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une éponge qu'il trempa dans du vinaigre. Il est inutile de discuter sur ce que représentait le vase de vinaigre qui se trouvait au calvaire ; il contenait simplement le breuvage habituel des soldats romains, qui en transportaient toujours avec eux !. Ce geste ne représente ni raillerie ni moquerie : à Jésus qui demande à boire, les soldats offrent ce qu'ils ont sous la main. A peine du reste eut-il touché l'éponge des lèvres, qu'il rendit le dernier soupir ?.
Or le sabbat allait commencer ; et les voleurs qui avaient été crucifiés, dont la constitution pouvait être plus forte que celle de Jésus, étaient exposés, avant de mourir, à rester en croix le jour saint et pendant les fêtes de la Pâque. Les Juifs allèrent donc trouver Pilate pour lui demander d'achever les suppliciés et de faire disparaître aussitôt les
cadavres 3. Respectueux jusqu’au bout des principes religieux juifs, le procurateur ordonna de procéder au crurifragium, c’est-à-dire d’écraser avec des masses les jambes des condamnés, encore que l’habitude romaine fût de laisser les suppliciés expirer sur la croix, pour que leurs corps devinssent la proie des bêtes. Les soldats brisèrent les jambes des deux voleurs, puis, d’après le récit du quatrième évangile, voyant que Jésus était déja mort, ils se conten-
4. Cf. le récit de Tite Live, où Hannibal utilise la boisson des soldats pour faire fondre une roche pendant la traversée des Alpes, XXI,