‹ Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-ChristChapitre 67 sur 110 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

que Judas, qui, suivant l'expression même de Jean, prit la cohorte, aurait pu se dispenser de réquisitionner la garnison entière de Jérusalem pour arrêter un individu dont les onze compagnons à eux tous possédaient deux épées. D'ailleurs admettons qu'il faille voir ici l'intervention de la cohorte commandée par un tribun ; alors on ne s’explique pas qu’à titre officiel, viennent s’y joindre des gens envoyés par le Sanhédrin. D'ailleurs Simon Pierre qui coupe l'oreille à un des serviteurs du grand prêtre ! se rend coupable d'un délit, qui ne tend pas moins qu'à empêcher l'arrestation d'un inculpé et qui devait très vraisemblablement tomber sous le coup de la loi Julia de wi publica?. Or, au cours du récit évangélique, il n’est pas question qu'il soit inquiété : on s'assure de Jésus seul, il est loisible à ses disciples de s'enfuir.

Bien plus, cette arrestation par les soldats romains n’a pu être opérée que pour le compte de deux autorités : ou le grand Sanhédrin, si on considère qu’il a conservé la faculté de juger au criminel, ou le procurateur, sil’on admet avec nous qu'il est seul compétent dans les procès capitaux. Au second cas, l’inculpé doit être conduit devant le tribunal romain ; au premier les soldats doivent le remettre entre les mains du Sanhédrin. Or nous savons que, si successivement Jésus comparut devant ces deux autorités, tout d’abord il futamené chez un ancien grand prêtre, Hanan3, déposé à l'avènement de Tibère, en l’an 14, par le procurateur Valerius Gratus “. Comment dès lors concevoir que le tribun ait consenti à conduire l’inculpé chez un person-

Page 1