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Les Juifs ne se tinrent pas pour battus ; ils insistèrent : « Jésus soulève le peuple, enseignant dans toute la Judée, depuis la Galilée où il a commencé jusqu'ici !. » En fait, si l’on veut bien y réfléchir, cette nouvelle accusation n’était pas sensiblement différente de celle relative au non paiement du tribut. Jésus est représenté comme un nouveau Judas le Gaulonite qui, au moment de l'annexion, incitait le peuple à la révolte, lui représentant que le tribut apportait avec lui une servitude évidente et qui invitait toute la nation à reconquérir sa liberté ?. Les deux griefs sont intimement liés l'un à l’autre et repoussant l’un, le procurateur pouvait a priori ne pas tenir compte de l’autre. Il est vrai que le crime de sédition était particulièrement grave ; il tombait, au témoignage d’Ulpien, sous le coup de la lex Julia de majestate et pour le pérégrin qu'était Jésus, la peine, si nous en croyons le juriconsulte Paul, était la mort sur la croix : Actores seditionis et ftumultus, populo concitato (c’est bien l'hypothèse prévue par Luc), pro qualitate dignitatis aut in furcam tolluntur aut bestiis objiciuntur aut in insulam deportantur #,
Il est probable que Pilate, pendant la comparution de Jésus devant Hérode auquel il avait été renvoyé 5, procéda à une enquête sur le crime de sédition. Et ses recherches durent être assez importantes, prirent un temps relativement long, puisque, quand le procurateur voulut en communiquer le résultat aux accusateurs, il dut les faire quérir, ceux-ci de guerre lasse ayant quittéla place 6.