‹ Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-ChristChapitre 87 sur 110 · Id, xIx, 0, Cd cut · texte numérisé non relu

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question se trouve être ou Jésus ou lui-même, Pilate monte sur son tribunal et va rendre sa sentence 1. Une dernière fois, Pilate, qui se venge par une raillerie, demande : « Crucifierai-je votre roi ? » C'estune protestation de fidélité aux institutions romaines qui lui répond : « Nous n'avons d'autre roi que César 2. » Jésus est condamné à être crucifié.

En disant qu'il y eut condamnation, il est certain que nous ajoutons quelque chose au texte évangélique. Jean dit seulement : « Alors Pilate le leur abandonna pour être crucifié 3. » D’après Luc, « il abandonna Jésus à leur volonté 4». Selon Mare, « il Le livrapourêtre crucifié 5 ». Enfin certains textes de Matthieu portent «il le livra pour être crucifié » et d’autres ajoutent airoïs, «1l le leur livra 6 ». Il est certain que toutes ces façons diverses de signaler la condamnation de Jésus ne sont pas proprement exactes ; car le condamné ne fut pas remis entre les mains des Juifs pour

4. Jean, xix, 13. Sur l’ensemble du procès, cf. Langen, op. cit., I, $ 2, p. 416 à 432.

2. Id., xix, 15. D’après Matthieu, xxvrr, 24, Pilate, avant de condamner Jésus, se fit apporter de l’eau, se lava les mains en présence de tout le peuple, disant : «Je suis innocent du sang de ce juste. » Rosadi pense que le procurateur usa d’une coutume juive qu'il fait remonter au Deutéronome, xxr, 6, 7 : au cas où l’auteur d’un crime sera resté inconnu, « les anciens de cette ville-là, les plus près de l’homme qui aura été tué, laveront leurs mains sur la jeune vache à laquelle on aura coupé le cou dans la vallée. Et prenant la parole, ils diront : nos mains n'ont point répandu ce sang ; nos yeux aussi ne l'ont point vu répandre ». Pilate donc se serait servi de ce symbole pour faire comprendre la croyance qu'il avait à l'innocence de Jésus et ce, empêché qu'il était de le dire de vive voix par le tumulte toujours grandissant et par le fait que les gens des diverses nations pouvaient ne pas le comprendre (Rosadi, ch. 21, p. 284 et suiv.). Cf. Strauss, Vie,$ 138, qui ne croit pas à l'authenticité de cet épisode. Tr. fr., p. 545.

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