum teterrimumque, une des plusgrandes souffrances. Le sang qui s’écoulait des pieds et des mains, la fièvre qui devait apparaître forcément, amenaient une soif inextinguible. Un soldat prit donc au bout d’un bâton d’hysope

4. Le centurion, qui, à effectif complet, commande au plus à quatre-vingts hommes, est toujours un officier inférieur (Daremberg, v° EXERCITUS, p. 920, v° LEG10, p. 1054). Quant au terme éxaytovépyns- Xovs, il ne peut pas signifier autre chose que centurion ; à part Marc, xv, 39, qui l’appelle xevrvptv, on retrouve éxarovépyns dans Jos., B. J., IV,1$5,8 $4, 11845; V,42S 25 VE TS SMS UENII, 75 3; Netes: xx, 26 ; Matthieu, xxvir, 54 ; Luc, xxurr, 47. Cf. Marquardt, Organisation militaire chez les Romains, tr. fr., p. 65 et 183.

2. Ulpien, lib. 10, De officio proconsulis, XLVIII, 20, Dig. fr. 6.

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