‹ Une Province Procuratorienne: Le Procès de Jésus-ChristChapitre 90 sur 110 · IS DES OE · texte numérisé non relu

IS DES OE

Si encore il avait consenti à épouser leurs querelles politiques ! Mais la seule fois où Jésus s’est trouvé en contact avec les Romains, habilement il a séparé la cause de César et la cause de Dieu. Dès lors il a été bien établi que Jésus n'était pas le restaurateur d'Israël attendu, celui qui chasserait les Romains; et puisque, se disant le Messie, il n’en accomplissait pas les œuvres, il ne pouvait être qu’un imposteur, un blasphémateur; et le blasphémateur doit mourir !. Mais pour atteindre ce but, il faut légalement avoir recours à l’autorité romaine, faire prononcer une condamnation par le procurateur. Le seul inconvénient est que, si l’on s'adresse à lui pour faire juger Jésus, en invoquant les véritables griefs, il y a toute probabilité pour que Pilate refuse d'envoyer un homme au supplice parce qu’il a traité certains Pharisiens de sépulcres blanchis, ou qu'il s’est dit fils de Dieu : le premier grief est ridicule ; au second, Pilate pourrait répondre que Jésus n'a pas le monopole de ce titre et que les filsde dieux abondent dans l’histoire, à commencer par l’ancêtre de Rome, chanté sous Auguste dans un poème devenu national. Porter contre Jésus des accusations : politiques vraies ou fausses, et forcer au besoin la main à Pilate, c’est un moyen d'obtenir une condamnation à mort ; mais alors Jésus disparaîtra, non pas parce qu'il a violé la loi de Moïse, ce qui aux yeux des Juifs est le point important, mais parce qu'il est un adversaire de Rome ; dès lors, pour la foule, il n’est plus un coupable, mais un martyr pational.

Et alors les Juifs adoptent la ligne de conduite suivante :

s'assurer d'abord de Jésus, le convaincre aux yeux de tous et devant leur juridiction du crime de blasphème; puis se

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