Tacite, Ann., XV
2. Jos., Ant., XVIIL, 3,$ 3. De tels doutes ont été soulevés sur l’authenticité de ce passage que certains auteurs, comme Graetz, op. cit., p.297, le laissent complètement dans l’ombre sans même exposer une raison lesayant conduits à admettre son interpolation.
D'ailleurs dans ces deux procès, pour pouvoir admettre que l’un est la sanction de l’autre, encorefaut-il reconnaître que les accusations doivent être les mêmes. On ne conçoit pas comment le procurateur pourrait exercer son pouvoir de contrôle, si les griefs qu'on présente devant lui ne sont pas ceux dont l'accusé a eu à répondre devant la première juridiction. Pour que le rôle du fonctionnaire impérial devienne nul, le tribunal juif n’a qu'à aggraver l’accusation et il devient impossible de se rendre compte si la condamnation est adéquate à l’inculpation. Justement c’est ce qui s’est passé dans le procès de Jésus: au Sanhédrin on s’est placé au point de vue religieux pour juger; devant Pilate, Jésus n’est plus qu'un agitateur politique. Dès lors, du moment que les procès n'ont pas lieu sur les mêmes bases, on ne peut pas dire qu'ils soient le complément nécessaire l’un de l’autre; il y a là deux affaires qui coexistent mais ne se pénètrent pas.
Selon nous, l'explication de l'intervention du Sanhédrin est autre : ce qui sépare les Juifs et Jésus, ce qui explique la haine de ceux-là pour celui-ci, ce sont les questions religieuses. Maintes fois, les Pharisiens ont courbé la tête devant les anathèmes de Jésus ! ; ils se sont souvenus de la comparaison blessante entre le Pharisien superbe et le Publicain humilié ?, et s'ils se sont retirés en entendant la parole de pardon adressée à la femme adultère, ils n’ont point oublié l'étrange façon dont Jésus interprète la loi 5. Mais leur colère a été à son comble quand Jésus a proclamé qu'il était un avec le Père et qu'il s’est fait l’égal de Dieu #.
Luc Tor bare AO) Id, xvrir, Ja 44.
. Jean, vir, d'à 41°