‹ Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-ChristChapitre 35 sur 110 · LS · texte numérisé non relu

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ils l’objet d’un contrat de ferme, ou étaient-ils perçus directement? Étaient-ils dus en argent ou en nature? Nous l'ignorons! ; la seule chose certaine c'est qu'avec la transformation de la principauté d'Archélaüs en province romaine le tribut avait été rétabli, et non pas seulement la contribution volontaire que les Juifs payaient chaque année au temple de Jérusalem, mais un tribut récognitif de la puissance romaine, le stipendium proprement dit. De ce fait nous avons de nombreuses preuves. C’est d’abord l’interrogation faite à Jésus sur le point de savoir si l’on doit payer le tribut et dans sa réponse, l’allusion évidente faite aux Romains et à l’empereur ?. C'est ensuite, dès le premier procurateur, le soulèvement que tente le Galiléen Judas, traitant les Juifs de lâches s’ils consentent à payer le tribut (?5poy) aux Romains et à reconnaître ainsi des maitres à côté de Dieu ?. C’est enfin, à l’annexion de la Judée,

1. Notre affirmation d’ignorance est peut-être un peu absolue. Lorsque, en effet, les Pharisiens interrogent Jésus sur la légitimité du tribut, le Christ demande à voir la pièce qu'on donne comme tribut, et on lui présente un denier (Matthieu, xx, 19). Nous savons donc qu’au moins une portion du tribut était payée en argent et qu'il comprenait probablement un impôt de capitation. — De même quand Jésus s’adjoint Matthieu, et qu’il mange dans la maison de ce percepteur d'impôts, les Pharisiens lui font reproche d’être entouré de publicains, tekëva, ce qui paraîtrait indiquer que les impôts étaient affermés à des sociétés de publicains (Matth., 1x, 10).

2. Mommsen, Hist. rom., XI, p. 96, affirme que la petite monnaie, frappée dans le pays, porta uniquement le nom de l’empereur, mais que, pour respecter les scrupules des Juifs, on ne grava jamais son image. Jésus, cependant, quand on lui présente le denier du tribut demande non seulement de qui est l'inscription mais aussi de qui est l’image. Il faudrait donc, pour ne pas contredire Mommsen, admettre que le denier d'argent, dont la valeur varia de 10 à 16 as, ne rentrait pas dans la petite monnaie. Il est vrai qu'on pourrait encore se demander pourquoi on avait respecté les scrupules religieux des Juifs pour la petite monnaie et pourquoi on en avait fait abstraction pour les pièces de plus grande valeur.

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